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Tous ces propos répétés par In médisance, l'envie et la curiosité, font ce qu'on appelle la réputation, et vous ne croyez pas que je la méprise!
Mon cher Jean, lorsqu'on dira devant vous : « Sait-on qui est son amant? n — Je vous prie de répondre hardiment : a Elle n'en a pas et ne veut plue en avoir. »
Puisse l'assurance que je vous en donne vous coosolerpromptement! mais il fout partir. C'est l'ordre de voire mère et la prière de votre sœur. Vous avez retenu votre place aux messageries royales pour ce soir; perdre encore une fois vos arrhes serait pitoyable. Vous m'avez assez donné de preuves d'amour; prouvez-moi donc une fois que TOUS avez du courage. Que vot^ prochaine lettre soit datée de Lyon ou de Marseille. -TantAt, je mettrai mes bahits d'homme pour aller vous voir, vous aider à faire vos préparatifs de départ et vous serrer la main.
Olyupb de B*".
de près, ne vemît-on pas que c'est elle qui s'est jetée à ma tête? Ai-je rêvé que nous étions amants? Nod, ce n'est pas ainsi que ma mère m'a aimé. Elle se joue eSirontément de ma simplicité. Ahl elle a raison : il fout que je parle et que je l'oublie... Cependant, il est bien à elle de penser à venir me serrer la main une dernière fois ; je l'embrasserai au moment du départ. Je la presserai sur mon cœur.
Ranimé par la perspective de cet embrassenient, le pauvre jeune homme n'envisageait plus avec autant d'horreur le moment de l'adieu suprême. Il ouvrit sa malle de voyage avec ffnpresscment, et déjà il commençait n préparer son bagage, lorsqu'il pensa qu'Olympe le viendrait voir, en effet, mais pour s'assurer qu'il parlait. A cette idée de grosses larmes lui jnillirunt des yeux. Il laissa tomber h terre les hnrdcs qu'il tenait dans ses mains, et il s'assît, les bras pendants, te menton sur la poitrine dnns un ahallcment profond.
Au moment où il s'était séparé de madame
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de B***, JeaD, n'ayant pas eu, depuis trois «m, d'autre domicile que celui de sa mattresse, avait acheté quelques meubles indiqieBsables pour s'installer dans un appartement oomposé de deux chambres, et situé sur le quai de Gèvres. Un lit en bois de noyer, une table carrée pouvant servir de bureau, un vieux secrétaire en ac^ou rose, fort terne, mais qui aurait eu quelque prix si on l'eût remis à neuf, composaient, avec quatre chaises de paille, ma modeste ameublement. La belle me des quais, du pwit au Change, et des vastes bassins de la Seioe aurait bit de Ce petit réduit un séjour , agréable pour tout autro qu'un amant malheureux; mais l'abandon et le chagrin l'aTôieut rendu plus sombre qu'une prison aux yeux du pauvre Jean. Quatre heures venaient de sonner à l'horloge du Palais de Justice, quand ud liacre s'arrêta devant la maison. Le portier fît im sourire malin en voyant passer un bambin coiffé d'un chapeau à laides bords, v£tu d'une redingote trop large pour lui; la main gauche
«lans la poche d'un pantalon à plis, maniant de la droite une badine de jonc et marchant d'un pas résolu , comme un écolier qui en est à sa première paire de bottes.
— Cette malle est encore vide ! Je m'en doutais, dit Olympe, en jetant son diapeaa et sa canne sur la table. Vous savez bien que la diligence de Lyon part exactement au coup de six heures. A quoi donc pensez-Tons?
Jean secoua la tète, comme s'il eikt répondu : « Je ne pourrai jamais ! » -
— Quel besoin , dit-il , après un moment de silence , quel besoin avez-Tous de m'envoyer 3 trois cents lieues? Ne pouvez-TOua me laisser dans ce coin?
— Pour y niminer votre ennui ! reprit Olympe, pour y tomber malade peut-être ! Non certes, je ne puis -vous le permettre. Cette faiblesse est insuppcnrtable. Je vous déclare que si vous restez, je ne vous reverrai de ma vie, et je brûlerai vos lettres sans les lire. Voyons : étes-vous UD homme? Ouvrez cette armoim et
passez-moi votre linge; uous allons (aiie votre
malle ensemble.
Jean obéit machinalemenl. Il ouvrit Tarmoire, en tira le linge et les balnts, tandis i)u'Olympe rangeait chaque pièce dans la malle, avec la dextérité d'une personne habituée aui vojages. On délibéra sur les livres qu'il convenait d'emporter, outre le Guide en Italie d'Arlaria. Jean fouilla dans son secrétaire et y prit un gros paquet de lettres qu'il voulut glisser à la dérobée dans sa malle; mais Olympe lui frappa doucement sur l'épaule.
— Que faites-vous là? dit^^lle. J'espère bien (Jue TOUS ne serez point dévalisé par les brigands de ta Romagne; cependant il y a des iiubergisles voleurs. On peut perdre son bagage; une correspondance amoureuse n'est pas un objet de première nécessité sur les grandes roules. C'est à votre retour que vous relirez ces lettres. Remettez-les à leur place, mon cbei cnlunt. Un jour, quand je serai devenue votre compngnon, votre frère William Gaze, je vous
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dirai que mon cœur ne désavoue pas ce qui est ûcrit là ; mais à la condition que nous parlerons (le l'ancienne Olympe comme d'une personne morte depuis longtemps. Remettez toute celle correspondance dans voire secrétaire, et conten- Icz-vous d'emporter la cler.
Lorsque lies lettres Turent rentrées dans te vieux meuble, les bagages élaot achevés, madame de B*** regarda sa montre.
— Nous avons encore' un quart d'heure, dilelle en s'asseyant sur la malle. Écoulez-moi, cher Jean : Puisque voua avez du courage et l'envie de me satisfaire, je vous tiendrai compte de votre soumission. Je ne suis pas si dure et si craelle que j'en ai l'air. Au moment où vous allez partir, mon cœur se serre, comme le vôtre; je regrette cette nécessité de nous séparer pour quelques mois, et à présent que c'est une résolution prise, je ne vous déguiserai plus mon émotion. Ces petites chambres où vous jvez tant souffert me sont clières. Je Tcmdrais [wuvuir y revenir pendant votre absence, pour
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If penser à vous, pour u'isoler, pour y travailler paisiblement, loia des importuns, loin de mes -amis eux-mêmes, car j'aurai des jours de tristesse, où tout le moode me sera odieux. Si vous n'y voyez point d'inconvénient, donnez l'oi-dre à votre concierge de me remettre la ciel de votre appartement, quand il me prendra Tantaisie de venir m'y installer.
Jean trouva cette idée admirable, et ne manqua pas de l'adopter avec enthousiasme. Il voyait dans ce caprice de son amie une pitié, une tendresse, une délicatesse ctennantes. Dans l'eBnsioa de sa joie , il se mettait à genwjx devant Olympe et lui baisait les mains en la remerdant de se montrer enfin clémente et bonne. Il promettait de sunnonter ce tatal amour qui l'empêchait encore de goûter une amitié si douce. Mais comme il parlait de sa guérison prochaine avec trop de passion, madame de B*" lui ordonna de se calmer s'il ne Voulait la voir redevenir impitoyable. Pendant cedébat, le quart d'heures'élailécoulé. Olympe