ÏÎI. CHAP. VI. DE LA FOI. 2U
istis. Si autem jœnum agri , quod hodle est et cras in clibanum mittitur , Deus sic vestitj quanto ma gis vos , modicœ fidei ? Nolite ergo soliiciti esse dicentes : Quid mandacabimus^ aut quid bibemus , aut quo operiemur P Hœc enim omnia gentes inquirunt. Quœrite ergo primuni regnum Deiet justitiam ejus , et hœc omnia adjicientur vobis. (Matth. 6. 25.)
N'entrez pas en souci pour votre nourriture ni pour vos habits , voyez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent ; ils n'ont ni cave ? ni grenier où ils puissent retirer leurs provisions, et pourtant, pas un d'entre eux ne meurt de faim , parce que votre Père céleste prend le soin de les nourrir; et n'êtes-vous pas devant lui beaucoup plus considérables qu'eux ? Ne vous mettez non plus en peine de vos habits ; considérez les lis des champs : ils sont mieux parés et plus magnifiquement vêtus que Salomon ne le fut jamais dans sa plus grande gloire ? et toutefois , ils ont leur croissance sans travailler, et leur vêtement sans filer. Que si Dieu habille si pompeusement et si richement une herbe qui n'a qu'un jour de vie , et qui servira demain à
chauffer le four , avec combien plus de soin, gens de peu de foi , pensera-t-il à vous donner des habits ? Partant, ne dites point avec un esprit empressé et plein de défiance : Que mangerons-nous , ou que boirons-nous, ou de quoi serons-nous habillés ? mais cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice ; vivez justement et vertueusement , et toutes ces choses vous seront fournies.
Le Père Maître Avila avait tiré en son nouveau Testament une ligne sous ces dernières paroles, disant qu'il en faisait tout son revenu , assurant que sur la ferme confiance qu'il y avait , jamais rien de ce qui était nécessaire pour sa vie ne lui avait manqué. (Grenade en sa Vie.) Vivez bien, ayez une grande espérance , et vous en éprouverez autant.