SUR LA BONNE ET MAUVAISE FORTUNE
Préface du livre I.
... Tu jouissais depuis longtemps d'une force et d'une santé des plus florissantes, au grand
(i) Quand on aura lu toutes les aménités que Pétrarque adresse aux médecins, on conviendra avec nous qu'il lui fallait une certaine effronterie pour écrire dans le premier livre de ses Invectives : « On ne trouvera pas que j'aie rien dit contre la médecine et les vrais médecins, je n'ai parlé, au contraire, qu'en faveur d'Hippocrate contre ses ennemis qui décrient sa doctrine. »
(2) Deremediis utriusque forluna. Un auteur anonyme s'insr pira de cet ouvrage pour faire paraître, en 1673, les EntreiUns
étonnement de ceux qui te connaissaient ; puis, en quelques années, trois fois déclaré perdu par les médecins, trois fois tu as confié ta vie et ton salut âu seul secours du médecin céleste. Il t*a enfin rendu la santé.
Préface du livre IL
... Sur l'accord des médecins, interrogez les malades. On prétend que la vu est
dt Pétrarque sur la bonne et mauvaise fortune. Le passage suivant que nous en extrayons au chapitre des Maladies en particulier ^ prouve que l'imitateur partageait les mêmes idées de son modèle, à l'égard des médecins :
«... Si tu n'es pas tant frénétique, comme tu crains de k devenir, il te faut considérer si ce mal peut t'accueillir par on défaut de Tame, ou par une foiblesse du corps. Si c'est par la première voye, il te faut armer ton intérieur et le bien munir. Or l'armure de l'ame c'est la vertu. Si c'est par la voyeda corps, il faut pourvoir à ses misères par un prompt secours. Si toutefois il y a quelque Art pour cela chez ces Mautres mesmes des corps qui s'appellent Naturalistes ou Médecins, mats que ie nomme des bourreaux civilisez qu'on paye bien pour tuer quelquefois des innocens, au lieu que ceux qu'on nomme inhumains ne tuent proprement que des coupables ; leur suffisance semble courte en cet endroit comme en beaucoup d'autres occasions, et leur science, ou elle est nulle absolument, ou elle est fort inconnue à ses Professeurs. Mais si tu veux que ie te donne un remède qui vaut plus que tous ceux de la Medébine, ie t'ordonne l'abstinence et l'eloignement de tous excès. Le frein de la gueule et de la lubricité sert beaucoup au corps et à l'ame. La paillardise en a battu plusieurs, la gourmandise en a oprimé d'autre = , la fainéantise et l'yvrognerie en ont ensevely beaucoup, et une licence furieuse de vie a enfin passé en frénésie mortelle. »
iourlt (i), et par leurs ébais ils i trouvé le moyeu de l'abréger.