‹ Le mal du théatreChapitre 34 sur 47 · THEATRES INCENDIÉS · texte numérisé non relu

THEATRES INCENDIÉS

Bien que M.'Berthelot ait prétendu que les théâtres sont faits pour brûler, les incendies de salles de spectacle sont assez rares. Cela prouve que Ton pourrait parfaitement prendre des mesures pour les conjurer à peu près complètement.

Il y a donc, pour éviter tout danger de feu , des mesures à prendre. Aucun motif n'est assez puissant pour relever les directeurs de théâtre de l'obligation de ces précautions indispensables.

Il y a une commission d'hygiène et de salubrité qui veille à Paris sur les logements et les garnis. L'État et les municipalités ont tout aussi bien le droit de

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veiller à la sûcurité des spectateurs dans les salles (Je spectacle qu'à la santé des citoyens dans leur domicile privé.

Nous reviendrons plus loin sur le rôle de la commission d'incendie, mais nous devons constater ici que certains journalistes inféodés aux théâtres ont raillé à tort et à travers les travaux de cette commission. Le colonel des pompiers, par sa rare franchise, s*est attiré des plaisanteries faciles. M. Francisque Sarcey, dans une campagne absolument impopulaire, s'est efforcé de démontrer que nous devons griller à la comédie comme des marrons sur une tôle à trous.

Ce critique influent, qui éprouve sans cesse le besoin de se mettre en scène, prétend que les consignes sont faites pour être violées.

Il nous en donne un exemple à l'appui.

J'avais lu quelque part, nous dit-il en substance, que Ton deviendrait maître du feu, dans toutes les maisons, si Ton avait

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soin de tenir en permanence, à chaque étage, un balai trempé dans un seau d'eau. Je fis installer le balai et le seau. Au bout de quinze jours, plus de balai. Au bout d'un mois, plus de seau...

On fît dans la maison du critique, des gorges chaudes sur la « précaution inutile. » Le sous-sol de l'hôtel de la rue de Douai était peuplé de Beaumarchais en tablier blanc!

M. Sarcey est incontestablement dans son droit absolu. S'il brûle, c'est son afTaire.

Personne ne peut l'obliger à astreindre ses gens à une consigne régulière. La question est tout autre pour un directeur. Ses acteurs ont le droit de brûler les planches. Il n'a pas le droit de brûlerie public.

Si les ordonnances de police lui prescrivent tout un ensemble de précautions, il doit se tenir en règle ou fermer boutique. En cas de négligence, il s'expose à des contra-

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ventionsetassume de lourdes responsabilités.

M. Sarcey peut se livrer chez lui à toutes les imprudences, il n'expose que lui. Un imprésario n'a pas le droit d'exposer la vie de gens qui ont payé très cher le droit d'occuper de fort mauvaises places. Sans doute nous n'avons pas à enregistrer tous les mois l'incendie d'un théâtre, mais l'Opéra a été incendié plusieurs fois, et la salle Favart a été deux fois la proie des flammes. Il en a été de même de l'Odéon.

Ces sinistres causent presque toujours d'effroyables malheurs. Nous ne voulons pas remonter à des dates trop lointaines... Rappelons que l'on a compté 8 morts, i 4 blessés, ù l'incendie du théâtre des Arts, à Rouen, et que l'on a ramassé 70 cadavres dans les décombres du théâtre de Nice.

La catastrophe du Ring - Thea^er y de Vienne, a fait plus de 200 victimes. Il y a eu procès. Le directeur de ce théâtre subven-

".* liB i|#^*^i; THÉÂTRE

>, fibrine, M. Jauner, a été condamné à 4 mois de prison, et son chef-machiniste à 8 mois de la même peine.

On voit par ce précédent qu'il existe des responsabilité.

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