‹ Le maître Jesus-Christ enseignant les hommesChapitre 219 sur 230 · IV. C. V. MOYEN PARTICULIER DE CETTE UNION · texte numérisé non relu

IV. C. V. MOYEN PARTICULIER DE CETTE UNION

gez la chair du Fils de l'homme et ne buvez son sang , vous n'aurez pas la vie en vous.

Tellement que ne pas la manger et ne point communier , c'est le moyen de mourir. Ainsi, Jacques, Cardinal de Vitry , dit de Sainte Marie d'Oegnie qu'elle ne pouvait se passer longtemps de la sainte communion , que manger le corps de Jésus-Christ était sa vie , et s'en abstenir plusieurs jours lui tenait lieu de mort, expérimentant en soi la vérité de ces paroles : Si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme , vous n'aurez pas la vie en vous : mangez-la donc , et souvent.

A la vérité , comme la fin principale et dernière pour laquelle Dieu nous a donné l'être et nous le conserve, a été pour le glorifier , et que la communion nous en est un souverain moyen , d'autant que , par elle , Notre-Seigneur nous confère son esprit, qui est un esprit de glorification divine, et nous communique plus abondamment , comme par le plus large canal , ses mérites et les fruits de sa mort, qui n'ont d'autre but que de nous disposer à pouvoir honorer Dieuexcellemment sur son modèle : nous devons sans doute nous servir souvent de ce moyen à ce dessein, et nous mettre en état de recevoir l'esprit de Jésus-Christ et les grâces qu'il nous a méritées, pour nous rendre capables de donner à Dieu de l'honneur et accomplir la fin de notre création.

De plus, de même que notre béatitude au ciel est Jésus-Christ, en tant que Dieu et en tant qu'homme,

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lorsque nous serons perpétuellement avec lui , que nous verrons sa Divinité , que nous l'aimerons , que nous le posséderons et que nous serons unis à lui parfaitement et pour jamais • il est pareillement notre félicité ici-bas, et par l'exercice des mêmes opérations envers lui. Or, comme nous ne possédons en terre Jésus-Christ substantiellement et en personne qu'au saint Sacrement de l'autel, de là vient que nous devons nous appliquer à lui en ce mystère par tous les moyens que nous pourrons , par les fréquentes communions sacramenteiles,maisbienfaites; parles communionsspirituellespratiquées , non-seulement aux messes que Ton entend, mais encore souvent le long du jour et en tous lieux , nous tournant d'esprit vers le saint Sacrement , pour y regarder Notre-Seigneur avec les yeux d'une foi vive, que ni la distance des lieux , ni les murailles* ni les portes , ni les tabernacles , ni les ciboires , ni les espèces, n'empêchent point de voir, par des actes de respect , d'adoration , de demandes , d'espérance, d'amour, et autres, et par des visites journalières réitérées , si l'on peut.

Les deux plus grands mystères de Jésus-Christ sont son incarnation et sa mort. Dans l'incarnation, le Verbe de Dieu s'est uni personnellement à une humanité singulière, qu'il a infiniment ennoblie, enrichie et sanctifiée ; et par sa mort , i! a, comme Verbe incarné , sauvé les hommes , et leur a acquis la grâce et la gloire éternelles. Pour nous imprimer ces deux mystères et nous en communiquer les fruits, qu'a fait Notre-Seigneur? il a trouvé une invention

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