HT. CHAP. II. DE LA VERTU EN GÉNÉRAL 169 §.6. DU DÉSIR DE LA VERTU
Beati qui esuriunt et sltiunt justitiam 7 quoniam ipsi saturabuntur ! (Matth. 5, 6.)
Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice et de la vertu , parce qu'ils seront rassasiés.
Cette faim et cette soif les rendront capables d'en être rassasiés , et de monter à un haut degré de vertu et de perfection , car la première et la meilleure disposition pour acquérir une chose , c'est d'en avoir un grand désir, d'autant que le désir fait qu'on travaille , et le travail emporte tout.
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Sitio. (Joan. 19. 29.) J'ai soif ,
S'écriait Notre-Seigneur en croix , pour n'avoir ni bu ni mangé depuis le jour précédent , pour avoir été horriblement tourmenté et avoir perdu tout son sang, mais principalement pour avoir une extrême soif de notre salut. (B. Laur. Justin.) Disonsla même chose avec Notre-Seigneur, et entrons dans son sentiment, devenant altérés de notre salut et de notre perfection. J'ai soif , et un ardent désir de me rendre humble , patient , obéissant , charitable 9 parfait, et très-semblable à Jésus-Christ.
Da mihi b ibère : Si se ires do nu m Dei , et (juis est qui dicit tibi : Da milii bibere , tu jorsitan pelisses ab eo9et dedisset tibi aquani vivant. (Joan. 4« 7 et 10.)
Donne-moi à boire : Oh ! si tu savais le don que maintenant Dieu te fait , et quel est celui qui te dit: Donne-moi à boire, peut-être que de ton côté tu lui eusses demandé à boire y et il t'eût donné de l'eau vive.
N&tre-Seigneur dit cela à la Samaritaine , et le dit à chacun de nous , pressé qu'il est de la soif de notre salut et de notre progrès dans la vertu.