V. note XXXI
d’arsenic. L’un et L’autre de ces moyens réussissent à merveille à tuer sur place ces pustules ulcérogangréneuses. •
On aura soin, dans les cas de ce genre, de faire pratiquer des onctions sur la verge avec un Uniment composé d’huile rosat, de blanc d’œuf et de suc de plantain ou de morelle. Une autre précaution non moins importante sera de protéger les parties voisines contre l’invasion des matières morbides venant de la verge. Dans ce but, on couvrira la région pubio-pectinéale de compresses imbibées de vinaigre et d’eau de roses.
Il se produit souvent, comme complications de ces pustules ulcéro-gangréneuses, deux accidents très-graves qui ne laissent pas de créer au chirurgien des embarras sérieux: ce sont, d’une part, des hémorrhagies abondantes1, et, d’autre part, l’extension de la maladie au ligament de la verge2.
1. Il n’est pas très-rare, en effet, que les ulcérations profondes du gland , soit primitives, soit consécutives à des gangrènes ou à des cautérisations énergiques, deviennent la source d’hémorrhagies plus ou moins intenses. Ces hémorrhagies, comme le dit notre auteur, « créent parfois au chirurgien des embarras sérieux », parce qu’il est très-difficile soit de les arrêter, soit d’en prévenir le retour. J’ai vu plusieurs cas de ce genre dans lesquels les malades perdirent des quantités énormes de sang, tous les moyens hémostatiques restant impuissants, pendant un temps plus ou moins long.
2. Ce que les anciens appelaient le ligament ou les ligaments de la verge répond à ce que nous nommons
Le premier de ces accidents sera combattu tout d’abord par l’ensemble des moyens qui sont d’un usage commun dans le traitement des hémorrhagies. Si ces moyens ne réussissent pas à arrêter le sang, il faudra se résigner (bien qu’une telle opération soit assez délicate et laisse à sa suite d’ineffaçables stigmates), il faudra, dis-je, se résigner à inciser la peau de la verge pour aller à la source de l’hémorrhagie. Gela fait, on appliquera sur la veine un hémostatique approprié. Si le sang sourd de parties sphacélées, on aura recours, soit au cautère actuel , soit à l’onguent égyptiac, soit à notre poudre dite Pulvis carnis malœ remotivus , soit encore aux trochisques de minium... Si les escarres sont détachées, on prescrira au contraire les incarnatifs, et plus tard les cicatrisants.
Second accident: l’extension de la maladie au ligament de la verge est particulièrement redoutable, en ce que parfois elle se propage jusqu’à la région pectinéale. Il m’a fallu plusieurs fois, dans des cas de ce genre, inciser la verge longitudinalement jusqu’au pubis et détruire ensuite avec le cautère actuel le ligament altéré. Avec l’aide de Dieu, cette méthode m’a toujours réussi pour enrayer les progrès du mal1.
aujourd’hui les corps caverneux. (Voy., comme exemple, A. Paré, Anat., troisième livre, ch. XXXII, De la verge.) — Remarque très-essentielle pour l’intelligence de ce qui va suivre.
i. Je ne saurais, contrairement à l’opinion de Vigo,
Assez fréquemment il s’ajoute aux deux accidents qui précèdent une vive inflammation souspréputiale. Dans ce cas les matières purulentes se trouvent retenues sousle prépuce autour de la pustule gangréneuse; leur venin corrosif pénètre alors le prépuce, l’attaque dans sa substance, le ronge, et le détruit finalement dans une certaine étendue,, si bien que le gland vient faire hernie à travers la perforation ainsi produite1.
rapporter cet accident à une lésion des corps caverneux. Il semble plus probable que la complication signalée ici par notre auteur doive répondre à ce que nous appelons aujourd’hui la lymphangite dorsale de la verge. Cette lymphangite, en effet, est un accident fréquent à la suite des balano-posthites , du pénitis, des chancres, etc. Elle s’étend longitudinalement sur le dos de la verge, suivant le grand axe des corps caverneux, et se propage souvent, comme le dit Vigo, jusqu’à la région pubienne. Elle se présente alors sous forme d’un gros cordon, dur, noueux, inflammatoire. Une telle lésion, à une époque où les lymphatiques étaient encore inconnus, pouvait en imposer à la rigueur pour une affection des corps caverneux.
i . Il arrive parfois, en effet, que les balano-posthites suraiguës, essentielles ou symptomatiques, aboutissent à la gangrène et à la perforation du prépuce. C’est en général par la face muqueuse de cet organe que débute la gangrène, d’une façon inappréciable d’abord ou qui se révèle simplement par l’odeur fétide et la coloration roussâtre de l’écoulement sous-préputial. Puis la face cutanée devient livide et comme violacée au point correspondant. Bientôt une escarre se forme, s’étend et envahit une portion variable des téguments. Plus tard, les parties mortifiées s’éliminent en laissant une perforation à travers laquelle on aperçoit le gland. Il n’est pas rare enfin que ce dernier organe s’engage dans cette ouverture et vienne pour ainsi dire faire hernie par la perforation, ce qui donne à la verge un aspect des plus étranges.
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ii est indispensable , en pareille occurrence, de sacrifier le prépuce et de pratiquer la circoncision. Cette opération faite, s’il reste quelques points gangréneux, on les cautérisera au fer rouge ou bien on les couvrira d’onguent égyptiac. Quant à l’incision, elle sera pansée avec un digestif composé de jaunes d’œuf et d’huile rosat ou de térébenthine1.
DES ECHAUFFEMENTS ET DES CAROLI SOUS-PREPUTIAUX QUE LON OBSERVE CHEZ LES JEUNES GENS2.
Les accidents de cette nature résultent en général de rapports avec une femme qui sort de ses règles et dont les parties génitales sont échauffées ( calidœ ). Voici, en quelques mots, le traitement applicable à cet ordre de lésions.
On prescrira tout d’abord pour trois ou quatre
jours des onctions avec le liniment suivant:
1. Practica in arte chirurgica copiosa, lib, II, tr. V, ch. vm.