ÉRASTE
C'est fort bien raisonner.
GROS-RENti.
Assez bien, Dica merci !
LE MAL qu'on ▲ DIT
Au commencemeDt de VÉcole des Femmes, Arnolphe dit à Ghrysalde :
LMne de son galant, en adroite femelle.
Fait fausse confidence à son époux fidèle.
Qui dort en sûreté sur un pareil appas,
Et le plaint, ce galant, des soins qu'il ne perd pas;
L'autre, pour se purger de sa magnificence,
Dit qu'elle gagne au jeu l'argent qu^clIe dépense,
El le mari benêt, sans songer à quel jeu.
Sur les gains qu'elle fait rend des grâces à Dieu.
Enfin, ce sont partout des sujels de satire.
Au cinquième acte, dans la scène avec Agnès, ii s'écrie :
Chose étrange d'aimer, et que, pour ces traîtresses. Les hommes soient sujets h de telles faiblesses ! Tout le monde connaît leur imperfection, Ce n'est qu'extravagance et qu'indiscrétion ; Leur esprit est méchant, et leur âme est fragile ; Il n'est rien de plus fuible et de plus imbécile. Rien de plus infidèle ! Et, malgré tout cela, Dans le monde on fait tout pour ces animaux-là.
DES FEMMES. iOO
Citons eneore, entre mille autres, ces jolis vers que dit Ëliante, au deuxième acte du Misanthrope :
L'amoar poar Tordinaire est pea fait & ces lois,
Et l*on voit les amants vanter toujours leur choix.
Jamais leur passion n'y voit rien de blâmable,
Et, dans robjetaimé, tout leur devient aimable;
Ils comptent les défauts pour des perfections
Et savent y donner de favorables noms :
La paie est aux jasmins en blancheur comparable !
La noire à faire peur, une brune adorable;
La maigre a de la taille et de la liberté ;
La grasse est, dans son port, pleine de majesté ;
La malpropre sur sol, de peu d^attraits chargée,'
Est mise sons le nom de beauté négligée {
La géante parait une déesse aux yeux ^
La naine, un abrégé des merveilles des cieux ;
L^orgueilleuse a le cœur digne d^unc couronne ;
La fourbe a de Tesprit ; la sotte est toute bonne ;
La trop grande parleuse est d'agréable humeur,
Et la muette garde une honnête pudeur.
C'est ainsi qu'un amant dont Tardeur est extrême,
Aime jusqu'aux défauts des personnes qu'il aime.
On n'ignore pas que ce passage faisait partie de la traduction du poëme latin de Lucrèce, que Molière avait ébauchée et qu'il brûla. Ces vers sont les seuls qu'il ait conservés. — Ovide, après
iiO LE MAL qu'on A DIT
Lucrèce, avait présenté la même idée dans VArt d'aimer et l'idée contraire dans UArt de rû aimer plus. On a vu plus haut ce dernier passage.