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gril Een
miction. La suggestion fut inefficace. Je ne me laissai pas démonter et certifiai avec sang-froid que l'effet surviendrait alors deux heures et demie après le bain; ce qui arriva. »
Ici la suggestion dépasse le but, ellenese borne pas à copier le mal de mer, elle l’aggrave. Il est probable que l’on a affaire à des bystériques, ou tout au moins à des névropathes.
Quelques auteurs ont signalé la diplopie comme symptôme rare de mal de mer (1). C’est là un symptôme essentiellement névropathique.
Enfin le médecin se méfiera des malades qui ont des tares nerveuses et se demandera en ce cas si la naupathie dont ils souffrent n’est pas suggestive.
2) St le mal de mer apparait en dehors de toutes les conditions nécessaires à sa production. — L'origine suggestive est de toute évidence quand le sujet éprouve la naupathie sur la terre ferme ; le spectacle qui lui rappelle le supplice qu’il a autrefois enduré en bateau, suffit à ramener les mêmes symptômes. Telle personne a le mal de mer en voyant un navire entrer au port, elle est forcée de déménager pour ne plus subir cette vue ; telle autre est prise en regardant du quai un bateau quitter le port, ou encore en entrant dans un navire ancré immobile au port : l’appréhension, l’odeur du goudron, les récits des voyageurs suffisent à la rendre malade avant que le bateau ait fait aucun mouvement. À ce point de vue une des plus curieuses observations fut donnée parle noCTEUR SÉMANAS, il y a plus de cinquante ans (2). Nous la rapportons
en l’abrégeant :
1. S.-H. Nerman. Barnett. Sea sicknes, ils true cause and cure. London, 1907.
2, Un cas de vertige marin terrestre. (razette médicale de
Paris, 1850, p. 760,
LE Es
« Il s’agit d’un négociant de Lyon, qui, à l’âge de 15 ans, avait fait sur un vapeur la traversée de Bastia à. Toulon; et avait éprouvé un mal de mer des plus intenses. Un certain nombre d'années après, il se rend à Marseille. Là, le 24 septembre, il fait une visite de plusieurs heures à bord du Télémaque, il dîne au Prado à 4 heures, puis se promène pendant trois heures sur le bord de la mer, « par une brise fortement imprégnée d’odeur marine ». Or, la nuit du 24 au 25, vers dix heures, il se réveille en proie à un malaise indéfinissable avec vertige, vomissements, sueurs froides, anéantissement, eic. Deux heures après tout se termine par une selle diarrhéique et le malade s'endort profondément. |
Le 95, il déjeune de fort bon appétit, s’abstient d'aller sur le bord de la mer et fait une excursion dans la campagne , le soir, il dort d'un « sommeil parfait et ininterrompu ».
Le 26, il se promène de nouveau plusieurs heures près de la mer et prend son repas à la Réserve: dans la nuit du 26 au 27, il se réveille vers minuit et souffre de la même indisposilion que l’avant-veille ; au bout de quatre heures, il se rendort profondément.
Le 27, il se trouve en bonne santé et a fort bon appétit.
Le 28, il visite le port de Marseille ; pour la troisième fois, il séjourne pendant plusieurs heures au bord de la mer, et, la nuit suivante, il éprouve, pour la troisième fois aussi, les mêmes symptômes douloureux.
Ce n’est pas tout : dans la soirée du 30, alors qu’il retournait à Lyon, il éprouva en chemin de fer, entre Marseille et Avignon, celle même indisposition dont il venait de souffrir déjà trois fois dans son lit,
Le D'Sémanas fut si frappé de cette observation, qu'il en conclut que le mal de mer est une intoxication analogue aux
grandes intoxications épidémiques, comme le choléra, la fièvre
Jaune, etc. « De même, dit-il, que le miasme palustre engendre la fièvre des marais, et le miasme urbain h fièvre typhoïde, de même le miasme marin fait naître cette affection endémoépidémique qu'on appelle le mal dé mer. »
À Le Lyonnais avait attrapé le miasme marin en se promenant au bord de la mer. Depuis, on a découvert le bacille de la fièvre typhoïde et l'hématozoaire de la fièvre paludéenne, et on ne croit plus aux miasmes ! ,
En 1904, le D: Bonnet (1) publie une observation semblable : « Une parenie devait séjourner à Marseille pendant deux jours avant de s’embarquer pour l'Algérie sur un paquebot à marche rapide. À peine descendue du train elle fut prise de vertiges, de nausées el de vomissements, elle avait déjà le mal de mer-rien qu’en y songeant : elle s’embarqua le jour même malgré la lenteur connue du navire en partance, prétextant qu’elle serait malade tout le temps de son séjour à Marseille, et qu’en partant de suite elle serait plus tôt débarrassée. »
Ces observations si typiques nous expliquent comment se produit la suggestion du mal de mer. Souvent le sujet a déjà éprouvé une naupathie somatique ; il en alappréhension. Par la suite il ne pourra plus voyager sans la ressentir. Il en est atteint sitôt embarqué, et ne la quitte qu’en débarquant, quelque temps qu'il fasse. Ilen arrive à être malade même quand la mer est d'huile, même au port. Méfiez-vous de ces fami-
liers de la naupathie, méfiez-vous de ces malades qui pré-
sentent les symptômes les plus accusés et les plus bruyants, .
ne vous laissez pas prendre à leur étalage dramatique, le plus
1. D' Bonnet d'Oran. Le mal de mer et la suggestion. Aevue de l’hypnotisme, octobre 1904, p: 121-127. Et du même auteur : Le mal del mer, ses causes, moyens de l’éviler, moyens de le combattre. Paris, 1907.
souvent il s’agit de mal de mer par suggestion. Il convient de rappeler ici l’obsérvation (1) du Dr J. Lamoureux, ancien interne des hôpitaux de Paris : « Il avait déjà navigué sans avoir jamais eu le mal de mer ; il fit une traversée par un gros temps, et fut pris d’une naupathie très violente. Depuis il y est très sujet et ressent des nausées, même quand il stationne sur un ponton de bateaux-mouches en Seine. Le mal de mer somatique réel qu'il a subi lui a procuré une suggestion inconsciente, dont il est victime depuis cette époque. Lui même, qui est très versé en psychologie, adopte franchement
cette explication. »
Une objection se pose, elle a été faite par le D'° Marcez Baunouin (2). Certains sujets pourraient être, en vertu d’un tempérament spécial, d’un mauvais état de l’estomac, ou d’une idiosynérasie particulière dont nous ignorons la nature, très sujets au mal de mer. Et ces maux de mer seraient réels, somatiques, ils n'auraient aucun rapport avec la suggestion. Il est fort possible, dit cet auteur, que la cause première, occasionnelle,ait élé un malde meréprouvé par gros temps, depuis cette première atteinte, le sujet est d'une susceptibilité extrême ; mais il ne doit pas confondre susceptibilité et suggestibilité, et encore faut-il, pour qu’il soit atteint, qu’il soit soumis à un balancement. Et le Dr Marcel Baudouin cite son
auto-obsérvation :
« Il ale mal de mer sur le bateau à l’ancre,au port,car un
tel bateau n’est jamais immobile, quoi qu’il le paraisse ; il l’a