‹ Le maître Jesus-Christ enseignant les hommesChapitre 2 sur 230 · ÉP1TRE · texte numérisé non relu

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estime et (l'une plus profonde révérence.

Pour le troisième mal, qui vient du manquement de la grâce , le remède est qu'il la faut demander , et instamment , parce que nous ne pouvons, sans sa lumière , entendre les paroles de Notre-Seigneur, comme il est nécessaire pour en être touché, ni les pratiquer sans sa force divine. Il disait pour cette cause : Non ovines capiunt verbum istud , sed quibus datum est. {Math. ig. 12.) Tous n'entendent pas ce que je dis , mais seulement ceux à qui la grâce en est donnée. Et une autre fois , ayant parlé de sa Passion à ses apôtres , l'Evangéliste ajoute ; At Mi ignorabant verbum istud , et erat velatum ante eos , ut non sentirent illud. {Luc. g. 45.) Ils ne comprenaient pas ce qu'il leur voulait dire; ce mystère était caché aux yeux de leurs esprits , et n'agissait point sur eux , parce qu'ils n'y entendaient rien. Donc, pour entendre les paroles de Notre-Seigneur , il faut qu'il nous en donne la grâce , et pour lavoir, il la lui faut demander.

Donnez-nous cette grâce, ô Jésus, Notre- Seigneur , faites-nous cette miséricorde. Vous avez dit par l'un de vos prophètes que

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les paroles qui sortiraient de votre bouche auraient de grands effets , et qu'elles ne retourneraient point à vous sans fruit : nous supplions et conjurons votre bonté que cela se vérifie en nous , que la lecture de vos paroles contenues en ce livre , nous touche , nous change et nous communique de grandes connaissances de vos perfections , et nous enflamme de votre amour. Nous vous disons avec affection : Manifesta teipsum miuido (Joan. 7. 4-)» faites-vous connaître au monde, enseignez aux hommes qui vous êtes car ils ne le savent point; et vous pouvez dire avec grand sujet ce que vous dîtes à l'un de vos apôtres : Tanlo tempore vobiscum sum , et non cognovistis me. [Joan. \l\. 9.) Il y a tant de temps que je suis avec vous , il y a vingt, trente, cinquante et soixante ans que vous êtes chrétiens, que vous venez dans mes églises , que vous entendez ma doctrine, que vous la lisez, que vous vous approchez de mes autels , que vous assistez à mes mvstères, que vous me recevez et vous unissez à moi dans mon sacrement , et néanmoins , vous ne me connaissez pas encore , je ne dis pas de cette connaissance évidente et parfaite qui

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ne se donne qu'au ciel , mais comme vous )e pouvez et comme vous le devez. Gomme il n'y a rien dans l'univers qui soit plus vu que le soleil , de même il n'y a rien qui mérite tant d'être connu que vous , qui êtes le Soleil de justice , et qui devez éclairer tout homme venant au monde.

De plus ? faites-vous aimer des hommes. C'est une chose étrange et digne de pitié qu'étant aimable comme vous l'êtes , vous soyez toutefois si peu aimé. Il semble que vous faites tort à votre beauté 5 et que vous offensez vos perfections et vos bénéfices de leur faire rendre si peu d'affection ? et que les personnes soient si rares qui se consacrent entièrement à votre amour. Faites-vous donc cette justice , et à nous cette singulière faveur , que nous vous connaissions et que nous vous aimions , non pas autant que vous le méritez, mais autant que vous le demandez et que nous le désirons. Amen , amen.

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