‹ Le maître inconnuChapitre 9 sur 14 · I.l'l ET F.M.R. ' S · texte numérisé non relu

I.l'l ET F.M.R. ' S

pardonneraient pas; mais je ne saurab m'en TAcher, tant elle me semble rrivole! Vous m'appliquez le mot de Saint-Lambert sur Jean-Jacques Rousseau : « Il marche accompagoé de sa maîtresse, ta réputation. » Ma gloire, diles- Tous, s'efit jetée entre nous deux. Mon nouvel amant est le public. Je vous méprise parce que vous êtes obscur, et que me voilà tout à coup célèbre. Le succès m'enivre. J'ai honte de vous avoir aimé; je voudrais pouvoir vous supprimer lie ce monde, après vous avoir fait manquer votre carrière, après vous avoir tout ravi , le bonheur, le repos, et jusqu'à votre nom, — car il parait que vous ne vous appelez même plus Jean Cazeau.

Il n'y a qu'une petite difficulté à tout cela : c'est que ma gloire n'existe point. Je ne crois pas sérieusement à ma réputation, et je ne fais Dul cas de ce succès que le caprice d'un sot public est venu (aire, entre mille autres productions éphémères, à mes Chansons créoles. Je &uis née, il est vrai, avec quelques dispositions

pour la musique. J'ai appris à oompoeer, tonte feule, ou à peu près. Par quelques dons nainrels assez heureui, parde rorigïnalité j'ai suppléé, tant bien que mal, à la coimaisgaitce qui me manquera toujours des règles' fondamentales de ce bel art, à cette solide édocatioD qui n'est donnée qu'aux hommes, et sans laqudle le' génie lui-même ne vole jamais que d'one aile.

Les éditeurs sonnent à ma porte, et demandent d'un air affairé à quelle beure je senti visible; mais an premier mnceau de ma foçon qui n'(rf)tiendra pas les suffrages des badauds, le brait de la sonnette ne m'annoncera plus que mes amis.

Hou nom d'emprunt grandit chaque Jour.

— On ne l'en oubliera que plus vite.

On se demande ; a qui est ce William CazeT un étranger, sans doute. — C'est une femme, répond quelqu'un de bien informé. — Une femme! ah! bahl est-elle jeune, jolie, galante, mariée, veuve ou séparée? »

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