KT L1.I.K
lité. Il y a, selon moi, des circonstances atlé-
nuanfes.
— Ah ! s'écria Falconey, je suis curieux de voir cela.
— Si l'on y regardait bien, repril Pierre, on trouverait peut-être dans les facultés et le talent du maestro l'excuse de la femme. William Caze, obligée par son art à faire parler les passions, éprouve un ardent besoin de les connaît tre, d'en écouter le langage, de les voir de près, d'observer dans le cœur des autres toutes celles qu'elle est incapable de sentir. De là cet appétit déréglé de complications, d'aventures, de changements , d'amours interrompues, reprises, abandonnées. Le calme et le Lonbcur, si doux qu'ils soient, ne lui enseignent plus rien après certain temps; de là le désir de rompre, de passer à autre chose. La femme nimcrait encore volontiers; mais le compositeur s'impalicnte et dit : a. Assez d'amour; nous savons cola par cœur. Occupons-nous un peu de jalousie, de déEes|)oir, de Iromperie, d'inli-
23t LOI ET ELLE.
— C'est peut-être , répondît Pierre, que U ' femme a trop d'orgueil pour se contenter (b
circonstances atténuantes qui plaident en Êiveur de l'artiste. Elle ne veut convenir d'aucune Iai> blesse, d'aucune erreur, et prétend se justifier sur tous les points. Or, pour qu'elle ait raison, il Taut bien que les autres aient tort? Donc ce stmt des misérables.
— Du moins, reprit Edouard, je dois lui rendre celte justice : jamais je n'ai oui dire qu'elle eût mal parlé de moi.
— Je le crois bien : elle n'en parle pat du tout; mais peut-être ne perdras-tu rien pour avoir altendu.
— Quel reproche pourrait-elle dcmc me faire?
— Je ne sais; mais si elle rompt le silence, sans aucun doute ce sera pour le déchirer comme les autres. Elle ne manquera pas de le donner à vingt ans les idées et le caractère d'un homme de quarante; elle puiseni dans Ion à^' viril de quoi composer un portrait fort peu ai-
DaDS un àa ces tiroirs, il trouva )>lusîcurs lettres de William CiLZC.
— Que signifie cela? dît-il; je croyais avoir rendu toute celte correspondance.
— Oh! s'écria Pierre, \oiià qui est providentiel. Pureille fortune n'arriverait pas à un liomme rangé. Combieh tu dois te réjouir du n'avoir jamais su le compte de ton argent ni de les mouchoirs !
A ces précieuses lettres, dans lesquelles William Caze confessait toutes ses fautes, Falconey ajouta deux pages de notes écrites à Naplcs avant et après sa maladie. Pierre ne douta pas qu'un jour ces deux autographes ne dussent avoir une grande importance biographique: Edouard lui dicta ensuite la relation qu'on a lue plus haut. De tout cela on fit un dossier. Pierre mit ces documents sous son bras, et, voyant son ami tranquille et rassuré, il lui sou- ' haila le bonsoir.
— Un mot encore! dit Falconey. Je ne ressemble pas à culte femme. Je ne veux pas
'■en/er
- yv?"'^"-'.
■yPOBdi,
'"Oleof
• too/
:" '"st^t. ,.::
' °* elin "''lé pa
•lu*,,
•-'ef^.
238 I.Ul F.T ELLE.
Pierre étendit son bms sur le lit du mnladc, ot répondit :
— Je le remplirai ; je te le jure !
J'ai cutendu dire que Pierre avait t^tu parole.