‹ Le maître de forges; pìece en quatre actes et cinq tableauxChapitre 63 sur 120 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

CLAIRE

Eh biea?

LE DUC

> Eh bien!... M. Derblay était tout à la duchesse... et vous paraissiez souffrir... J'en ai conclu que le bon accord, que vous prétendez exister entre lui et vous, n'est pas réel (6),' et qu'il n'apprécie pas à sa valeur le trésor que le hasard, ou plutôt ma mauvaise fortune lui a donné... Alors mille p 'tits faits, autrefois négligés, se sont groupés dans m^n esprit, et je suis arrivé à la certitude que vous n'avez pa<, quoi que vous en disiez, tout le bonheur que vous méritez.

CLAIRE, avec force.

Si cela était, vous seriez le seul, qui n'auriez pas Σ droit de vous l'avouer, et de me .'e dire (7)I

LE DUC, avec passion.

JJaire ! ... Croyez-vous donc que l'oncomniande toujours à sa raison et à sa volonté ? Tout me conseillait de rester loin de vous. Je le devais pour votre repos. J'y étais résolu; et j'ai fait tout pour vous oublier... Mais ce pays, où x #~* vous viviez, m'attirait malgré moi... On disait que vous ,. étiez heureuse, et je m'en réjouissais (*).* J'ai espéré que '"' je vous reverrais. sans danger. .. Heureuse, voyez-vous, je '' vous aurais adorée de loin, sans une parole, sans un regard qui put troubler votre bonheur. Mais vous souffriez!... Alors je n'ai plus été maître de moi-même (9}/et j'ai compris qu'il n'y aurait jamais au monde, pour mui, d'autre femme que vous !

glaire (10).

Vraiment?.. J'admire votre impudence (")! Ayant eu autrefois à choisir entre une femme, que vous disiez aimer, et une fortune qui vous tentait, vous n'avez pas hesité : vous avez fermé votre cœur et ouvert votre caisse. Puis, aujourd'hui que vous avez l'argent, vous ne seriez peut-être pas fâché d'avoir la femme... Vous êtes trop ambitieux, duc! Pas tout (i2)i .- -'©«vV^è»

LE DUC

Vous savez bien que i*ai été pus malheureux que oou-

Lst.k

74 LE M/ITRK DE FORGBS

pable. Oui, un jour j'ai eu à choisir entre mon honneur et mon amour : j'ai dû sacrifier l'un à l'autre. Mais ;'ea ai assez souffert, et vous pouvez ne plus m'en vouloir ("}.

claie!

Vous en vouloir? Vous vous flattez! Si j'éprouvais pour vous un sentiment quelconque,ce serait de la reconnaissance. Car, enfin, si je suis la femme de M. Derblay, qui est aussi utile que vous êtes incapable, aussi dévoué que vuus êtes égoïste, qui a toutes les qualités que vous n'avez pas, et aucun des défauts que vous avez, n'est-ce pas à vous que je le dois?

LE DUC, avec une colère contenue

M. Derblay est sans doute parfait, mais il a un travers qui rend sa perfection inutile... pour vous, du moins... I) ne vous aime pas!

Duc!

LE DUC

Il devrait être auprès de vous, attentif et tendre. Où est-il?... Près de la duchesse!

CLAIRE

Ce que vous dites là est indigne I LE duc (15).

n'est que vrai!... Il vous dédaigne. •"

claire (,e). /**" '/**■■

Ah! finissons! Je ne veux pas vous entendre plus longtemps... Vous avez fondé sur mon isolement des espérances qui ne se réaliseront pas, je vous l'atteste... J« puis être une femme à plaindre : je ne serai jamais uns femme à consoler.

LE DUC, marchant vers elle ("). I /fi***-^

Claire!

CLAIRE

Êloi^nez-VOUs!... (Elle s'éloiffae vers la tond, menaçante.) I

mot île plus, j'appelle i

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