‹ Le mal qu'on a dit des femmesChapitre 14 sur 31 · LE MIL QC'ON À DIT · texte numérisé non relu

LE MIL QC'ON À DIT

chaque année pour le service de mon auguste mai- (re; à peine en peux-lu fournir un. Et qu'est-ce que l'enfant d'un ivrogne ? Sa cervelle sera offusquée des vapeurs du vin qu'aura bu son père. Qae vcux-lu, d'ailleurs, que je devienne quand deux de mes femmes sont en couches? Ne faut-il pas que j'en serve deux autres , ainsi que ma loi le commande? Que deviens-tu, quel rôle joues^tu dans les derniers mois de la grossesse de ton unique femme, et pendant ses couches et pendant ses maladies? Il faut que tu restes dans une oisiveté bonteuse, ou que tu cherches une autre femme. Te voilà nécessairement entre deux péchés mortels, qui te feront tomber tout roide après ta mort da pont aigu au fond de l'enfer.

» Je suppose que, dans nos guerres contre tes chiens de chrétiens, nous perdions cent mille soldats ; voilà près de cent mille filles à pourvoir. N'est-ce pas aux riches à prendre soin d'elles? Malheur à tout musulman assez tiède pour ne pas donner retraite chez lui à quatre jolies filles, en qualité de ses légitimes épouses, et pour ne pas les traiter selon leurs mérites !

» Comment donc sont faits dans ton pays la trompette du jour que tu appelles coq, l'honnête bélier prince des troupeaux, le taureau souverain des vaches? Chacun d'eux n'a-t-il pas son sérail ?

Il te sied bien, vraiment, de me reprocher mes quatre femmes, tandis que notre grand prophète en a eu dix-huit, David le Juif autant, et Salomon le Juif sept cents de compte fait, avec trois cents concubines ! Tu vois combien je ^uis modeste. Cesse de reprocher la gourmandise à un sage qui fait de si médiocres repas. Je te permets de boire, permets-moi d'aimer. Tu changes de vins, souffre que je change de femmes. Que chacun laisse vivre les autres à la mode de leur pays. Ton chapeau n'est point fait pour donner des lois à mon turban. Ta fraise et ton petit manteau ne doivent point commander à mon doliman. Achève de prendre ton café avec moi, et va-t'en caresser ton Âliemande, puisque tu es réduit à elle seule. »

Réponse de H' Allemand,

« Chien de musulman, pour qui je conserve une vénération profonde, avant d'achever mon café, je veux confondre tes propos. Qui possède quatre femmes possède quatre harpies, toujours prêtes à se calomnier, à se nuire, à se battre. Le logis est l'antre de la discorde. Aucune d'elles ne peut t'aiiper. Chacune n'a qu'un quart de ta personne, et le pourrait tout au plus te donner que le quart de son cœur. Aucune ne peut te rendre la vie agréa-

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ble; ce sont des prisonnières qui, n'ayant jamais rien vu, n'ont rien à te dire. Elles ne connaissent que toi; par conséquent, tu les ennuies. Tu es leur maître absolu, donc elles te liaïssent. Tu es obligé de te les Taire garder par un eunuque qui leur donne le fouet quand elles ont Tait trop de bruit. Tu oses te comparer à un coq ! mais jamais un coq n'a fait fouetter ses poules par un cbapon. Prends tes exemples chez les animaux, ressemble-leur tant que tu voudras. Moi, je veux aimer en homme; je veux donner tout mon cœur, et qu'on me donne le sien. Je rendrai compte de cet entrelien ce soir à ma femme, et j'espère qu'elle en sera contente. A l'égard du vin que tu me reproches, apprends que, s'il est mai d'en boire en Arabie, c'est une liabitude très-louable en Allemagne. Adieu. »

Voltaire dit encore :

« Perdre sa jeunesse, sa beauté, ses passions, c'est lu le vrai malheur. Voilà pourquoi tant de femmes se font dévotes à cinquante ans, et se sauvent d'un ennui par un autre. »

Chesterûeld, dans les Lettres à son fils^ lui donne les conseils suivants :

< Comme les femmes font une partie agréable et nombreuse de la société, et que leur suffrage sert beaucoup à établir le caractère d'un homme, il est nécessaire de leur plaire : je veux, par conséquent, vous initier à quelques secrets qui vous seront très-uliles, mais que vous devez garder en vousmême et cacher avec le plus grand soin.

