‹ Le mal de PottChapitre 46 sur 103 · I.E MAI. DK 1*0 T T · texte numérisé non relu

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autres, et formant, non pas une saillie angulaire, mais une sorte de courbe en anse dont nous avons examiné plus haut la formation.

Ces différences tiennent surtout au nombre des vertèbres disparues, sans que ce caractère soit absolument constant. Elles sont loin d’avoir l’importance diagnostique qu’on leur accordait quand l’unité du mal de Polt n était pas encore admise. Broca, par exemple, attribuait la gibbosité arrondie à la polyarthrite vertébrale, la gibbosité angulaire à la tuberculose des corps vertébraux, l'absence de gibbosité à la carie du rachis, et tirait de ces apparences des indications non seulement pour le diagnostic mais encore pour le pronostic.

En résumé, la gibbosité du mal de Pott est généralement médiane et postérieure et assez fréquemment anguleuse. Mais ces caractères peuvent être plus ou moins altérés, comme aussi la gibbosité peut manquer complètement.

Nous avons vu que dans certains cas la gibbosité se formait et augmentait d’une façon progressive. Au début on peut ne trouver qu’une très légère saillie d’une ou deux apophyses épineuses. Encore cette saillie passe-t-elle fréquemment inaperçue dans la station debout. .La flexion du tronc facilite beaucoup cette recherche, et il sera indiqué de faire courber le malade en avant, môme si ce mouvement présente quelque difficulté.

La gibbosité une fois établie n’est pas doulou-

SÉMÉIOLOGIE. — G l Hit OS I TÉ.

reuse, d’ordinaire. Quelquefois, dans sa période de formation, elle se montre sensible a la pression, surtout exercée sur les apophyses transverses, et on peut il son niveau constater quelque empâtement des parties molles.

Abandonnée à elle-même, la difformité a une tendance à s’accroître jusqu’à ce qu’arrive soit la mort, soit une guérison spontanée. Celle-ci, surtout dans la région dorsale, ne s’obtient que quand la gibbosité a parfois atteint déjà de grandes dimensions. Nous en avons étudié le processus avec l’anatomie pathologique.

Pendant l’évolution de ce processus, et même après qu’a été obtenue la guérison du foyer tuberculeux, si l’affection a débuté dans l’enfance ou l’adolescence, on voit se former au-dessus et audessous de la gibbosité des courbures de compensation . Les cyphoses normales s'aplatissent ou se changent en lordoses. Les lordoses sont exagérées. Si la gibbosité est latérale, les courbures de compensation se font dans les plans latéraux opposés et prennent une. certaine analogie avec les courbures scoliotiques.

Ces caractères se modifient suivant la région affectée. Au cou, l’angle de la gibbosité est en général fort peu accentué. Le cou est raccourci et comme élargi; la cyphose dorsale s’aplatit, tandis que la lordose lombaire s’exagère. La guérison spontanée ri’est pas très rare et laisse peu de difformité.

La gibbosité dorsale supérieure est très marquée et forme un angle très saillant. Le sternum en même' temps est abaissé, les côtes ont un trajet descendant oblique, le thorax est aplati latéralement, et la forme de poitrine ainsi obtenue {pigeon- breast des auteurs anglais) ressemble assez exactement à celle qu’on rencontre dans le rachitisme grave. On peut même, dans certains cas, voir les cartilages costaux faire de chaque côté du sternum déprimé un angle plus ou moins saillant.

La gibbosité des régions dorsales médiane et inférieure est différente : bien que la saillie des apophyses épineuses soit très apparente, ^'inclinaison moindre des segments rachidiens lui donne un aspect plus localisé, moins étendu. Le thorax, très raccourci dans son diamètre vertical, est globuleux.

Dans les deux cas la lordose cervicale est augmentée. La tête est portée en arrière. La face dirigée en haut et en avant subit, surtout dans sa partie inférieure, une modification de forme, et prend une expression caractéristique. La lordose lombaire est également exagérée.

Dans le mal de Pott lombaire la courbure représente un arc d’un rayon souvent plus allongé que dans les autres régions. Le raccourcissement en hauteur du tronc est assez marqué. Si on examine le sujet nu, on voit que ce raccourcissement est causé par la disparition de la paroi abdominale, que le rebord

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des fausses côtes se rapproche des épines iliaques antérieures, et que les téguments abdominaux forment un pli plus ou moins profond. Au-dessus de la lésion, par suite de l’aplatissement ou de l’interversion de la cyphose dorsale, tout le rachis constitue une courbe unique, convexe en avant.

On entend quelquefois, en auscultant la gibbosité lombaire, un bruit de souffle signalé par French. R. Sayre dit ces souffles rares. Il les attribue à une légère compression de l’aorte abdominale par la déviation rachidienne ‘.

La tuberculose siégeant dans le corps de la dernière vertèbre lombaire et ayant envahi et détruit le disque interposé entre cette vertèbre et le sacrum, et les articulations des apophyses articulaires, peut amener au lieu de gibbosité un glissement en avant de la dernière vertèbre qui vient faire saillie dans le détroit supérieur; la lordose lombaire est exagérée et compensée par une augmentation de la cyphose dorsale. Cette affection, décrite par Kilian2 sous le nom de spondylolisl h és is , est considérée par Hergott3, Brodhurst4 et Hirigoyen °, comme relevant de la lu-

). French. Alumni Soc. of Bellevue hosp. New-York med. J., 1888, 11 février. Discussion par R. Sayre.

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