‹ Le mal français 1514Chapitre 15 sur 27 · V. note XVII · texte numérisé non relu

V. note XVII

Pr. Pilules de mastic,

Pilules de hière ou pilules de huit, Pilules de fumeterre d’Avicenne,

Troisième indication : résoudre et expulser la matière conjointe1. — On satisfait à cette dernière indication par la mise en œuvre d’une série d’agents topiques dont le choix est subordonné à l’âge et aux périodes de la maladie.

Parlons d’abord des accidents initiaux du mal, c’est-à-dire de ces boutons ulcérés qui se développent le plus habituellement sur la verge à la suite de la contagion et qui sont les effets directs de la cause primitive2.

Il importe que ces boutons soient attaqués sans retard par un remède violent, capable de les tuer sur place, d’en éteindre la malignité et d’enrayer la diffusion imminente de leur venin dans toutes les parties de l’organisme. — (Une telle pratique, remarquez-le bien , ne convient qu’aux lésions initiales de la maladie. Elle n’aurait plus raison d'être si on l’appliquait aux lésions consécutives du même mal dérivant d’une cause antécédente. Pour ces dernières il est de règle, dans un traitement méthodique et rationnel , que l’action des remèdes topiques soit toujours précédée d’une purgation générale. )

i. C’est-à-dire la matière propre du mal français, la « cacochymie » spécifique, surajoutée à la cacochymie antécédente ou personnelle, antérieure à l’infection.

•2. Est-il besoin de faire remarquer que les accidents dont il est ici question répondent à ce que nous appelons aujourd’hui le chancre?

Quel remède choisir pour attaquer et détruire

les lésions initiales du mal français? Parmi tous

les topiques qui châtient et cautérisent sans douleur les plaies de mauvaise nature, je crois devoir donner la préférence à ma poudre dite Pulvis carnis superjluœ remotivus (Poudre destructive des chairs exubérantes1). Cette poudre, en effet, a pour propriété de corroder et de détruire toute espèce de pustules et d’ulcérations malignes. Elle jouit d’une grande efficacité contre les accidents de cette nature qui dérivent du mal français. Elle présente de plus ici cet inestimable avantage de tuer sur place, pour ainsi dire, le venin des pustules ou des ulcérations qui procèdent de ce mal, de purger les parties malades des humeurs malignes qui les imprègnent et d’y provoquer une digestion locale essentiellement favorable à la guérison2.

La partie malade une fois détergée de la sorte, j’ai recours à un incarnatif de sarcocolle et de myrrhe. Enfin, j’achève la cicatrisation avec l’onguent de minium3 et des lotions d’eau alumineuse.

1. Poudre obtenue en distillant à deux reprises de l’eau régale sur du mercure métallique, et en calcinant ensuite le résidu pulvérulent de ces deux opérations. - « C’est là, dit Vigo, un caustique merveilleux, c’est là le roi des caustiques... Il m’a valu grands honneurs et grands profits... Il n’est pas d’ulcère dont il ne corrige la malignité... 11 détruit et cautérise sans douleur. .. C’est aussi un incarnatif puissant, qui conduit rapidement à cicatrisation les plaies de tout genre, etc. . »

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