HT. CHÀP. VIT. LES HUIT BÉATITUDES
Bienheureux sont les pauvres d'esprit, parce que le royaume des cieux leur appartient !
Ces pauvres d'esprit sont, en premier lieu , selon Saint Jérôme , ceux qui n'ont point le cœur attaché aux richesses , soit qu'ils en aient , soit qu'ils n'en aient point. Secondement , dans la pensée de Saint Augustin , ce sont les humbles, qui , en leur esprit 7 s'estiment dénués de tous biens , et ont une trèspauvre opinion d'eux-mêmes , se regardant continuellement comme des néants tout purs , pour ce qui est de leur chef.
Beati mites ? quoniam ipsi possidebunt ter va m !
Bienheureux sont les débonnaires ? parce qu'ils posséderont la terre !
Ces bienheureux débonnaires sont ceux qui domptent leurs passions , étouffent les mouvements de l'impatience , de la colère et de la vengeance , pour ne point s'emporter ni de parole ni d'effet contre Dieu , ni contre les créatures qui leur font du mal, mais qui regardent tous les accidents fâcheux dans les ordres de la divine Providence, avec des yeux de soumission et de respect, et gouvernent leurs âmes avec une douceur de perfection. La terre qui leur est promise, c'est la terre des vivants et la félicité éternelle. (S. Hier.) C'est d'eux-mêmes -et de leur
corps , qui vient de la terre , que , par cette vertueuse douceur et cette sage tranquillité , ils se rendent maîtres. (S. Bern.)
Beati qui lugent , quonia/n ipsi consolabuntur!
Bienheureux sont ceux qui pleurent, parce qu'ils seront consolés !
Ces trois premières béatitudes condamnent , dit Saint Thomas , l'opinion de ceux qui mettent la félicité ou dans les richesses, ou dans les honneurs, marqués par la première des trois , ou dans la satisfaction des passions de l'âme , comprise dans la seconde , ou dans les plaisirs sensuels, contenus en la troisième.
Beati qui esuriunt et sitiunt justitiam , quo niant ipsi saturabuntur !
Bienheureux sont ceux qui sont affamés et
altérés de la justice , parce qu'ils seront
rassasiés!
C'est-à-dire , ceux qui sont avides de la vertu et de la perfection , qui la désirent avec ardeur, et qui tâchent de l'acquérir , même par la faim , par la soif et par les autres austérités du corps. ($. Augugt.)