Scène IV
Les Mêmes, Octave.
Octave. Eh bien?
La Marquise. Mon enfant, je veux te faire connaître 25
des nouvelles graves et qui me causent une vive affliction,
Octave. Il s’agit du procès ?
La Marquise. Oui.
5 Octave, avec calme. Il est perdu ?
La Marquise. Tu le savais donc ?
Octave. Je m’en doutais. J’ai respecté vos illusions, ma mère, mais j’étais parfaitement convaincu que ce procès était insoutenable. Aussi, depuis longîo temps, suis- je préparé à sa perte. Je ne la redoutais que pour ma sœur, dont la dot était en jeu. Mais il y a un moyen très simple d’arranger les choses. Vous lui donnerez la part que vous me réserviez dans votre fortune. Et quant à moi, 15 soyez sans inquiétude, je me tirerai d’affaire tout seul.
La Marquise, avec attendrissement. Cher enfant I
Octave. Cela est tout simple.
La Marquise. Viens, que je t’embrasse I 20 Octave. J’aime ma sœur et je ferai tout pour qu’elle soit heureuse. Mais pendant que nous sommes en train de parler de choses tristes, (A Bachelin qui est resté à V écart,) venez donc, Bachelin . . . Est-ce qu’à votre avis le silence de notre cousin de Bligny 25 ne se rattache pas à ce procès perdu ?
La Marquise, avec inquiétude. Tu te trompes, mon enfant, et le duc . . .
Octave, souriant. Oh I ne craignez rien, ma mère. Si Gaston hésitait à tenir ses engagements, main-