‹ Le maître de forges; pìece en quatre actes et cinq tableauxChapitre 73 sur 120 · SCENE XIIÏ CLAIRE, ATHÉNAlS · texte numérisé non relu

SCENE XIIÏ CLAIRE, ATHÉNAlS

ATHÉNaÏS.

De quoi s'agit-il donc, ma clière belle? claire {').

Tout à l'heure, quand tu as emmené mon mari, tu m'as demandé si cela ne me déplaisait pas, et si je n'étais pas un peu jalouse.

ATHÉNAlS.

le plaisantais.

CLAIRE

Tu avais tort, car tu disais vrai.

anhénaIs.

Toi, jalouse 1 Oui.

De moi?

CLAIRE

ATHÉNAÏS

CLAIRE

De toi. Tu vois que je suis franche. Il me semble que mon mari s'occupe de toi plus qu'il ne convient, et je m'adresse à toi, pour que tu mettes un terme à une assiduité qui m'est très pénible.

ATHÉNAlS, doucement.

Ah! chère petite! Comment! Tu souffrais et tu ne disais rien (*)? Mais n'exagères-tu pas un peu? Je ne me rappelle vraiment rien qui ait pu motiver ton ennui. AI. Derblay est fort aimable avec moi, mais cette sympathie, entre gen^ de la môme famille, n'est pas surprenante, et n'a rien de criminel.

clairs i'h

J'en souffre.

ATHÉNAÏS, sèchement.

Ma ciière amie, c'est à ton mari qu'il faut demander le remède à ton mal... Moi je n'y peux rien.

CLAIRE

Si, lu peux couper court à cette intimité.

ATHÉNAÏS

Et comment? En accueillant mal ton mari? D'abord, ce / serait m'imposer un rôle bien désagréable, et ensuite, crois-tu le moyen bien efficace?

CLAIRE

Aussi, n'est-ce pas là ce que je veux te proposer.

ATU ÉNAÏS.

Qu'est-ce donc?

CLAIRE

C'est de t'éloigner pour quelque temps de notre maison.

ATHÉNAÏS, vivement.

Y songes-tu?

CLAIRE

Oui. Et c'est sur le ton de Ja prière que je te le demande... Accuse-moi d'être folle, mais fais cela. Il y va de mon bonheur.

ATHÉNAÏS

Et sous quel prétexte veux-tu que je m'éloigne? Que dirait-on d'un départ si brusque qu'il ressemblerait à une rupture?

CLAIRE

Nous nous chargerons de l'expliquer d'une manière satisfaisante.

ATHÉNAÏS

Nmi' pouvons n'y pas réussir («), et ce serait désastreux pour moi (5). Tu as été franche : je vais l'être. Je suis nouvelle dans le monde où m'a fait entrer le duc de Bligny, je m'y pla s, et je tiens à y garder la place que j'ai lèjà su m'y fane. Mais on y est très rigoriste. Aussi, tu compren is que ^i Ja famille de mon mari me fait froide mi ne, on trouvera là une occasion de me discuter. Je suis

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