D É G É X É R A T 1 0 K S SECONDAIRES
altérations régressives plus marquées dans la corne postérieure. L’état granuleux, puis les lésions des cornes postérieures, enfin celles du réticulum disparaissent à mesure qu’on s’élève (Ibid., p. 62).
Dans la substance blanche les fibres séparées de leur centre trophique dégénèrent. Les fibres centrifuges subissent la dégénération descendante, les libres centripètes la dégénération ascendante. La topographie de ces lésions secondaires est plus complexe qu’on ne le croyait naguère; pour la bien comprendre quelques mots sur l’anatomie de la substance blanche sont nécessaires (fig. 1).
La substance blanche est divisée par les sillons médians antérieur et postérieur en deux moitiés latérales symétriques. Chaque moitié est formée de trois cordons, un postérieur, limité en avant par le sillon collatéral postérieur, un latéral et un antérieur, dont la distinction est artificielle, et que nous réunirons sous le nom de cordon antéro-latéral.
Le cordon postérieur, entièrement formé par des fibres provenant des racines postérieures, centripètes, comprend deux faisceaux : l’un interne, faisceau de Goll(k), dont les fibres, à trajet très long, proviennent en majeure partie sinon en totalité des racines postérieures de la queue de cheval et des dernières paires lombaires, et se rendent dans la substance grise bulbaire; l’autre externe, appliquée à la corne postérieure, faisceau de Burdach, dont les fibres sont de deux ordres; les unes postérieures proviennent des
racines postérieures, les autres antérieures sont des libres commissurales unissant diflérents étages de la substance grise.
Fig. 1. — Schéma des cordons de la moelle.
A, cordon de Goll. — B, faisceau de Burdach. — C, faisceau cérébelleux direct de Flechsig. — D, faisceau antéro-latéral ascendant de Gowers. — E, faisceau pyramidal direct. — F, faisceau pyramidal croisé. - — G, faisceau intermédiaire de Lowenthal. — H. faisceau limitant latéral. — I, zone marginale.
Le cordon antéro-latéral contient des faisceaux ascendants et descendants. Les faisceaux ascendants sont : le faisceau cérébelleux direct ou de Flechsig (C)
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qui forme à la partie postérieure du cordon latéral une bandelette mince superficielle : ses fibres proviennent de la colonne vésiculeuse de Clarke, et vont jusqu'au bulbe pour aller se terminer dans le vermis superior du cervelet. Ce faisceau ne part guère que de la 9°, 10* ou 11e paire dorsale.
Le faisceau anlèro-latèral ascendant de Gowers (D) forme comme le précédent une mince bandelette à la périphérie de la moelle, allant de l’extrémité antérieure du faisceau cérébelleux direct jusqu’au niveau des racines antérieures. On le rencontre dans toute la hauteur de la moelle. Ses fibres proviennent des cellules, soit de la colonne de Clarke, soit des cornes antérieures. Elles remontent vers l’encéphale.
Les faisceaux descendants sont les deux faisceaux pyramidaux dont les fibres ont leur centre trophique dans l'écorce cérébrale, et à la partie inférieure du bulbe se séparent. Le faisceau pyramidal direct (E) continue sa direction primitive, s’étend le long du sillon médian antérieur, ne descend guère au-dessous de la région dorsale moyenne. Le faisceau pyramidal croisé (F) passe dans le cordon latéral de la moitié opposée de la moelle, forme un cordon arrondi volumineux situé en dedans du faisceau cérébelleux direct. Ces deux faisceaux mettent en communication les centres moteurs de l’écorce cérébrale (centre de volition) et les cellules motrices des cornes antérieures (centre d’exécution).
En avant du faisceau pyramidal croisé, Lôw
enlluil a décrit un faisceau intermédiaire (G) situé en dedans des faisceaux cérébelleux directs et de Gowers ; un certain nombre de libres aberrantes du faisceau intermédiaire semblent se mélanger aux libres de ces deux derniers faisceaux et peut-être à celles du faisceau pyramidal croisé. Ses fibres à trajet descendant proviendraient, d’après Marchi, du cervelet.
Enfin le cordon antéro-latéral contient des faisceaux mixtes, le faisceau limitant latéral { H), qui se moule exactement sur le bord externe de la colonne grise, et qui semble formé de libres commissurales trop courtes pour pouvoir présenter des phénomènes manifestes de dégénération, et le faisceau marginal de Lowenthal (I), qui dans le cordon antérieur occupe l’espace laissé libre par le faisceau pyramidal direct, et surtout la périphérie du cordon.
En cas de lésion transverse, on trouvera donc les dégénérations ascendantes suivantes (fig. 2) :
1° Dans le cordon de Goll, la dégénération est très étendue (A).
2° Dans le cordon de Burdach, la dégénération est peu étendue, et diminue de dehors en dedans et d’arrière en avant (B).
3° Dans le faisceau cérébelleux direct, par suite de l’obliquité de ses libres la dégénération ne se montre qu’à une certaine hauteur au-dessus de la lésion transverse (Marie) (G).
i° Dans le faisceau de Gowers (D).
5° Dans les libres ascendantes du faisceau marginal (E).
Les dégénérations descendantes occupent :
Fig. 2. — Schéma des dégénérations secondaires.
Les lettres majuscules indiquent les dégénérations ascendantes. Les chiffres indiquent les dégénérations descendantes.
A, cordon de Goll. — B, cordon de Burdach. — C, faisceau cérébelleux direct. — D, faisceau de Gowers. — E, fibres ascendantes de la zone marginale. — 1 et 2, faisceaux pyramidaux. — 3, faisceau intermédiaire et ses fibres aberrantes. — 4, fibres descendantes de la zone marginale. — 5, faisceau en virgule de Schultze.
1° Les deux faisceaux pyramidaux (1) et (2) ;
2° Le faisceau intermédiaire et ses libres aberrantes (3);
3° Les fibres descendantes du faisceau marginal (4);
En outre, d’après Schultze1, à la suite de compression, il pourrait s’établir dans les cordons postérieurs une dégénération en virgule, descendante, ne s’étendant qu’a 2 ou 3 centimètres de la lésion, et portant sur les branches descendantes de la bifurcation des libres des racines postérieures (a).
Régénération des éléments médullaires. — La guérison ou l’amélioration de certaines paraplégies ont fait admettre par certains auteurs la possibilité de la régénération des éléments médullaires. Nous avons montré que dans bien des cas la fibre nerveuse nullement altérée était prête à reprendre son fonctionnement si la compression venait à cesser, et que, même en cas d’altérations médullaires, le cylindreaxe conservait longtemps son intégrité. Enlin. même dans les cas anciens avec sclérose prononcée, Charcot 2 a démontré la persistance entre les faisceaux conjonctifs de nombreux tubes nerveux.
Altérations des nerfs rachidiens et de leurs racines. — Les altérations des nerfs rachidiens dans leur trajet intra-rachidien et de leurs racines sont de deux ordres, comme celles de la moelle : elles peuvent provenir soit de' la propagation du processus inflammatoire, soit de la compression.
Les lésions de propagation ne revêtent guère un