‹ Le mal qu'on a dit des femmesChapitre 2 sur 31 · AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR

ne sont qu'une des mille préparations que nécessite au jeune et savant professeur ce cours qu'il fuit avec nn si brillant succès, depuis trois années, au Cercle artistique et littéraire.

Ces notes n'étaient pas destinées d'abord à voir le jour. M. Descbanel avait recueilli, par pure curiosité littéraire, les petits morceaux épars dont se compose cette singulière mosafque, monument à la fois sérieux et grotesque, auquel la mauvaise humeur des écrivains de tous les temps se trouve avoir apporté sa pierre. C'était pour son compte particulier qu'il avait fait, d'année en année, et à mesure qu'il lisait, ce travail bizarre, mais considérable sous son petit volume.

Ce recueil piquant, amassé miette à miette, perle h perle, dirais-je, si ce mot aimé des femmes convenait en tête de la partie de ce livre qui n'est point faite à leur gloire, me tomba entre les mains : il me sembla que le public ne pouvait manquer de le goûter.

Le public recherche toujours, et à bon droit, ces travaux que des écrivains de mérite avaient cru pouvoir garder en portefeuille, sous prétexte qu'ils ne les avaient faits que pour eux-mêmes.

Le public sait que ce qu'on fait pour soi, il est rare qu'on ne le fasse pas de son mieux ; et j'ai toujours vu son suffrage s'attacher de préférence h ces œuvres qui ne lui étaient pas destinées.

PKJÉFACE DE L'AUTEUR.

Le mal que les hommes ont dit des femmes est incroyable.

Qaelques-uns n'ont-ils pas poassé l'impertinence jusqu'à regretter sérieusement, avec Euripide, qu'il n'y eût pas d'aulre moyen qu'elles pour conserver l'espèce humaine?

Apparemment, on ne dit tant de mal de ce sexe que parce qu'on en pense trop de bien, et l'on ne fait semblant de le haïr que par crainte de trop laisser voir qu'on ne peut s'empêcher de l'aimer.

PREFACE DE l'aLTEUR.

Quoi qu'il en soit, je me suis imaginé que, comme la vérité seule offense, peut-être les filles d'Eve ne seraient pas fâchées de savoir quels vilains propos on a tenus sur leur compte, depuis le serpent.

J'ai donc fait ce chapelet de citations pour satisfaire leur curiosité.

En le disant, ce chapelet, elles gagneront des indulgences.

C'était, d'ailleurs, un moyen d'en finir avec tant de médisances et de calomnies qui ont cours depuis que le monde est monde.

« — Mes péchés, dit Job au Seigneur, vous les avez scellés comme dans un sac et vous les y avez cousus. »

Or, ce petit livre est le sac où je m'en vais sceller et coudre tous les péchés d'injustice et d'injure dont les écrivains anciens et modernes se sont rendus coupables envers les femmes.

Regardez dans le sac, avant qu'on le ferme, puis fermons-le et jetons -le au feu.

Page 1