TROISIEME PARTIE
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Chez les modernes, el en particulier chez les Français, les satires contre les femmes, un peu moins âpres dans la Torme, n'en sont peut-être que plus rudes au fond. L'euphémisme est plus fort que le mot \iolent et assène d'autant mieux l'injure.
Les vieux poèmes en langue romane nous fourniraient d'innombrables exemples. Un seul suffira, avec celui que j'ai déjà rapporté.
Dans la première branche du Roman du Renard, attribué à Pierre ou Perrot de Saint-Cloud, io poète raconte la création du monde. L'homme et la
femme étant créés, Dieu donne à Adam un rameau avec lequel il Trappe sur la mer : — il en sort une brebis. Eve prend le rameau, et frappe à son tour : — il sort un loup, qui prend la brebis et l'emporte.
Chaque fois que Tbomme frappe sur la mer, il fait sortir un animal utile, qui ne tarde pas à s'apprivoiser; la femme ne fait naître que des bêtes sauvages. Voici les vers :
Adam tint la branche en sa main ;
En mer férit devant Évain :
Sitôt qu^en la mer il férit,
Une brebis hors en saillit.
Lors dit Adam : « Dame, prenez
Cette brebis, et la gardez ;
Nous donnera lait et fromage
Assez, en aurons compainage. »
Évain en son cœur pourpensait
Que si encore elle en avait.
Plus belle estrait (serait) la compagnie.
Elle a la branche tôt saisie.
En la mer férit rudement :
Un loup en saut, la brebis prend.
Et grande allure et grand galop
S^en va le loup fuyant au bos {bois).
Quand Eve vtt qu'elle a perdue
Sa brebis, scelle n'a alue {aide).
Elle brait et s'écrie : « Ah! ah !... »
Adam Trappe na deuxième coup sur la mer : il en fait sortir un chien qui poursuit et tue le loup.
Toutes les fois qu^Âdam férit
En la mer, que bêle en issit («oWt'O,
Cette bète-ci retenaient
Quelle que fût, en apprivaient.
Celles qu^Évain en fit issir
Ne purent jamais retenir.
Lee Evains asauvagisaient^
Et les Aiiatns aprivoisaient.
L'allégorie satirique est trop transparente pour qu'il soit utile de la commenter : c'est que de la femme, suivant ce poëte, rien de bon ne peut provenir, et que tout ce qui est produit par elle participe de son naturel indomptable.
Je me rappelle une légende orientale dictée à peu près par le même esprit. Au moment où Dieu crée Adam, et où l'âme entre dans son corps, Adam élernue; Eve, de même. De i'éternument de l'homme naît le lion; de I'éternument de la femme naît le chat.