‹ Le mal qu'on a dit des femmesChapitre 17 sur 31 · APHORISMES · texte numérisé non relu

APHORISMES

« Une femme vertueuse a dans le cœur une fibrede moins ou de plus que les autres femmes: elle est stupide ou sublime. »

< La vertu des femmes est pcut-êlre une qucslion de tempérament. » Ceci est pris de la Rochefoucauld.

« Les femmes le plus vertueuses ont en elles quelques chose qui n'esl jamais chaste. »

Ceci est pris de Diderot.

SES FEMMES. iS»

t Qu'un homme d'esprit ait des doutes sur sa maîtresse, cela se conçoit; mais sur sa femme!... il faut être par trop bête. »

Ceci est pris de Montesquieu.

« Les hommes seraient trop malheureux, si, auprès des femmes, ils se souvenaient le moins du monde de ce qu'ils savent par cœur. »

Ceci est pris de Chamfort.

« Le nombre des femmes rares qui, semblables aux vierges de la parabole, ont su garder leur lampe allumée, sera toujours trop faible aux yeux des défenseurs de la vertu et des bons sentiments... »

« La majeure partie des femmes procède comme la puce, par sauts et par bonds sans suite. Elles échappent, parla hauteur ou la profondeur de leurs

premières idées, et les Interruptions de leurs plans les favorisent. Mais elles ne s'exercent que dans un espace qu'il est faciieà un mari de circonscrire; et, s'il est de sang-froid , il peut finir par éteindre ce salpêtre organisé. »

« La vie de la femme est dans la tête , dans le cœur, ou dans la passion. A l'âge où sa femme a jugé la vie, un mari doit savoir si la cause première de l'infidélité qu'elle médite procède de la vanité, du sentiment ou du tempérament. Le tempérament est une maladie à guérir; le sentiment offre à un mari de grandes chances de succès; mais la vanité est incurable. La femme qui vit de la tête est un fléau. Elle réunira les défauts de la femme passionnée et de la femme aimante, sans en avoir les excuses. Elle est sans pitié, sans amour, sans sexe. »

« Il existe un lien secret entre toutes les femmes, comme entre tous les prêtres d'une même religion. Elles se haïssent, mais elles se protègent. »

Ceci est pris encore de Diderol.

c 11 est souvent inutile d'essayer à tendre des pièges à ces créatures sataniques. Une fois que les femmes sont arrivées à une certaine volonté de dissimulation, leurs visages deviennent au'ssi impénétrables que le néant. »

Balzac dit encore, dans la Physiologie de la vie conjugale :

« Connaître les femmes aussi bien que Je les connais, ce ne sera pas les connaître beaucoup ; elles ne se connaissent pas elles-mêmes! Enfin, Dleu| vous le savez, s'est trompé sur le compte de la seule qu'il ail eu à gouverner et qu'il avait pris le soin de faire. »

Le parole, à présent, est à deux femmes, — témoins qu'on ne récusera pas.

L'une est madame d'Arconvilie :

« La plupart des femmes préféreraient d'être

16t - LE MAL QU*OIf À DIT

moins aimées en effet, pourvu qu'elles le parusseul davantage, parce que ia vanité est ie premier de tous leurs sentiments. »

« La piupart des femmes n'apprennent que pour qu'on dise qu'elles savent, et se soucient fort peu de savoir en effet. )»

« Une femme croit souvent regretter son amant, tandis qu'elle ne regrette que l'amour. »

L'autre est madame de Girardin :

« Ce qu'il y a de plus rare en France, après une femme bête, c'est une femme généreuse. »

« Si vous voyiez souper nos élégantes, si vous saviez comme toutes ces nymphes mangent, vous ne comprendriez pas pourquoi ces Jeunes femmes sont si maigres. Vrai, quand on a assisté à l'un de nos grands soupers de bal, quand on a vu ces frêles beautés à l'ouvrage, quand on a mesuré

de Tœii ce qu'elles ont englouU de Jambons, de pâtés, de volaille, de sautés de perdreaux et de gâteaux de toute espèce, on a le droit d'exiger d'elles des bras plus ronds et des épaules mieux réussies. »

« Chacun des livres d'une femme porte l'empreinte de l'affection qui l'Inspira. C'est surtout à propos des ouvrages de femmes que l'on peut s'écrier avec M. de Buffon : « Le style, c'est l'homme. »

« Vous dites : « Madame une telle, si douce, si vertueuse; madame une telle, si jolie, si spirituelle; la première se fâche et dit : « On me nomme douce et vertueuse, je suis donc laide et sotte; la seconde s'inquiète et dit : « On me désigne comme spirituelle et jolie, je suis donc méchante et compromise. » On ne loue jamais bien une femme quand on en loue deux. Les louanges se détruisent mutuellemnt; il n'y a qu'un seul moyen de faire un bel éloge d'une femme ; c'est de dire beaucoup de mai de sa rivale. »