» Les femmes sont des enfants d'une large et bonne crue : elles ont la parole, de l'esprit quelquefois; mais le bon sens ou le raisonnement, je n'en ai Jamais connu de ma vie qui en eût, ou qui agît et raisonnât vingt-quatre heures de suite. La moindre passion, le moindre goût rompt sur-lechamp leurs meilleures résolutions. Leur beauté négligée ou niée, quelques années de plus qu'on leur suppose, enflamment à Finslant leurs petites passions, et dérangent tout le système moral de leur conduite, qu'elles avaient arrangé dans leurs moments raisonnables.

» Un homme de sens joue avec elles, les flatte.

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les amuse, comme il ferait avec un enfant, mais ne les consulte jamais, ni ne leur confie des secrets intéressants, quoiqu'il leur persuade souvent qu'il le fait; c'est la chose du monde qui flatte le plus leur vanité : elles aiment beaucoup à se mêler dans les affaires, qu'elles embrouillent et gâtent presque toujours. Justement persuadées que les hommes en général ne les regardent que comme de jolis bijoux, elles adorent cet homme qui leur parle sérieusement, et qui paraît se confier à elles et les consulter; je dis qui paraît, car, si les hommes faibles les consultent en effet, le sage n'en fait que le semblant.

» Aucune flatterie n'est trop forte ni trop dégoûtante pour elles. Elles avalent tout avec avidité. Vous pouvez flatter une femme sur son goût supérieur dans le choix de son éventail.

» Les femmes qui sont ou très-belles ou trèslaides aiment qu'on les flatte sur leur esprit ; celles qui ne sont ni laides ni belles aiment mieux qu'on leur parle de leurs grâces et de leur beauté.

» Ces secrets doivent être inviolables, si vous ne voulez être, comme Orphée, mis en pièces par tout le sexe. »

Duclos, développant la pensée de Voltaire :

< La dévotion est le dernier période de la vie d'une femme. La plupart de celles qui sont devenues dévotes ont commencé par se livrer au plaisir qui les recherchait ; elles ont ensuite tâché d'en prolonger ic cours; et leurs efforts deviennent d'autant plus vifs qu'elles voient de jour en jour le monde prêt à les quitter. Les regrets les occupent encore quelque temps, et elles cherchent enlin un asile et une consolation dans la dévotion. L'aveu de leurs fautes ne leur coûte point : en se confessant, elles se retracent leurs plaisirs, et c'est l'unique qui leur reste. »

c Je ne sais pourquoi les hommes taxent les femmes de fausseté, et ont fait la vérité femelle; problème à résoudre. On dit aussi qu'elle est nue, et cela se pourrait bien. C'est sans doute par un amour secret de la vérité que nous courons après les femmes avec tant d'ardeur. Nous cherchons à

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les dépouiller de tout ce que nous croyons qui cache la vérité, et, quand nous avons satisralt notre curiosité sur une, nous nous détrompons : nous courons tous vers une autre pour être plus heureux. L'amour, le plaisir et inconstance ne sont qu'une suite du désir de connaître la vérité. »

J.-J. Rousseau, dans son Emile :

« Non contentes d'avoir cessé d'allaiter leurs enfants, les femmes cessent d'en vouloir Taire ; la conséquence est naturelle. Dès que l'état de mère est onéreux, on trouve bientôt le moyen de s'en délivrer tout à fait : on veut faire un ouvrage inutile afin de le recommencer toujours, et Ton tourne au préjudice de l'espèce l'attrait donné pour la multiplier. »

Gilbert, dans sa Satire du xviii« siècle :

Que dirais-je d^Arcas? Quand sa tète blanchie, En tremblant, sur son sein se penche appesantie, Quand son corps, vainement de parfums inondé. Trahit les maux secrets dont il est obsédé,

Scandalisant Paris de ses vieilles tendresses, Arcas, sultan gouttenx, veut avoir vingt maîtresses. Mais, en fripon titré, pour avoir leurs appas, Arcas vend au public le crédit quMl n'a pas.

