‹ Le maître de forges; pìece en quatre actes et cinq tableauxChapitre 44 sur 120 · SCÈNE VII LA BARONNE, CLAIRE · texte numérisé non relu

SCÈNE VII LA BARONNE, CLAIRE

LA BARONNE (*)

Mais, à quoi penses-tu donc? Tu viens de faire de le peine a cette pauvre petite, et bien gratuitement. Voyons, qu'y a-t-il? Parle-moi (*).

CLAIRE, avec explosion.

Mais tu ne vois donc pas combien je souffre? Tu ne comprends donc pas que je deviens folle (3)? Dans un instant, vous tous qui m'aimez, vous serez partis. Et je resterai, seule, dans cette grande maison inconnue. A quoi me retenir, vers qui me tourner? Tout ce qui m'attachait au passé se brise, tout ce qui pouvait m'attirer vers l'avenir a disparu.

LA BARONNE (*)

Tu te désoles comme si tu étais une véritable abandonnée. N'auras-tu pas toujours les affections anciennes? Et n'en vas-tu pas avoir de nouvelles, sincères et dévouées? Ton mari est là : il t'adore, aie confiance.

CLAIRE

Ah! si tu savais ce qui sepas^e en moi (*)! Ce mariage que j'ai voulu, malgré tout, avec l'emportement d'un orgueil révolté, maintenant qu'il est accompli, il me fait horreur (8j. Cet homme, qui est mon mari, je voudrais le fuir (7). Tiens! ne me quitte pas, reste là. Il n'osera pas venir tant que tu seras auprès de moi.

LA BARONNE

Mon Dieu! mais tu m'épouvantes. Ta mère n'est peutêtre pas encore partie. Veux-tu que je l'appelle?

CLAIRE, vivement.

Non! C'est d'elle surtout que je veux me cacher. Il faut qu'elle ignore mes craintes, qu'elle ne se doute pas de Taon désespoir (•). Tout ce qui a été fait. c'est moi qui l'ai

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