LR RETOUR DE L'ENFANT PRODIGUE
anxiété et étaient venues au Wulfhof pour apprendre ce gui s'était passé.
Géle^ marchait d'un pas chancelant au bras de sa tante ; la jeune fille effrayée était pâle et des larmes in<»idaient ses joues. Deyant la porte de Técurie se trouvait Barbe qui, à la vue des larmes de Céleste, leva les mains au ciel de compassion et s'écria :
— Pauvre demoiselle, comme elle est malheureuse î En ce moment Daniel et l'intendant parurent dans la
cour...
Céleste s'arrêta trembla;nte ; Daniel, profondément ému, retint également son pas.
Des yeux de tous deux rayonnait un pénétrant regard; sur les deux visages apparut un sourire d'une indicible douceur, et, — comme si leurs âmes, avec la rapidité de l'éclair, avaient échangé l'assurance d'un éternel amour, — des deux poitrines s'échappa un cri de triomphe, et, ouvrant les bras, ils coururent au-devant l'un de l'autre et tombèrent, poitrine contre poitrine, dans une longue étreintOt
— Céleste 1
— Daniel!
-^ Ma femme !
— Mon époux I retentissait-il dans la cour. L'intendant pressa la main de madame de Berg dans
la sienne et dit d'une voix altérée ;
3lt LE MAL DU SIÈCLE.
— Âh ! chère amie, je succombe à la bienheureuse émotion. Réjouissez-vous, nous sommqs récompensés.
Barbe était devant la porte de Técurie à battre des mains et à danser comme un enfant en s'écriant :
— Hourra! hourra! mademoiselle Céleste va aussi se marier : je ne serai pas seule heureuse !