Digne fils d'un tel père, Alford, chargé de dettes, Met ses Jeunes amours aux gages des coquettes. Plus philosophe encor, d'Orimond, ruiné, Épouse un équipage en épousant Phryné.

Qui blâmerait ces nœuds? L'hymen n'est qu'une mode, Un lien de fortune, un veuvage commode, Où chaque époux, brûlé d'adultères désirs, Vit, sous le même toit, libre dans ses plaisirs.

Vois-tu, parmi ces grands, leurs compagnes hardies Imiter leurs excès, par eux-méme applaudies ; Dans qn corps délicat porter un cœur d'airain, Opposer aux mépris un front toujours serein, Et, du vice endurci témoignant l'impudence.

Sous leur casque de plume étouffer la décence ?

Assise dans ce cirque, où viennent tous les rangs Souvent bâiller en loge à des prix différents, Cioris n'est que parée et Gloris se croit belle ; En vêlements légers Por s'est changé pour elle : Son front luit étoile de mille diamants ; El mille autres encore, effrontés ornements, Serpentent sur son sein, pendent à ses oreilles ; Les arts pour l'embellir ont usé leurs merveilles ; Vingt familles enfin couleraient d'beurenx jours, Riches des seuls trésors perdus pour ses atours.

HiIfréeelmeaBïeuxelsa Ûerlé sév£r«, Cloris, on le préleod, e« monlrc populaire ; Oui, dé|iouDl l'orgueil dt ms douze quartiers,

Madame en ses aiaonrE déroge voloaliers.

Indulgenle beauté, Zélis laJusIÏDe; Zélis, qui,parbon Iob, i U phîlosopbic Joint tous les goût* divers, loue les nmuseniciils. Bit avec nos penseurs, pense avec sesamsiils i

Enruol sophiste, au Food coquette pédagogue,

Nos petits vers Iftcliés par gros in-octavo.

Ou ces drames pleureurs qn'on joue incognilo ; Protège l'uniiers, et. rompue aux affaires.

Fournit vin);t financiers d'imporlanls gecrélaires j Lit loni, et même sait, par nos auteurs morani, Qu'il n'est certainemeot un Dieu qae pour les «ol>.

Parlerai-je d'Iris? Chacun la prdaeei rnime;

Si d'un pied étourdi quelque Jeune éventé Frappe, en eouranl, son ebien, qui jappe «pouvante La voill qui se meurt de tendresse el d'alarmes ; Un papillon souffrant lai fait verier des larmes. Il est vrai, mais aussi qu'A la mon eondamné, Lalli soit en speclaclc à l'échalaud traîné.

Elle ira la première h celle horrible fête Acheter le plaisir de Toir tomber sa (éle !

Dira-lH)n qu'en des vers, k mordre disposés, Ma muse prête aux grands des vices supposés?

J'aurais pa le montrer nos duchesses fameuses, Tantôt d'un histrion amantes scandaleuses, Fiëres de ses soupirs obtenus à grand prix, Elles-méme aux railleurs dénonçant leurs maris; Tantôt, pour égayer leurs courses solitaires. Imitant noblement ces grâces mercenaires Qui, par couples nombreux, sur le déclin du jour, Vont aux lieux fréquentés colporter leur amour ; De nouvelles Sapplios, dans le crime affermies. Maris de nos beautés sous le titre d'amies, El de galants marquis, philosophes parfaits, En petite Gomorrhe érigeant leur palais.

J'ai eu occasion de nommer le Sofa de Crébllion fils. Je me contente aussi de mentionner les Bijoux indiscrets de Diderot.

Ce qu'il est permis de citer de cet écrivain, c'est la dispute de Jacques le Fataliste avec son maître :

« Et les voilà embarqués dans une querelle interminable sur les femmes , Tun prétendant qu'elles étaient bonnes, l'autre méchantes : et ils avaient tous deux raison ; l'un sottes , ^«oire pleines d'esprit : et ils avaient tous deux raison ; l'un fausses, l'autre vraies : et ils avaient tous

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deux raison; l'un avares, l'autre libérales : el ils avaient tous deux raison ; l'un belles, l'autre laides : et ils avaient tous deux raison; l'un bavardes, l'autre discrètes; l'un Tranches, l'autre dissimulées; l'un ignorantes, l'autre éclairées; l'un sages, l'autre libertines; l'un folles, Fautre sensées; l'un grandes, l'autre petites : et ils avaient tous deux raison. »

Puis, dans le même ouvrage, l'histoire du marquis des Arcis, de madame de la Pommeraye, de madame et de mademoiselle d'Aisnon, exemple de vengeance féminine, l'inverse de l'idée de Ruy- Blas, et merveille de narration.

