‹ Le Mal d'Oscillation: Étude Clinique, Pathogénique et ThérapeutiqueChapitre 9 sur 32 · PÉRIODE D'ÉTAT · texte numérisé non relu

PÉRIODE D'ÉTAT

Elle est caractérisée par la violence des troubles.

fonctionnels, qui s’oppose à la pauvreté des signes

physiques.

A) Signes fonctionnels.

Ils constituent à eux seuls presque tout le tableaw clinique de la maladie, lui donnant un aspect dramatique par leur intensité.

19 Les troubles digestifs sont les plus caractéristiques: Ce sont des nausées presque toujours suivies de vo-

‘missements d’abord alimentaires puis bilieux et d’au-

tant plus pénibles que l'estomac vide se contracte

sans rien rejeter.

A ces deux symptômes presque pathognomoniques il faut en adjoindre un troisième : la constipation qui est

de rigueur dans la majorité des cas. Très rarement

on a observé au contraire de la diarrhée.

Naturellement l’anorexie est totale à cette période et le malade est incapable d’avaler un aliment ;

20 Les troubles sensoriels sont très importants également et n’épargnent aucun des organes des sens. Ils consistent en des verliges de la vue, de l’ouïe, de

l'odorat, du goût, du toucher.

— Les yeux enregistrent l’impression erronée que

‘tout tourne autour du sujet, alors que c’est lui-même

qui oscille.

— Les oreilles perçoivent avec une intensité anormale les moindres bruits et vibrations.

— Le nez est désagréablement impressionné par les

-odeurs les plus banales.

— Le palais attribue un goût nauséabond à tous les aliments.

— La peau enfin perçoit au niveau des mains, des pieds, de tout le corps, des sensations inhabituelles. C'est l’ensemble de ces vertiges sensoriels qui con-

tribue pour une grande part à donner à l'individu le

sentiment de perte de l'équilibre si caractéristique du mal d’oscillation ;

3° Les troubles nerveux manquent rarement et

prennent parfois une grande intensité. La céphalée

accompagne presque toujours les troubles digestifs et sensoriels, souvent les précède, et dans quelques cas légers, existe à l’état isolé. C’est une cénhalée en Casque, très pénible.

Les autres algies sont plus rares et nous ne nous y arrêterons pas.

Il faut noter, en outre, l’état d’asthénie très marqué sur lequel nous reviendrons à propos des signes généraux ; :

4° Les troubles pulmonaires consistent en une gêne respiratoire qui donne au sujet l’impression de manquer d'air. On observe d’ailleurs une véritable pause inspiratoire au début des mouvements brusqües de descente, par exemple dans un ascenseur qui se met en marche vers le bas, en balançoire au moment où elle atteint le sommet de sa trajectoire, sur un navire qui plonge dans le creux d'une vague ou un avion dans un trou d'air ; |

50 Les troubles circulatoires fonctionnels sont moins constants ; parfois quelques palpitations ou gêne précordiale mais les variations individuelles sont ici considérables.

B) Signes généraux:

L’atteinte de l’état général est toujours très marquée dans lé mal de mer et les autres syndromes oscillatoires. Il existe à la période d’état une phase de dépression qui rend le sujet incapable de toute activité physique ou morale. Il gît souvent là où le mal l’a

LMP

surpris, n'ayant même pas la force d'aller s’allonger dans sa cabine, inconscient de ce qui se passe autour de lui, ayant perdu toute dignité humaine puisque chez la femme on signale la disparition des deux instincts les plus forts : la pudeur et l’amour maternel. — La lempérature est souvent abaissée de 1/2 à 1 degré. :

— Le pouls est généralement ralenti quoique, dans certains cas, il puisse être inchangé ou accéléré. — La lension artérielle est presque toujours abaïssée, parfois légèrement augmentée.

— La face est pâle, les extrémités froides.

C) Signes physiques :

Si les signes généraux sont assez inconstants, les. signes physiques le sont encore davantage. On peut même dire qu'ils font totalement défaut dans la majorité des cas. C’est du moins ce qu’on peut supposer, car on ne trouve aucun examen somatique des malades

décrit dans la littérature.

D) Signes humoraux :

Il existe très souvent de l’hypoglycémie et de l’acidose chez les sujets atteints du mal d’oscillation. Pour certains auteurs (Sydney Jones), ces modifications humorales seraient la cause des malaises observés mais, pour la plupart, elles n’en sont que la conséquence, apparaissant à la suite des vomissements.

Le métabolisme basal a été trouvé abaissé.

ST Dre

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