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être ancienne la lésion primitive. Mais, assez fréquemment, avant que se manifestent ces symptômes bruyants, on peut observer un ensemble de signes qui, pris isolément, paraîtraient obscurs, mais dont la réunion aide à faire le diagnostic précoce, d une si grande importance. Les principaux de ces signes sont la raideur musculaire, les attitudes particulières, les phénomènes douloureux spontanés ou provoqués.
Raideur musculaire. — De même qu’au début de la coxalgie, la lixalion musculaire du membre malade, la contracture des muscles avoisinant l’articulation lésée constituent le symptôme le plus important, de môme au début du mal de Pott, la contracture réflexe des muscles rachidiens fixant d’une façon plus ou moins complète un segment du rachis, la diminution ou l’abolition totale de la mobilité normale de ce segment forment le signe le plus certain de la tuberculose rachidienne commençante. Une certaine raideur dans la tenue du corps, au repos ou en marche, un éloignement anormal et inusité pour tous les jeux, tous les exercices violents, une difliculté marquée pour pencher le tronc soit en avant, soit latéralement, le geste de soutenir le buste avec les mains chaque fois qu’un mouvement du corps est nécessaire doivent attirer l’attention du médecin sur la possibilité d’un mal de Pott au début. De tous les mouvements du rachis, la flexion en avant est le plus difficile; veut-on faire pencher l’enfant en avant, on
observe que tout un segment du rachis reste indépendant du mouvement général de flexion, et que les apophyses épineuses de ce segment, au lieu de s’éloigner les unes des autres comme celles des parties voisines, conservent entre elles le même écartement. Si lenlant se baisse pour ramasser un objet sur le sol, au lieu de fléchir son rachis en laissant les membres inférieurs dans l’extension, il fléchit les hanches et les genoux, et s’accroupit amenant sa main auprès de l’objet qu’il veut atteindre, tout en laissant le rachis droit et immobile (fig. 3).
Cette raideur se reconnaît assez bien si on examine le dos de l’enfant en lui faisant exécuter les mouvements normaux du rachis. On peut aussi la rechercher en plaçant l'enfant à plat ventre sur une table, et en relevant ses pieds avec la main (fig. 4). Sayre fait étendre le malade à plat ventre sur ses genoux écartés, cherche par des pressions à apprécier la mobililé des divers segments, et fait enfin exécuter des mouvements de flexion et d’extension du rachis, sur les genoux du chirurgien servant de point d’appui.
Au cou, la raideur musculaire immobilise la tête dans une position plus ou moins oblique et peut simuler le torticolis. Si on dit au malade de regarder de côté, il se tourne tout d’une pièce, sans mouvoir le cou. A la région dorsale, par suite de la crainte instinctive des mouvements que le malade éprouve,
il respire par inspirations courtes, peu profondes et répétées, de façon à éviter les expansions étendues du thorax.
Fig. 4. — Recherche de la rigidité rachidienne.
La raideur est plus marquée, le matin au réveil, ou quand l’enfant est resté au repos ou étendu quelques instants : elle disparaît quand il est tenu debout et a marché un peu.
La découverte d’un segment du rachis immobilisé a pour le diagnostie précoce du mal de Pott une importance sur laquelle, à l’exemple du professeur Verneuil on ne saurait trop insister.