16« LE MAL QU'OIf A DIT

■ ■^■i»" ■ M.... . ■ . n» __i ni.. I.... ^^■^^^■^^^^^■^M^^.iM^^^.^M^

« Déflez-vous des femmes à toilettes jansénistes, de ces robes montantes et collantes qui dessinent tous les contours de la taille comme un corset, avec une pudeur si malintentionnée. Ces femmes sont pleines d'orgueil et de jalousie. Elles ont un caractère de fer et des passions de feu. Rien n'échappe à leurs regards toujours baissés. »

« Eh ! mon Dieu ! est-ce la faute de M. de Balzac Si rage de trente ans est aujourd'hui l'âge de l'amour! M. de Balzac est bien forcé de peindre la passion où il la trouve, et certes on ne la trouve plus dans un cœur de seize ans. Autrefois une jeune flile se faisait enlever par un mousquetaire; elle s'enfuyait du couvent par-dessus le mur, à l'aide d'une échelle; et les romans de cette époque étaient remplis de couvents, de mousquetaires, d'échelles et d'enlèvements. Julie aimait Saint- Preux à dix-huit ans ; à vingt-deux, elle épousait par obéissance M, de Volmar : c'était le siècle. Dans ce temps-là, le cœur parlait à seize ans ; mais aujourd'hui le cœur attend plus lard pour s'attendrir. Aujourd'hui, Julie, ambitieuse et vaine, commence par épouser volontairement, à dix-huit ans, M. de Volmar; puis, à vingt-cinq ans, rêve-

nue des illusions de la vanité, elle s'enfuit avec Saint-Preux par amour; car les rêves du Jeune âge maintenant sont des rêves d'orgueil. Une jeune fille n'épouse un jeune homme qu'à la condition qu'il lui donne un rang dans le monde, une belle fortune, une bonne maison. Un jeune homme qui n'a que des espérances est refusé; on lui préférerait un vieillard qui n'a plus rien à espérer. Vous parlez des auteurs anciens; ils peignaient leur temps : laissez M. de Balzac peindre le nôtre. La Junie de Racine, dites-vous? — Mais aujourd'hui elle choisirait bien vile Néron, pour être impératrice. — Manon Lescaut?— Mais vous la voyez mettre à la porte Desgrieux pour un vieux maréchal de l'Empire. — Virginief — Quitterait Paul pour épouser 3f. de la Bourdonnage. — Atala? — AlaUiy elle-même, préférerait au beau Chactas le père Aubry, si le vieillard n'avait fait vœu de pauvreté. — Mais voyez donc un peu les femmes passionnées qui, de nos jours, font parler d'elles : toutes ont commencé par un mariage d'ambition; toutes ont voulu être riches, comtesses, marquises et duchesses avant d'être aimées. Ce n^>st qu'après avoir reconnu les vanités de la vanité qu'elles se sont résolues à l'amour. Il en est même qui ont recouru naïvement après le passé, et qui, à vingt-huit ou trente ans, se

dévouent avec passion an jeune homme obscur qu'à dix-sept ans elles avaient rerusé d'aimer. H. de BaIz9C a donc raison de peindre ia passion où il la trouve, c'est-à-dire hors d'âge. M. Janin a raison aussi de dire que cela est Tort ennuyeux; mais, si cela est fort ennuyeux pour les lecteurs de romans, c'est bien plus triste encore pour les jeunes hommes qui rêvent l'amour, et qui en soiît réduits à s'écrier dans leurs transports : « Que je l'aime ! oh ! qu'elle a dû être belle ! »

Saint-Omer :

« Quand une Temme accueille les hommages d'un homme , elle éprouve à la fois la crainte d'être trompée et le désir de succomber. Toutefois, quand elle n'a pas cédé aux instances de l'hommo qui l'a courtisée, on peut en conclure qu'elle a été mal attaquée ; c'est alors qu'il y a de part et d'autre des regrets qu'on n'avoue pas. »

Beauchêne :

« L'étude approfondie des modes est la littérature de beaucoup de femmes. »

DBS rBMXIS. 467

Frédéric Soulié :

« Une femme, dans la pureté de sa vertu, se dit : « Jamais je n'accueillerai de propos d'amour. C'est un crime de les accueillir, c'est le plus grand de tous. »

» On lui parle d'amour, elle laisse faire, et se réfugie dans cette résolution : c Jamais je n'y répondrai. »

c Un chagrin lui vient, une jalousie la prend, une folle la saisit, un aveu lui échappe. Alors elle bat- en retraite derrière un nouveau rempart où elle se croit à l'abri de tout : « J'ai pu lui laisser voir que je l'aimais, se dil-eile; mais jamais 11 n'obtiendra de mol un encouragement, pas un regard, pas un mot; car c'est alors que je deviendrais vraiment criminelle. Si Ton ne peut dominer les sentiments de son cœur, ou reste maître de ses actions ; c'est tout ce que le ciel, c'est tout ce que les hommes peuvent demander à la vertu d'une femme. Non, pas un mot, pas un regard ! » Elle ne pense pas alors au reodez>vous, car le rendezvous... c'est le crime complet.

Page 1