Enfin, quelques pages que Diderot écrivit pour critiquer un livre de Thomas sur les femmes :

« Il a voulu, dit-il, que son livre ne fût d'aucun sexe ; et il n'y a malheureusement que lro| bien réussi. C'est un hermaphrodite qui n'a ni le nerf de l'homme ni la noblesse de la femme... »

«J'ai vu l'amour, la jalousie, la superstition

DES FEMMES. Hi

la colère, portés dans les femmes à un point que rhomme n'éprouva jamais. Le contraste de mouvements violents avec la douceur de leurs traits les rend hideuses; elles en sont plus déflgurées. »

« Les distractions d'une vie occupée et conlentieuse trompent nos passions. La Temme couve les siennes : c'est un point fixe, sur lequel son oisiveté ou la frivolité de ses fonctions tient son regard sans cesse attaché. Ce point s'étend sans mesure ; et, pour devenir folle, il ne manquerait à la femme passionnée que l'entière solitude qu'elle recherche... »

t Si vous entendez une femme médire de l'amour et un homme de lettres déprécier la considération publique, dites de l'une que ses charmes passent, et de l'autre que son talent se perd... »

(c Un solitaire, brûlant dans ses idées ainsi que dans ses expressions, disait aux hérésiarques de son temps : t Adressez-vous aux femmes ; elles

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reçoivent promptement, parce qu'elles sont ignorantes ; elles répandent avec racllité, parce qu'elles sont légères; elles retiennent longtemps, parce qu'elles sont têtues. >

Diderot continue ainsi :

«c Inapénétrables dans la dissimulation, cruelles dans la vengeance, constantes dans leurs projets, sans scrupules sur les moyens de réussir, animées d'une haine proronde et secrète contre le despotisme de l'homme, il semble qu'il y ait entre elles un complot tacite, une sorte de ligue, telle que celle qui subsiste entre les prêtres de toutes les nations. Elles en connaissent les articles sans se les être communiqués. Naturellement curieuses, elles veulent savoir, — soit pour user, soit pour abuser de tout. Dans les temps de révolution, la curiosité les prostitue aux chefs de parti. »

« Celui qui les devine est leur implacable ennemi... »

« Elles simuleront l'Ivresse de la passion, si elles ont un grand Intérêt à vous tromper; elles l'éprouveront sans s'oublier... »

« La femme porte au dedans d'elle un organe susceptible de spasmes terribles, disposant d'elle, et suscitant dans son imagination des fantômes de toute espèce. C'est dans le délire hystérique qu'elle s'élance dans l'avenir, que tous les temps lui sont présents. C'est de l'organe propre à son sexe que partent toutes ses idées extraordinaires. La femme hystérique dans la jeunesse se fait dévote dans l'âge avancé; la femme à qui il reste quelque énergie dans l'âge avancé était hystérique dans sa jeunesse. Sa tête parle encore le langage de ses sens lorsqu'ils sont muets. Rien de plus contigu que l'extase, la vision, la prophétie, la révélation, la poésie fougueuse et Thyslérisme... »

« Les femmes sont sujettes à une férocité épidémique. L'exemple d'une seule en entraîne une multitude. Il n'y a que la première qui soit criminelle; les autres sont malades. femmes!

vous êtes des enfants bien extraordinaires î »

Le philosophe considère ensuite la complexion

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el la destinée des femmes, et en vient à s'apitoyer sur leur sort, ce qui peut faire croire qu'il n'a pas de parti pris satirique. Puis il reprend :

t Faute de réflexion et de principes, rien ne pénètre jusqu'à une certaine profondeur de conviction dans l'entendement des femmes ; les idées de justice, de vertu, de vice, de bonté, de méchanceté, nagent à la superficie de leur âme. Elles ont conservé Tamour-propre et l'intérêt personnel avec toute l'énergie de nature : plus civilisées que nous en dehors, elles sont restées de vraies sauvages en dedans.

