JI. CHAP VI. DE L\ FOI
qu'il a donné son Fils unique (pour son salut.)
Voici encore cet amour de Dieu envers nous , non de parole , mais d'effet. Dieu nous a aimés , nous donnant ce qu'il aimait le plus , savoir , son Fiis unique, et le donnant pour être tourmenté et mis à mort , afin de nous donner la vie. C'est là le modèle d'un vrai amour. Lui en donnez-vous autant ? c'est-à-dire , lui donnez-vous ce que vous avez de plus cher ? Que faites- vous pour lui ?
§. l3. DE LA CHARITÉ DE JESUS- CHRIST EN- VERS NOUS.
Sic ut dilexit me Pater , et ego dilexi vos. (Joan. i5. 9.)
Comme mon Père m'a aimé 9 je vous ai
aimés.
Quelle comparaison !. La plus admirable dont le Fils de Dieu pouvait se servir , pour nous faire connaître l'amour qu'il a pour nous , c'était de le comparer à celui que son Père lui porte , qui est un amour infiniment parfait et ineffable aux anges et aux hommes. Quels biens le Père a-t-il conférés à son Fils en vertu de cet amour ï O Jésus , mon cher Seigneur , quelles louanges, quelles bénédictions , quel respect , quelles actions de grâces et quel amour vous devons-nous rendre pour un tel autour ? Et
n'est-il pas juste que nous ayons un désir très-ardent de vous plaire , et une horrible aversion de vous offenser?
Ego pono anunain meanx. Nemo tollit cam a me , sed ego pono eatn a meipso. Hoc manclatum accepi a Pâtre mco. (Joan. 10. 17 et 18.)
Je donne mon âme et je mets ma vie de mon plein gré ? car personne ne saurait me l'ôter , si je ne le veux 9 encore que j'en aie reçu le commandement de mon Père.
Il parle en tant qu'homme, car comme Dieu, étant égal à son Père , il ne pouvait recevoir aucun commandement ni aucun ordre de lui.
Majnrcm hac dilectionem nemo habet ut animant suam ponat quts pro amlcrs suis. (Joan. i5. i3.)
Personne ne saurait montrer plus d'amour à ses amis que de mourir pour eux.
Quel amour donc sera-ce de mourir pour ses ennemis , comme nous l'étions tous de Jésus-Christ lorsqu'il est mort pour nous ? Mourez en échange pour lui, lui qui est votre vrai et parfait ami ; mourez h vous-même , à vos vices et à vos passions , puis- V-faussi cette mort sera l'origine de votre véritable vie.