DES ULCÉRATIONS NASALES DU MAL FRANÇAIS
Le mal français confirmé détermine très-fréquemment des ulcérations nasales. Ces ulcérations, qui se produisent à l’intérieur ou à l’extérieur du nez, affectent de préférence la forme corrosive et ambulante. Aussi laissent-elles souvent à leur suite des déformations très-affligeantes pour les malades.... Pour guérir ces ulcérations, il convient d’en corriger tout d’abord la malignité par une application de notre poudre, et surtout d’administrer sans retard le traitement du mal français confirmé, tel que je l’ai formulé précédemment '.
i. Practicce chirurgicce secunda pars , lib. IV.
[Nous trouvons là une mention succincte, mais évidente, des diverses lésions syphilitiques pouvant aboutir à la déformation et à l’affaissement du nez : syphilides cutanées, de forme ulcéreuse ou perforante; syphilides muqueuses, voire même (et cette induction n’est probablement pas exagérée) lésions osseuses intéressant la charpente du nez.]
DU SAPH ATI.
Le saphati ou sahaphati est un exanthème à boutons petits et confluents, affectant pour localisation la plus commune le front, le cou, la face, et plus spécialement encore les environs du nez. Cet exanthème constitue à la surface des téguments une élevure légère, charnue, rugueuse, encroûtée ou bien écailleuse comme la peau d’un poisson. Il s’observe fréquemment dans la lèpre, surtout au début de cette maladie... On le rencontre aussi d’une façon très-commune dans le mal français ‘.
[La lésion signalée ici par Vigo correspond vraisemblablement aux formes de syphilides cutanées que nous appelons de nos jours papulo- squameuses, psoriasiformes, etc. — V. note XXX.]
i. Practices chirurgiccc lib. IV, tr. I, cap. vi.
DES PUSTULES ULCÉRO - GANGRENEUSES 1 Qu’ON OBSERVE SOUVENT ENTRE LE GLAND ET LE PREPUCE.
Les pustules ulcéro-gangréneuses 2 qui se développent entre le prépuce et le gland reconnaissent le plus habituellement pour origine le commerce sexuel avec une femme malade, affectée d’ulcères putrides ou malins de la vulve, ou avec une femme sortant à peine de ses règles à l’époque où le rapport a eu lieu.
Le meilleur traitement qu’on puisse opposer ù ces lésions consiste à les brûler avec un cautère olivaire chauffé au rouge, ou bien à les détruire, après scarification préalable, à l’aide d’un trochisque de minium ou d’onguent égyptiac additionné
1. Le texte latin dit : « De pustula carbunculosa, etc. » Je traduis : « Des pustules ulcéro-gangréneuses », parce qu’après avoir consulté une foule d’auteurs je suis arrivé à cette conviction que, pour les anciens, ce mot de car bunculus (carboncle, charbon) représentait une lésion caractérisée à la fois et par une ulcération et par un processus gangréneux.