‹ Le Mal d'Oscillation: Étude Clinique, Pathogénique et ThérapeutiqueChapitre 16 sur 32 · EXPÉRIMENTATION SUR L'HOMME · texte numérisé non relu

EXPÉRIMENTATION SUR L'HOMME

A) Au laboratoire.

De nombreuses recherches ont été entreprises, soit dans un but scientifique, soit dans un but pratique, pour déterminer les capacités de vol des pilotes, par

exemple.

1° Épreuves rotaloires :

On a recours à la chaise tournante, sur laquelle on.

place le sujet d'expérience auquel on peut imprimer

des mouvements de rotation d'amplitude variable. On étudie le pouls, la tension artérielle, les réflexes

oculaires et les réflexes de posture des membres et

du tronc, ainsi que le comportement général du sujet

(nausées, vomissements, vertiges).

Les principales recherches ont été entreprises en

Allemagne par Fischer, en Angleterre au laboratoire de recherches médicales de la R. A. F. et en Amérique où les candidats aviateurs sont soumis à des tests très sévères. Il ressort de toutes ces expériences :

FA

1° Que les variations du pouls et de la T. A. ne seraient pas constantes.

D’après Fischer :

Le pouls serait accéléré dans 40 % des cas.

— ralenti dans 46% — — inchangé dans 14% — La T. À. serait élevée dans 55% — ee abaissée dans 12% — — inchangée dans 33% —

2° Qu'on a attaché beaucoup d'importance à la recherche du nystagmus mais qu’on l’a souvent étudié de façon incomplète en accordant trop de valeur aux résultats obtenus. S'il constitue un extellent test de l’état des candux semi-circulaires, il reste encore à prouver le rôle de ceux-ci dans le mal d’oscillation où précisément le nystagmus s’observe très rarement. 3° Qu'il conviendrait peut-être d’attacher plus d’importance à la recherche des réflexes de posture des membres et du tronc qui, eux, sont toujours profon-— dément troublés dans le mal de mer et le mal de l'air. On trouvera toutes ces épreuves décrites plus en détail dans les traités d’otologie.

4° Que le meilleur critère pour l’admission des pilotes, c’est la stabilité dans les réponses du pouls, de la T. A. et des réflexes, jointe à un bon comportement général.

20 Épreuves ascensionnelles :

D’autres auteurs ont étudié expérimentalement

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l'influence des mouvements verticaux de montée et descente sur l’organisme. Il est bien entendu que nous ne considérons ici que le facteur oscillation, laissant de côté toutes les expériences relatives aux variations de pression au cours des ascensions. Lenggenhager a réalisé un certain nombre d’é-

preuves en ascenseur.

a) Plaçant un sujet sur une balance il constate au début de la montée une augmentation de poids, au début de la descente une diminution de poids.

b) Un poids étant suspendu à un fil élastique dans le même ascenseur, il note une élongation du fil au début de la montée, un raccourcissement au début de la descente. ; à

c) De même, la colonne de mercure d’un baromètre s'élève rapidement au départ de l’ascénseur vers le bas et s’abaisse à la montée.

Ces expériences simples mettent en relief les variations de poids subies par tous les objets et par le corps humain en particulier, au cours des mouvements verticaux de montée et descente. Ces variations sont d'autant plus grandes que le mouvement est plus brusque. C’est l'accélération du mouvement qui intervient et non son amplitude.

C’est sur ces constatations que Lenggenhager base sa théorie pathogénique du mal oscillatoire que nous verrons au chapitre suivant.

Et B) Au cours des traversées.

Parallèlement à ces recherches de laboratoire, d’autres études ont été poursuivies in vivo si on peut employer ici ce terme impropre, autrement dit là où sévit le mal : à bord des navires, au cours des traversées.

Flack a observé 60 sujets, membres de l'équipage

et passagers, et mesuré chez eux le pouls, la tension

artérielle et les réflexes oculaires avant, pendant et après les troubles qu’ils ont présentés. Les résultats -concordent avec ceux du laboratoire.

Oriel a recherché l’acidose et l’hypoglycémie chez 1.000 sujets et les trouve toujours. Il a recherché

le nystagmus chez 5.000 sujets et constaté son

absence.

- Cazamian, Bohec ont fait des études analogues. C’est grâce à toutes ces recherches qu’on a pu se faire une idée du mécanisme du mal oscillatoire. Un

grand progrès a été réalisé sur le siècle dernier mais

nos connaissances sont encore très imparfaites et ce n’est qu’en encourageant les médecins de la marine et de l’aéronautique à multiplier leurs expériences qu'on pourra arriver à éclaircir les points qui restent encore obscurs.

: ges

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