‹ Le maître de forgesChapitre 40 sur 119 · ACTE II : SCÈNE Vî · texte numérisé non relu

ACTE II : SCÈNE Vî

Le Baron. Où est donc M. Derblay ?

Octave. Il met nos amis en voiture.

{BacJielin descend^ avant-scène droite,)

La Marquise, d Claire. Comment te sens-tu, mon enfant ? S

Claire. Très bien . . •

{Elle s^assied sur son fauteuil, et Suzanne lui enlève son voile et sa couronne,)

La Marquise, allant à Bachelin, Avez-vous fait ma commission? ... lo

Bachelin. Oui, madame la marquise. Suivant vos instructions, j’ai dit à M. Philippe que, le mariage étant conclu, il vous paraissait juste de faire connaître à madame Derblay sa véritable situation de fortune, et de lui apprendre, à la fois, sa ruine et 15 le désintéressement de son mari. Mais je dois vous dire que j’ai trouvé M. Philippe très opposé à cette révélation. Il ne veut pas que sa jeune femme, en mettant le pied dans sa maison, puisse croire qu’elle y entre en quelque sorte amoindrie 20 ... Et il m’a chargé de vous prier de renoncer à votre projet.

La Marquise. En toutes circonstances, il m’étonne, je vous l’avoue. Il a une largeur de vue, une élévation de caractère surprenantes. C’est vraiment un 25 homme extraordinaire.

Bachelin. C’est ce que j’ai eu l’honneur de vous dire, madame la marquise, quand je vous ai parlé do lui pour la première fois.

La Marquise. Oui. C’est un véritable gentilhomme 1 Nous avons eu la main heureuse. Espérons que ma fille saura, comme nous, apprécier son mari 1 . . . Elle est bien pâle, Bachelin I . . .

5 Le Duc, s*approchant de Claire, Claire, soyez bonne ; dites-moi que vous me pardonnez.

Claire, regardant hardiment le duc. J’ai tout oublié. J’aime mon mari.

Le Duc, avec un sourire. Je souhaite qu’en parlant lo ainsi vous soyez sincère.

Claire. Adieu, duc ! . . .

Le Duc. Au revoir, Claire !

Le Baron. Eh bien, duc, vous partez ?...

Le Duc, avec légèreté. Oui. Je n’ai plus rien à faire 15 ici. C’est le tour du mari.

Le Baron. Ehl ehl vous paraissez n’être pas sans quelque amertume. En voyant Claire mariée, avouez que vous avez des regrets.

Le Duc. Des regrets ? Est-ce moi qui en ai ?.. .

20 Le Baron. Mon cher, voilà une réponse prétentieuse . . . Mais puisque vous vous croyez un tel vainqueur, avez- vous regardé M. Derblay? Eh bien, dites-moi s’il a l’encolure d’un mari à qui on prend sa femme? . . .

25 Le Duc, railleur, Peuhl . . . Depuis Vulcain, les forgerons n’ont pas de chance.

Le Baron, grave. Eh bien I croyez-moi . . . gare au marteau I

Le Duc, hausse les épaules sans répondre et va à

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