> Toutes machiavéllstes du plus au moins, ou il y a un mur d'airain pour nous, il n'y a souvent qu'une toile d'araignée pour elles... »

« La seule chose qu'on leur ait apprise, c'est à bien porter la feuille de figuier qu'elles ont reçue de leur première aïeule. Tout ce qu'on leur a dit et répété dix-buit à dix-neuf ans de suite, se réduit à ceci : « Ma fille, prenez garde à votre feuille » de figuier, votre feuille de figuier va bien, votr » feuille de figuier va mal. »

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Voulez- VOUS entendre prêcher, après le philosophe de TËncyclopédie, le père Joly, capucin?

« La rrivolité est le caractère des femmes en général, — dit ce bon père; — (^'est pourquoi celles qui sont sensées n'aiment point la compagnie des personnes de leur sexe.

» Les hommes de génie n*ont pas la même répugnance ; ils sacrifient au plaisir des yeux celui des oreilles.

» Rien cependant n'est plus insupportable pour un vrai philosophe que la conversation des iemmes : elle roule ordinairement sur Textérieur. On parle d'une robe ou d'une coiffure ; un bal est un vaste sujet d'entretien.

» Qu'un homme se présente, elles ne iont attention qu'à son maintien, à ses ajustements, et ne pensent jamais aux talents estimables. Voilà pourquoi elles préfèrent un petit-maitre, dont les façons

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sont singulières, étourdies, brusques, contrariantes, qui se distingue par quelque travers d'esprit, une imagination grotesque.

» Pour leur plaire, il ne faut être ni un sot ni un homme de bon sens; il ne s'agit que de fournir h la conversation, sans rien qui se suive, qui soit approfondi et bien pensé.

» Peu accoutumées à la raison, elles n'ont égard qu'aux attentions, aux assiduités, aux flatteries; elles prisent les petits soins et même les impertinences.

» En un mot, elles préfèrent les qualités de néant aux vertus solides.

» Comparez deux enfants de différent sexe : ils ont les mêmes goûts, ainsi que le même teint et le même son de voix. Le garçon change à tous égards en devenant grand ; la fille conserve les mêmes inclinations et le même visage. Rousseau, de Genève, n'avait pas tort de regarder les femmes comme de grands enfants. »

II parut, en 1788, une brochure {nlilulée :

Petit traité de Vamour des femmes pour les sots,

« De toute antiquité, disait l'auteur en commençant, les femmes ont eu de la prédilection pour les sots. »

Et il développait cette llièse avec autant de prétention que d'inexactitude.

Par une épîlre dédicatoire, il offrait l'ouvrage à une dame dont il se disait aimé. — C'était, à vrai dire, le plus fort argument de son livre, pour prouver que les femmes aiment les sots.

Cliamfort, dans ses pensées détachées :

« Les femmes ont des fantaisies, des engoue-

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ments, quelquerois des goûls. Elles peuvent même s'élever jusqu'aux passions. Ce dont elles sont le moins susceplibles, c'est raUachement. Elles sont faites pour commercer avec nos faiblesses, avec noire folie, mais non avec notre raison. Il existe enlre elles et les bommes des sympathies d'épiderme, et très-peu de sympathies d'esprit, d'âme et de caractère. C'est ce qui est prouvé par le peu de cas qu'elles font d'un homme de quarante ans. Je dis même celles qui sont à peu près du même âge. Observez que, quand elles lui accordent la préférence, c'est toujours d'après quelques vues malhonnêtes, d'après un calcul d'intérêt ou de vanité ; et alors l'exception prouve la règle et même plus que la règle. Ajoutons que ce n'est pas le cas de l'axiome : « Qui prouve trop ne prouve rien. »

« L'amour, tel qu'il existe dans la société, n'est que l'échange de deux fantaisies et le contact de deux épidermcs.

