LB RETOUR DE L'ENFANT PRODIGUE
conguîse , de ta réconciliation avec les hommes. Hélas, je me suis trompé 1 le doute habite encore ton cœur.
— Non, non^ s'écria le *jeune homme eSi^ayé de cette accusation, je crois, j'ai confiance, toute incertitude a disparu de mon esprit.
— Pourquoi ne le prouves-tu donc pas?
— Qu'exigez-vous? Que dois-je faire, Willibald?
— Il faut te livrer sans résistance au bonheur que le ciel t'offre et ne pas gâter ton salut par les hésitations de l'orgueil. Tu dois, avec une fervente reconnaissance, accepter la main de celle que Dieu t'a destinée pour épouse ; la respecter, Taimer et la récompenser de son amour.
Daniel luttait encore contre l'idée de devoir parait^ en la présence de Céleste. C'était un sentiment de honte qui le troublait.
— Tu peux me prouver, Daniel, que tii as triomphé du doute, ïteprit l'intendant. Josse est venu m'annoncer chez Céleste ton retour au Wulfhof. Ton émotion, ta pâleur, tes paroles étranges avaient effrayé le pauvre garçon. Il me parla d'un malheur qui pouvait arriver et me supplia de courir au Wulfhof pour empêcher la catastrophe, s'il en était encore temps. J'ai quitté Céleste au moment où un torrent de larmes jaillissait de ses jeux, où elle remphssait sa demeure de ses
310 LE MAL DU SiiOLS-
cris d'angoisse et où elle allait cléfaillir d'époufinle. Songe à ce qu'elle doit sou£Erir daoB sa mortelle incertitude sur ton sort I sonde sa douleur, vois-la Irémir de crainte qu'on vienne lu! dire ; Daniel n'est plus sur la terre 1 Sais-tu ce quiserait un acte de reconatiâsance, de justice et d'amour? Sais^ comment tu pourrais me prouver que la foi, le courage et le vrai sentiment du bien sont vraiment revenus en toi ? Dis-moi qu'à Tinstant tu veux aller trouver Céleste ^ diâknKH que tu ne connais ni Timmiliation ni la honte quand il B'a^ d'abréger de pareilles douleurs» 0 Daniel I je t'en conjure, n'hésite pas 1
~ Allons ! allons J «'écria la jeune honame, Je nm soumets ; s'il y a quelque chose dans mon iadigoilé qui m'humilie, Tamour àe Céleste m'élèvera à mes propres yeux. Allons^ mon généreux aw, £aites à votre volonté*
Le vieux Willibald leva les yeux au câel et s'écria avec une joie triomphante :
— Béni, béni soit le Seigneur^, Tesprit ^ deate egt vaincu !
Et, saisissant la main du jeune homnae, il Tattii» ViOrs de la chambre et descendit i la hâte Avec lui les iscaliers.
Justement en ce moment Céleste et sa tante ^ppa* raissaient sous la grande porte : sans daiMe les deux femmes n'avaient ^m résister jdjis lo^gteiDi^ A les» -