LES RESPONSABILITÉS
Nous arrivons à la partie la plus délicate de ce travail. Nous Tabordons avec la plus grande impartialité, dans un esprit de justice et de modération.
Ge qu'il faut rechercher avant tout, c'est Texacte répartition des responsabilités.
La première enquête doit porter sur la cause initiale de Tinccndie. Il est en effet superflu de démontrer qu'il n'y aurait point eu de feu, s'il nV avait point eu d'étincelle.
C'est Tenquete de M. Guillot, juge d'instruction^ qui doit conclure sur ce point.
Il importe d'établir, par tous les moyens et par l'examen le plus minutieux, si le feu
s'est déclaré par Suite de ta négligence du j^bQTsonnel ou par suite du délabrement de^ quelque pièce appurleiiuiit au matériel de l'exploitation. /y f".
L'administration de i'Opéra-Comique ne doit être rendue responsable que d'un acte de négligence. Il serait de toute injustice, par conséquent, de lui faire un crime d'un de ces accidents que ia prudence humaine ne peut prévoir.
Klle doit être ensuite rendue solidairement responsable avec les autorités chargées du contrôle de tous les manquements aux ordonnances prescrites pour écarter tout danger de feu.
Là s'arrêtent les responsabilités de lu direction d'une scène subventionnée.
Après l'enquête sur les causes de l'incendie, dont M. le juge d'instruction Guillota été chargé, il en reste une seconde à pour-
3i2 LE MAL DU TUÉATHE'
Un incendie ayant éclaté dans le théâtre de rOpéra-Comique, ce théâtre se trouvé-t-il en règle avec les ordonnances formulées en vue d'assurer la sécurité du public ?
Les prescriptions du service d'ordre ontelles été observées ?
Le théâtre se trouve-t-il dans l'état exigé par les règlements?
Ici, la préfecture de police et le corps des pompiers se trouvent directement mis en cause.
Pour le reste, commence la responsabilité de rÉtat qui — ne l'oublions pas, — était maître absolu de lu salle de la rue Favart.
RESPONSABILITÉ DE M. GARVALHO
La responsabilité de M. Carvalho est loin d'être légère, mais elle est la plus difficile à démêler et à définir.
Nous ne pouvons nous faire ici l'écho de racontars et de révélations plus ou moins
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exacts ({^éfîes joùrmux ont accueillis dans rafiyiêïfient de la preniière heure. *•*
*^"*^^i|fobs devons nous borne^^à rap^§r que plusieurs alertes ont préd^^J'incppitWe du théâtre et qu'il y a eu, danslif^'âccidents si-
I» gnalés par la presse, un commencement de
preuve pour Tinstruction.
Nous rappellerons également que le préfet de police, M. Andrieux, au lendemain de l'incendie du théâtre de Nice, répondit à un sentiment d'inquiétude générale en imposant aux directions parisiennes certaines mesures de prudence.
11 y a dans l'ordonnance du 16 mai 1881 — qui n'a jamais été rapportée — un certain article 16 qui prescrit de rendre les décors ininflammables au moyen d'une prépation spéciale bien connue.
Ce même article dispose qu'avant leur mise en service les décors seront essayés, au point de vue de l'inflammabilité, devant la
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commission des tbéfltresy qui visite les thé&tres une fois par mois. Cette commisûoa est composée d'un officier de pompiers, d'un architecte de la préfecture et du commissaire de police du quartier.
Afin de bien assurer l'exécution de cette mesure concernant Tininflammabilitédes décors, Tarticle 16 ajoute que ces essais seront renouvelés tous les six mois au moins et constatés chaque fois par l'apposition d'un cachet sur différents points.
Aucun atelier ou magasin quelconque ne peut être établi dans les parties des théâtres constituant la salle, la scène ou leurs dépendances. Le magasin de décorations et accessoires doit être établi hors de l'enceinte du théâtre. Il ne peut être conservé dans cette enceinte que les décorations et les acccessoires indispensables au courant des représentations. Enfin aucun magasin d'artifices, aucun dépôt de substances explosibles quel-
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conques ne plf^ ^ans le théâtre/
CJ^I' principalement sur ces points que doit être fixée la responsabilité d^.^. Carvalho. Il tombe sous le droit commun sur ces questions, et il ne peut se dérober en prétextant qu'il n'a point été contrôlé.
Nul n'étant censé ignorer la loi, et M. Carvalho moins que tout autre en pareille matière, autant vaudrait prétendre que tout citoyen a le droit de commettre des délits, dès que la gendarmerie ne lui a pas mis la main au collet.