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I. Charcot. Mal. du sysl. nerv., II, p

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i i talion des racines rachidiennes et des troncs originels donne lieu : à des troubles douloureux spé-

ciaux désignés sous le nom de pseudo-névralgies ; 2° à des troubles de la motilité dans les muscles innervés par les nerfs issus des racines ou des troncs altérés; 3° à des troubles trophiques.

Les pseudo-névralgies dépendent de la compression simple, mais plus souvent de l’envahissement tuberculeux des racines et des troncs originels. Aussi les douleurs sont-elles analogues à celles des névrites. Elles sont généralement précoces et précèdent de loin les signes spinaux proprement dits. Elles consistent en douleurs vives, souvent très précoces, locales et s’irradiant le long du trajet des nerfs périphériques constitués par les filets des racines ou des troncs intéressés. Ces douleurs sont presque toujours bilatérales et symétriques. Elles diffèrent des névralgies ordinaires, a frigore ou traumatiques, en ce que sur le trajet des nerfs intéressés il n’existe, à la pression, aucun point douloureux. On trouve aussi des douleurs en ceinture, intercostales ou abdominales, des douleurs s’irradiant dans les membres supérieur ou inférieur, des sciatiques doubles, etc.

Parfois à ces douleurs sur le trajet des troncs nerveux se joint de l’hyperesthésie du territoire cutané innervé par eux. Spontanément ou au moindre contact, s’éveillent des douleurs vives, intolérables. Quand la lésion est plus avancée, cette hyperesthésie

SYMPTOMES M É D U L L A 1 HES.

fait place à de l’anesthésie cutanée qui contraste avec les douleurs pseudo-névralgiques persistant profondément. Ce contraste mérite le nom d’cmesthesie douloureuse.

Les troubles moteurs et surtout la paralysie sont exceptionnels. Cependant la compression des racines peut amener la paralysie de groupes musculaires limités. Plus souvent la névrite tuberculeuse entraîne des contractures.

Les troubles trophiques portent soit sur les muscles, soit sur la peau. L'atrophie musculaire peut se montrer même sans paralysie, et, suivant Benedikt1, on peut voir dans ces cas la contractibilité électrique conservée en même temps que la sensibilité électrique est accrue, particularité qui semble prouver que l'atrophie musculaire est bien la conséquence d'un travail d’irritation (Charcot).

Le plus souvent les muscles paralysés présentent la réaction de dégénérescence et subissent une atrophie rapide avec perte des réflexes. (Lorenz, loc. cit. p. 629.)

Les troubles trophiques cutanés sont assez fréquents, zona, bulles pemphigoïdes, petites eschares dermiques, etc.

Signes intrinsèques . — Les signes intrinsèques ou spinaux proprement dits relèvent de la compression de la moelle, des altérations transversales atteignant

\. Benedikt. Éleclrothérapie, II, p. 316.

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LE MAL DE l’OTT.

les centres et les conducteurs médullaires, et des dégénérescences ascendantes ou descendantes. Ils comprennent des troubles de la motilité et de la sensibilité dont l’ordre d’apparition est variable et mal déterminé; ces signes sont en général postérieurs aux signes extrinsèques.

Les troubles de In motilité sont les plus importants. Ils apparaissent souvent les premiers, et dans bien des cas ne s’accompagnent d’aucun trouble de la sensibilité. Ils sont toujours plus prononcés que ces derniers, ce qu’on s’explique facilement si on songe que pour la moelle comme pour les nerfs périphériques, les fibres sensitives résistent mieux à la pression que les filets moteurs. Peut-être aussi la situation postérieure des libres sensitives les expose-t-elle moins à la compression exercée par la pachyméningite tuberculeuse généralement antérieure.

Ces troubles sont constitués par une paralysie motrice, qui peut aller de la parésie la moins prononcée jusqu’à la paralysie complète, les caractères de cette paralysie variant suivant qu’elle est due aune simple compression ou à des altérations, et suivant la nature ou le siège de ces altérations.

La simple compression du faisceau pyramidal du cordon latéral donne une paralysie plus ou moins complète, mais flaccide: en imprimant au membre des mouvements passifs, on n’éprouve aucune résistance. Mais bientôt ces faisceaux deviennent irritables, s’enflamment, sont envahis par la dégénérés-

TROUBLES DE LA MOTILITÉ. t()7

cence descendante, et la paralysie flaccide fait place à une paralysie spasmodique avec contractures. On voit alors survenir des secousses douloureuses, des crampes, des rigidités temporaires, qui ne tardent pas à aboutir à des contractures toniques, permanentes. Le type de ces contractures, surtout au début, est assez constant pour les membres inférieurs. Le malade étant couché, ses extrémités inférieures sont allongées, raides, parfois avec abduction ou adduction, la hanche et les genoux en extension, et les pieds ordinairement en équin. Pour faire céder cette extension et mettre le membre en flexion, il faut une force assez grande. Plus tard on observe des contractions cloniques des fléchisseurs : la moindre cause, un contact léger, le'poids des couvertures, etc., amènent des tentatives douloureuses de flexion. Celle-ci finit parfois par l’emporter, et à l’extension succède une contracture tonique et permanente en flexion qui peut acquérir un degré extrême, les genoux se serrant l’un contre l’autre et les talons venant au contact des fesses.

