III. CHÀP. VT. DE LÀ FOI
§. l4» DE NOTRE CHARITÉ ENVERS JESUS- CHRIST.
Manete in dilectione mea. (Joan. i5. 9.)
Demeurez en mon amour ; aimez-moi.
Demeurez en mon amour, comme l'état le plus honorable , le plus noble , le plus avantageux et le plus parfait qui soit sur la terre, et vous deviendrez généreux pour faire des choses grandes , et vous vivrez saintemeut avec un esprit dégagé de toutes les créatures , et tous les jours , vous amasserez des trésors de mérites et de vraies richesses.
Qui diligit me , diligetur a Pâtre meo9 et ego diligam eum , et manifestabo ei meipsum. (Joan. 14. 21.)
Celui qui m'aime sera aimé démon Père, et je l'aimerai aussi, et me découvrirai à lui.
in.
Si quis diligit me , P ater meus diliget eum, et ad eum veniemus , et mansionem apud eumfaciemus. (Joan. 14. 2>3.)
Si quelqu'un m'aime, mon Père l'aimera, et nous viendrons à lui ; et nous ferons en lui notre demeure.
22i JÉSUSrCHBlST f NSBICxiNÀNT LiîS I10MMKS.
Oh î qui pourrait raconter les biens inestimables que cette demeure lui apportera ? Elle lui apportera la pureté au corps , la sainteté à famé , les lumières à l'entendement, les affections pieuses à la volonté , la droiture à ses intentions , le frein à ses passions , la grandeur du courage en ses difficultés , et la sagesse en toute sa conduite. Oh ! aimez donc Jésus-Christ, puisque son amour vous doit être si profitable.
Mais sans regarder de si près à votre profit , ou pour le regarder d'une façon encore plus noble et plus touchante , considérez ces paroles de Saint Paul : Si quelqu'un n'aime point Notre-Seigneur Jésus-Christ , qu'il soit anathème et maudit j parce qu'il est venu ; il a pris notre nature pour opérer notre salut ; il s'est fait semblable à nous, après nous avoir faits auparavant semblables à lui , à dessein de se rendre plus agréable à nos yeux, et nous rendre son amour plus facile. Il s'est revêtu de notre chair afin de pouvoir mourir pour nous ; ii est mort sur la croix dans d'inexprimables douleurs et des opprobres inouïs. Si quelqu'un, après cela , n'aime pas Jésus-Christ , qu'il soit anathème et exterminé d'entre les vivants !
A dire vrai, qui aimcrez-vous , si vous n'aimez celui qui est mort pour vous ? Pour qui aurez-vous justement de l'affection , si vous n'en avez pour celui qui s'est réduit à la pauvreté pour vous enrichi*, qui a souffert des infamies nompareilles pour vous procurer de la gloire , et qui s'est fait misérable pour vous rendre bienheureux ? A qui donnerez-