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symptômes sensibles qui deviennent l'indice d’une lésion profonde.
La sensibilité peut être atténuée, troublée ou abolie dans ses différentes modalités.
La sensibilité tactile est le plus souvent seule intéressée; ordinairement diminuée, elle est rarement abolie d'une façon complète. Quelquefois sa transmission subit un retard plus ou moins notable, que Cruveilhier déjà avait signalé, et qui peut aller jusqu’à trente secondes entre le moment de l’excitation périphérique et celui où la sensation est perçue. 11 peut y avoir aussi de l’hyperesthésie. Enfin les sensations peuvent être perverties, et un simple contact sera ressenti comme une brûlure, une piqûre, comme un fourmillement. Charcota signalé commefréquente une forme de dgsesthésie par suite de laquelle les moindres excitations donnent naissance à une sensation très pénible, toujours la même, où domine un sentiment de vibration douloureuse. Les vibrations partent du point traité, rayonnent à la fois vers la racine et l’extrémité du membre, et peuvent durer plusieurs minutes. Au bout de quelque temps une sensation analogue peut même apparaître sur le membre opposé, au point symétrique (sensations associées).
L'analgésie est très rare. La sensibilité thermique est affectée plus fréquemment. La distinction entre le froid et le chaud devient difficile ou impossible, ou donne lieu à des erreurs constantes.
La périr, du sens musculaire peut s’ajouter à l’excitabilité réllexe et à l’épilepsie spinale pour amener de l’incoordination motrice et des troubles de la marche.
Enfin la lésion médullaire peut réagir sur l’encéphale et produire des crises épileptiformes par suite soit d’une simple irritation, soit d’une dégénéralion ascendante.
Les symptômes que nous venons d’énumérer se groupent diversement suivant le siège de la compression. Ils peuvent môme, pour certaines régions de la moelle, se compliquer de signes exceptionnels. En exceptant le mal sous-occipital que nous étudierons à part, nous allons passer en revue ces différentes localisations.
Région cervico-dorsale supérieure. — Les symptômes extrinsèques jouent ici un rôle considérable. ’ La compression des nerfs cervicaux peut donner lieu à des phénomènes sensitifs, moteurs et trophiques. Laissons de côté les trois premières paires cervicales qui ne sont intéressées que dans le mal sousoccipital et dont nous aurons à reparler plus loin. La quatrième paire entre dans la formation du plexus cervical. Elle forme avec la troisième une arcade d’où partent les branches sus-claviculaire et susacromiale. La compression de ces racines donnera des troubles sensitifs, pseudo-névralgies, anesthésie ou anesthésie douloureuse dans les régions sus-sternale, sternale supérieure, sus et sous-clavicu-
laire, la peau qui recouvre le grand pectoral jusqu’au mamelon, et les parties antérieure et externe de l’épaule. Ceux-ci peuvent s’accompagner de troubles trophiques dans la môme zone.
Les nerfs phréniques naissent par trois racines partant des troisièmes, des quatrièmes et des cinquièmes paires cervicales. La compression de ces trois paires pourrait entraîner une gêne respiratoire, voire même la paralysie du diaphragme. Faucon et Lavrand (de Lille) 1 ont vu dans un cas de mal cervical supérieur des accès de dyspnée avec cyanose céder à l'application d’un corset de Sayre avec jurijmast.
Leroy-Hubbard à l’Académie de médecine de New- York (16 novembre 1894.) a rapporté une observation analogue et deux cas suivis d’autopsie.
Les branches antérieures des quatre derniers nerfs cervicaux et du premier dorsal forment le plexus brachial. Leur compression amènera des troubles sensitifs, et quelquefois trophiques dans tout le territoire des branches cutanées de ce plexus, c’est-àdire dans toute l'épaule et le membre supérieur. Les troubles moteurs, lorsqu’ils existent, peuvent être diffus et atteindre les différents muscles innervés par le plexus brachial. Ils peuvent présenter des localisations assez particulières. C’est ainsi que la tuberculose des cinquième et sixième vertèbres cervi-