‹ Le mal de PottChapitre 31 sur 103 · ALTÉRATIONS DES RACINES · texte numérisé non relu

ALTÉRATIONS DES RACINES

caractère franchement tuberculeux que dans les ganglions spinaux. Les racines nerveuses en contact avec les fongosités de la pachyméniugite externe ou la paroi des abcès, englobées par ces tissus morbides ou baignant dans le pus, no présentent le plus généralement que des altérations inflammatoires simples de névrite interstitielle. Le tissu conjonctif, la névroglie qui sépare les faisceaux de tubes nerveux, se vascularisé, devient le siège d’une prolifération embryonnaire; on y trouve des noyaux et des cellules conjonctives jeunes. Le tissu enflammé peut plus tard se scléroser. A ces altérations enfin viennent se joindre celles de la névrite parenchymateuse, fragmentationet désintégration grau ulograisseuse de la myéline, etc. Michaud compare ces lésions des racines à celles qu’on rencontre dans l’ataxie locomotrice, seulement dans le mal de Pott elles atteignent non seulement les racines postérieures, mais aussi les antérieures.

Ces lésions correspondent à celles que nous avons rencontrées partout à la périphérie des foyers tuberculeux. Mais ici, par une exception digne de remarque, ce processus inflammatoire simple ne fait que bien rarement place au processus tuberculeux. « Le tissu des nerfs, dit Lannelongue, comme les parois des artères, résiste à l’infitration tuberculeuse. » Il n’en est pas de même des ganglions spinaux. En contact avec le tissu fongueux ou baignés par le pus, ceuxci se laissent envahir par les granulations tubercu-

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leuscs, augmentent de volume, puis se ramollissent et ne présentent plus dans leurs alvéoles que des amas granuleux jaunâtres ou de la matière caséeuse. L’existence de ces lésions semble correspondre surtout aux cas où on a constaté du zona.

Les lésions de compression des racines et des troncs nerveux sont fréquentes. Tout d’abord, il importe de l’établir, les vertèbres altérées, déformées sont rarement une cause de compression. Nous avons vu que les trous de conjugaison avaient leur diamètre peu ou nullement rétréci, et que dans tous les cas leur calibre était suffisant pour assurer le passage libre et facile des nerfs. Mais les fongosités, la paroi des abcès, les masses pachyméningitiques, les ganglions hypertrophiés, plus rarement une esquille, un fragment de séquestre peuvent comprimer les racines ou les troncs nerveux. Cette compression peut arrêter le fonctionnement physiologique des tubes nerveux, sans modifier leur structure. Plus prononcée, elle entraîne les lésions que nous avons énumérées à propos de la compression médullaire.

Névrite inflammatoire ou atrophie mécanique de compression, l’altération des racines ou des troncs nerveux entraîne parfois des dégénérations ascendantes de la moelle, et des dégénérescences descendantes progressives des nerfs, des dégénérescences des faisceaux musculaires à la périphérie (Kahler), des troubles vaso-moteurs, des troubles trophiques de la peau, ulcérations, eschares, etc.

AN \TOMIE PATHOLOGIQUE.

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