Aux membres supérieurs le type de flexion est plus fréquent. La flexion peut occuper le coude et les doigts : quelquefois il y a simple flexion des doigts sans rigidité dans le coude; le coude peut aussi être fléchi avec les doigts étendus. Le type d’extension, exceptionnel, se combine généralement avec la pronation.

Dans les cas, où la paralysie dépend seulement

d une interruption des conducteurs, sans lésion des centres, la contractilité électrique persiste dans les muscles qui ne subissent pas d’atrophie. Les réflexes sont exagérés. Si on cherche relever brusquement le bout du pied, on obtient de la trépidation épileptoïde de tout le membre.

Si le malade peut encore marcher, ou s’il recommence à marcher, la démarche en raison de cet état spasmodique, de cette excitabilité réflexe, prend des caractères spéciaux. Le malade marche lentement, ses pas sont raccourcis; des mouvements brusques de flexion le font irrégulièrement stepper; une adduction exagérée accole ses cuisses et lui fait croiser les genoux. Pour élargir sa hase de sustentation il cherche à écarter les jambes, et cependant finit par ramener les pieds l’un vers l’autre, au point de les croiser.

Si la paralysie est due à une altération des cellules de la substance grise, à une lésion des centres spinaux (situés pour le membre inférieur dans le renflement lombaire), la paralysie reste flaccide : il n’v a pas de contractures. Les réflexes sont abolis, les muscles donnent la réaction de dégénérescence et s’atrophient très rapidement. 11 faut noter cependant que si la lésion a pour siège le renflement cervical, cette paralysie flaccide' ne persiste que pour le membre supérieur, la paralysie flaccide, pour le membre inférieur, par suite de la dégénération descendante, se transforme vite en paralysie spasmodique.

TROUBLES TROPHIQUES.

Enfin, en même temps que ces phénomènes paraplégiques, on peut voir survenir des troubles parétiques ou paralytiques de la vessie et du rectum.

Troubles vésicaux. — Ces troubles, en général peu marqués, consistent en incontinence ou rétention d’urine. Charcot s’appuie sur la théorie de Budge pour expliquer ces différences par le siège de la lésion. Si on admet que les seuls vrais sphincters de la vessie soient les muscles uréthraux et que la tonicité de ceux-ci, due à un réflexe ayant pour arc eisodique les nerfs vésicaux centripètes et pour arc exodique les 3°, 4e et oe paires sacrées, ne cède que sur l’intervention de la volonté, on comprendra que toute lésion siégeanL au-dessus de la région dorsale moyenne interrompra l’action de la volonté, et laissera le réflexe subsister seul, d’où rétention. Si la lésion siège plus bas, l’acte réflexe sera supprimé, d’où incontinence.

Troubles rectaux. — Ils sont analogues aux troubles vésicaux. Il y a, soit de la constipation par paresse des muscles rectaux, soit incontinence par paralysie du sphincter anal.

Troubles trophiques. — Du coté de la peau, on observe les signes de çjlossy skin. La peau est sèche, écailleuse, mince et luisante. Elle peut présenter des bulles de zona, ou de pemphigus, et de petites eschares. Le tissu cellulaire sous-cutané est épaissi, œdémateux.

LL MAL UE P U TT

Du côté des articulations on voit assez rarement des troubles signalés par Mitchell, étudiés par Charcol, Vincent et Talamon, et présentant deux formes distinctes : 1 arthralgic et l’arthrite ou arthropathie exsudative.

L'arlhralgie est purement douloureuse. La douleur, spontanée et survenant en dehors de toute pression, de toui mouvement, occupe toute l’articulation, les deux genoux en général, plus rarement les cous-de-pied. Parfois, il n’y a qu’un point limité périarticulaire.

L’arthropathie exsudative consiste en un épanchement analogue à celui de l’hydarthrose, fort peu abondant, presque indolent, et qui, en général, se résorbe assez vite.

Troubles de la sensibilité. — Les symptômes intrinsèques afférents à la sensibilité sont surtout des troubles de transmission. Ils sont plus tardifs que les troubles de la motilité, et leur pronostic est plus grave. Althaus ’ admet dans le mal de Pott trois degrés de compression médullaire. Le premier n’amène qu’un déplacement du liquide céphalo-rachidien et ne se traduit par aucun signe. Le second inléresse les faisceaux blancs surtout antérieurs, d’où paraplégie, sans perte de la sensibilité ni modification des réflexes. Au troisième, on constate, en même temps que les troubles des sphincters, les

1. Althaus. Centralblatt. f. Nervenheilk., 1887, sept., n" 9.

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