‹ Le Mal qu'on a dit des medecins (volume 2)Chapitre 4 sur 88 · LE FOSSOYEUR ET LE MÉDECIN · texte numérisé non relu

LE FOSSOYEUR ET LE MÉDECIN

C'est dommage d'un tel ; mais je me persuade Qu'il ne pouvait guérir, tant il était malsain : Voilà ce qu'à peu près un fort bon médecin Disait au fossoyeur enterrant son malade.

Un fossoyeur enterrait son voisin. Comme il achevait de combler la fosse, il aperçut le médecin qui avait traité le défunt pendant sa maladie. « Je vous croyais si habile, lui dit-il, que je m'étais imaginé que vous tireriez votre malade d'affaire. — J'ai fait tout ce que j'ai pu pour cela, répliqua le docteur ; mais cet homme était malsain. — Et s'il ne l'avait pas été, repartit le fossoyeur en secouant la tête, aurait-il eu besoin de vous ? »

De tous nos charlatans excuse illégitime.

Le malade meurt-il, il était cacochyme.

La Nature l'a-t-elle, en dépit d'eux guéri, Il serait, nous dit-on, sans nous déjà pourri.

MIMNERMOS (vil« siècle)

... Ce sont propos de médecins qui, pour se faire valoir et s'assurer une excuse, font du mal le pire, du pire Tépouvantable.

Stobée, Florigelium, tit. eu.

HERACLITE (vi« siècle) (i)

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