LB MAL QU'ON A DIT
> — Qoe dites-vous donc là, ducbesse? El comment accorderez -vous cette remarque avecTaversion qu'elles ont pour leurs maris ? »
« L'acharnement de certaines femmes contre celles qui ont l'heureux malheur d'avoir une passion prouve combien la chasteté leur est à charge. Sans la peur du diable, l'une serait Laîs; l'autre doit sa vertu à la sécheresse de son cœur; celle-là à la manière sotte dont s'est comporté son premier amant; celle-là... »
c Cependant il existe des femmes vertueuses!
> Oui, celles qui n'ont jamais été tentées et celles qui meurent à leurs premières couches, en supposant que leurs maris les aient épousées vierges.
» Oui, celles qui sont laides comme la Kaïfakatadary des Mille et une Nuits,
> Oui, celles que Mirabeau appelle les fe'es Concombres et qui sont composées d'atomes exactement semblables à ceux des racines de fraisier et de nénufar ; cependant, ne nous y flons pas !...
DES FBMMES. 157
» Puis avouons, à l'avantage du siècle, que, depuis la restauralioD de la morale el de la religion, et par le temps qui court, on rencontre éparses quelques Temmes si morales, si religieuses, si atlacliées à leurs devoirs, si droites, si compassées, si roides, si vertueuses, si..., que le diable n'ose seulement pas les regarder ; elles sont flanquées de rosaires, d'heures et de directeurs... chut!
» Nous n'essayerons pas de compter les femmes vertueuses par bôlise; il est reconnu qu'en amour toutes les femmes ont de l'esprit.
» Enfin, Il ne serait cependant pas Impossible qu'il y eût, dans quelque coin, des femmes jeunes, jolies et vertueuses, dont le monde ne se doute pas !
> Mais ne donnez pas le nom de femme vertueuse à celle qui, combattant une passion involontaire, n'a rien accordé à un amant qu'elle est au désespoir d'idolâtrer. C'est la plus sanglante injure qui puisse élre faite à un mari amoureux. Que lui reste-t-il de sa f^mme ? Une chose sans nom : un cadavre animé, ^u sein des plaisirs, sa femme demeure comme ce convive averti par Borgia, au milieu du festin, que certains mets sont empoisonnés : il n'a plus faim, mange du bout des dents, ou feint de manger. Il re^relle la
repas qu'il a délaissé pour celui du terrible cardinal, et soupire après le moment où, la fête étant finie, il pourra se lever de table.
» Quel est le résultat de ces réflexions sur la vertu féminine? Le voici ; mais les deux dernières maximes nous ont été données par un philosophe du xviii* siècle :