» Soyez aussi aimable, aussi honnête qu'il est

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possible, aimez la femme la plus parfaite qui se puisse imaginer, voufrn'en serez pas moins dans le cas de lui pardonner ou votre prédécesseur ou votre successeur. »

« Une femme d'esprit m'a dit un mot qui pourrait bien être le secret de son sexe : c'estque toute femme, en prenant un amant, tient plus de compte de la manière dont les autres femmes voient cet homme, que de la manière dont elle le voit ellemême. »

« Je me souviens d'avoir vu un homme quitter les filles d'Opéra, parce qu'il y avait vu, disait-il, autant de faussetés que dans les honnêtes femmes. »

« Qu'est-ce qu'une maîtresse? Une femme près de laquelle on ne se souvient plus de ce qu'on sait par cœur, c'est-à-dire de tous les défauts de son sexe. »

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« Les naturalistes disent que, dans tontes I espèces animales, la d(^génération commence pi les femelles. Les pbliosopbes peuvent appliqa au moral cette observation, dans la société ch lisée. »

« Il semble que la nature, en donnant ai hommes un goût pour les femmes, entièreme Indestructible, ait deviné que, sans cette pr caution, le mépris qu'inspirent les vices de lei sexe, principalement leur vanité, serait un grai obstacle au maintien et à (a propagation de Fespé humaine. »

« L'amour plaît plus que le mariage, par raison que les romans sont plus amusants qi l'histoire. »

« L'hymen vient après Tamour comme la fum après la flamme. »

« La femme qui s'estime plus pour les qualités de son âme et de son esprit que pour sa beauté, est supérieure à son sexe. Celle qui s'estime plus pour sa beauté que pour son esprit ou pour les qualités de son âme, est de son sexe. Mais celle qui s'estime plus pour sa naissance ou pour son rang que pour sa lîeauté, est bors de son sexe^ et au-dessous de son sexe. »

t Âvez-vous jamais connu une femme qui, voyant un de ses amis assidu auprès d'une autre femme, ait supposé que cette femme lui fût cruelle ? — On voit par là l'opinion qu'elles ont les unes des autres. Tirez vos conclusions. »

c Quelque mal qu'un bomme puisse penser des femmes, f 1 n'y a pas de femme qui n'en pense encore plus de mal que lui. »

Tout le monde sait par cœur, dans la Folle Journée de Beaumarchais, le monologue de Figaro qui commence ainsi :

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c femme! femme ! femme! créature faible et décevante!... Nul animal créé ne peut manquer à son instinct : le tien est-il donc de tromper ? »

Le com te Alexandre de Tilly, dans ses Mémoires^ prononce contre les femmes les arrêts suivants, qui semblent comme le résumé de toules les sentences ou railleries antérieures :

Dans aucune classe, les femmes ne sont fidèles.

Vertu raisonnée et vertu de préjugés tomberont toujours sous les coups d'un ennemi habile ou sous l'ascendant de la minute.

La médiocrité en tout genre est un titre auprès des femmes.

Enfin, elles résistent souvent aux plus nobles procédés, et sont presque toujours subjuguées par le charme des plus mauvais traitements.

(Ceci ressemblerait assez à la pensée d'un distique latin cité plus haut, ou bien à la plaisanterie de Sganarelle : « Quelques coups de bâton , entre gens qui s'aiment, ne font que ragaillardir l'amitié, » ou bien à celle d'Arlequin : « Les femmes sont comme les côtelettes; plus on les bat, plus elles sont tendres. »)

Le comte de Tilly, descendant des rois de Danemark, et page de la reine Marie- Antoinette, le dernier homme à bonnes fortunes , se hâte d'ajouter :

« Créatures charmantes , taxez-moi d'une sincérité grossière si cela fait du bien à vos nerfs ; mais respectez mon expérience, car j'ai bien mai employé mon temps, je l'ai passé à vos pieds. »

On n'est pas plus impertinent.

Rétif de la Bretonne :

« Les femmes n'ont jamais pu et ne pourront jamais porter plus loin qu'elles ne le font aujourd'hui tous les défauts et tous les vices qui doivent éloigner d'elles les hommes en général et surtout les maris : impétuosité, insouciance, profusion, perfidie, noirceur, bassesse, mollesse, égoïsme outré, elles réunissent tout. »

C'est court, mais net.

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