Scène III
Philippe, Bachelin.
Bachelin. Eh bien, quoi de nouveau depuis hier ?
Ptiilippe. Dans la soirée, les conditions de la rencontre ont été réglées.
Bachelin. On se bat? • • .
5 Philippe. Ce matin, à dix heures, au carrefour des Etangs, au pistolet, feu en marchant l’un sur l’autre.
Bachelin. C’est grave I . . . Mais le bon droit est de votre côté I Et, voyez- vous, mon cher enfant, je suis peut-être une vieille bête, mais je suis de ceux lo qui croient encore que tout ne va pas au hasard là-haut, et qu’il y a une providence. Nous nous reverrons demain, Philippe.
Philippe. Je l’espère. Mais il faut toujours prévoir le malheur. Avez-vous examiné les papiers que je 15 vous ai remis?
Bachelin. Oui. Tout est parfaitement en règle.
Philippe. Je vous remercie. Prenez cette lettre : elle contient ma volonté. Je partage ce que je possède entre ma sœur et ma femme ... Je veux que celle 20 qui porte mon nom soit, après moi, complètement indépendante . . . Maintenant, et, ici, c’est à votre vieille amitié que je m’adresse, je vous charge pour Claire d’une mission qui vous sera pénible, mais que vous seul pouvez remplir . . . Vous, devant 25 qui j’ai vécu depuis l’enfance, à qui j’ai tout avoué