I. V. note XXVI
temps possible chaque fois^ avec la décoction suivante :
Pr. Orge mondé une poignée et demie.
Racine de buglosse une demi-poignée.
Semence de coings une drachme et demie.
Fleurs de violettes, } j • • ^
^ . . [ ana. une demi-poignée.
Raisins secs, )
Faites bouillir dans q. s. d'eau jusqu'à ce que l'orge soit
crevée. Passez, et ajoutez :
Sirop de violette q. s.
Ce gargarisme est d'un très-utile emploi. Il agît comme tempérant et réfrigérant, tout en provoquant vers la bouche une légère élimination de rhumeur morbide. Il présente en outre l'avantage de prévenir les ulcérations buccales.
Il est bon aussi que le malade soumis au traitement mercuriel tienne entre ses dents, d'une façon continue^ une canule ou un anneau d'or, afin que les vapeurs des matières putrides qui affluent vers la bouche puissent trouver une issue libre et facile*.
En dépit de toutes ces précautions, le traitement
I. Cette singulière pratique avait pour objet de laisser une issue constamment ouverte aux vapeurs morbides dirigées vers la bouche par la médication mercurielle. Elle a conservé longtemps un certain crédit, et ce n'est pas sans étonnement qu'on la retrouve préconisée dans des écrits d'une époque bien postérieure.
qui précède a pour effet le plus habituel de provoquer une inflammation suraiguë de la bouche^ inflammation d*oîi dérivent bientôt des ulcérations plus ou moins étendues. Il devient nécessaire alors de modérer le flux corrosif des bumeurs morbides qui se mêlent à la salive et qui déterminent ou entretiennent ces ulcérations. On y réussit à merveille par l'emploi des divers moyens que je vais signaler :
I* Deux fois par jour, faire pratiquer sur les bras et les jambes de grandes ablutions avec le liquide suivant :
Pr. Camomille ,
Absinthe,
Matricaire . . ^^^ ^^^^ poignées.
Sauge , '
Romarin,
Roses ,
Stœchas,
Jonc odorant,
Marjolaine, \ ana une demi-poignée.
Calament,
Origan ,
Noix de cyprès concassées. . . n» lo.
Miel une livre.
Sel 2 onces.
Alun de roche lo drachmes.
Faites bouillir avec q. s. de lessive de barbier et une faible proportion de vin aromatique, jusqu'à réduction aux deux tiers de la quantité totale du liquide.
Très^utile remède qui exerce sur le mal une
double action. D'une part, en effet, il produit une diversion salutaire qui retient dans les membres la matière morbide et Tempêche de se porter vers les parties supérieures ; d'autre part, il fortifie ces membres et les préserve pour l'avenir contre toute atteinte nouvelle de la matière antécédente.
2® En second lieu^ prescrire au malade de se baigner la bouche le plus souvent possible avec divers gargarismes, notamment avec ceiui*ci :
Pr. Orge mondé,j
Roses, > ana une poignée.
Sumac, '
Eau ferrée 6 livres.
Faites bouillir jusqu'à réduction au tiers; passez, puis ajoutez :
Sirop de roses 4 onces.
Miel rosat .' 2 onces.
Alun de roche 10 drachmes.
Faites bouillir de nouveau quelques instants. — Pour un gargarisme dont on fera usage trois ou quatre fois par jour.
Le malade devra se gargariser^ en outre, soit avec une mixture de julep violât et de lait de chèvre, de vache ou de brebis, soit avec ce même julep étendu d'une décoction d'orge, soit avec une décoction de plantain, de violette et de morelle, édulcorée avec du sucre blanc. Ces divers gargarismes ont pour effet de nettoyer la bouche, de la déterger^ de calmer Tirritation locale et d'atténuer l'action corrosive des humeurs morbides mêlées à
la salive. Le dernier, surtout, jouit de propriétés desséchantes qui protègent très-efficacement les gencives, en préviennent^l'ulcçration, ou en détachent les parties déjà altérées.
Telle est toutefois, en certains cas, l'intensité de l'inflammation buccale, que les gencives et les tissus avoisinants se ramollissent et se gangrènent^ Il est indispensable alors de toucher toutes les parties ainsi affectées avec l'onguent égyptiac*, qui certes constitue dans Pespèce le plus actif et le plus énergique de tous les remèdes.
3** En dernier lieu, assurer la cicatrisation des gencives et des autres parties ulcérées par Tusage du gargarisme suivant :
Pr. Eau de plantain une livre.
Sommités de ronce, i
Feuilles d'olivier sauvage, r ana une demi-poignée.
Prêle, )
Eau d'orge une livre et demie.
Lycium 2 onces.
Miel rosat 3 onces.
Alun de roche 6 drachmes.
Faites bouillir jusqu'à réduction de moitié.
I. Ce vieil onguent, qui a longtemps joui d'une grande considération, est composé de4a façon suivante :
Pr. Vert-de-gris ...» 5 onces.
Vinaigre 7 onces.
Miel . 14 onces.
Faites cuire ensemble jusqu'à consistance d'onguent.
Il avait pour vertus « de déterger les vieux ulcères et les fistules, de. consumer les chairs baveuses et la pourri-
Ce gargarisme * jouit de propriétés très-actives pour cicatriser d'une façon définitive les ulcérations de la bouche.
Le mal français, je le répète encore, est sujet à de fréquentes récidives. Ces récidives se produisent des mois, des années même après la disparition de tout accident*. II est donc indispensable d'insister sur le traitement, alors même que la guérison apparente est obtenue. En conséquence, le malade devra, deux fois par an, au printemps et à l'automne, se soumettre de rechef à une purgation générale. Dans ce but, il prendra pendant une semaine le digestif suivant, remède des plus actifs, auquel je dois des cures nombreuses et brillantes :
Pr. Myrobolans emblics, \
-» bellirics, > ana . . • . une once,
indiques, j Fleurs de buglosse, \
Bourrache, | ana. une poignée et demie.
Chicorée, )
turc, de résister à la gangrène, etc.. » — On le donnait comme un caustique; il paraît « que c'est au plus un excitant, même assez peu énergique ». {Pharmacopée universelle de Jourdan^ t. I, p. 460.)
1. Â quelques détails près, ce gargarisme et les précédents sont encore en usage aujourd'hui.