‹ Le mal qu'on a dit des médecins (volume 3)Chapitre 101 sur 106 · APHORISMES SUR LES HONORAIRES DES MÉDECINS · texte numérisé non relu

APHORISMES SUR LES HONORAIRES DES MÉDECINS

Exige dum dolet : post curam medicus olet (i).

Fais-toi payer quand ton malade souâFre encore après la cure, le médecin pue.

( I ] Cet aphorisme est imité de celui d'Hippocrate : Accipe dum doht, quia sanus solvere noîet.

« Reçois tes honoraires pendant que le malade souffre; guéri, il ne voudra plus payer. » Le sieur de Marconnay, dans ses liouvelîes découvertes en médecitif, a composé sur cet aphorisme le quatrain suivant :

Q.uand de grandes douleurs tourmentent un malade, Il promet tout son bien pour avoir la santé; Prends d'abord son argent, pour plus de sûreté, Crainte qu'étant guéri, il ne paye en gambades.

Enricus Cordus a donné à la même pensée un tour plus original :

Très medicus fades habet : unam quattdo rogatur, Angelicum : mox est cum juvat ipse Deus.

Post ubi curato poscii sua pramia morbo, Horridus apparet terribilis que Satan.

A-t-on besoin de lui, le docteur est un ange. Et même un dieu, si vient la guérison.

Vient-il à réclamer son salaire? Tout change. Il n'est plus qu'un affreux démon.

Elle était bien inutile la loi de Valentinien qui, en obligeant Rojie à entretenir un médecin pour les pauvres, défendait à celui-d de demander plus que ce qu'on lui offrirait après la guérison, et d'exiger ce qu'on lui aurait promis pendant la malad e.

Exige dum dolor est, nam postquam cura (i) Audthit sanus dicere : muîta dedi.

Exige de l'argent pendant la maladie : avec la santé, ton client trouvera assez d'aplomb pour te dire : « Je vous ai déjà beaucoup donné. »

Dum dolet infirmus, medicus sit pignore firmus : Ars qua non venditur vilibenditur.

Tandis que le malade est encore faible, que le médecin se fasse donner des arrhes : on méprise toujours ce qu'on ne paie pas.

Empta solet care tnultos medicina juvare :

Si data sit gratis nil confert utilitatis.

Les remèdes que l'on fait payer cher guérissent d'ordinaire le malade : si on les donnait gratis, ils n'auraient aucun effet.

Tune dicuttt medici : da da, Cum dicit languidus : ha, ha !

Quand le patient crie : aïe, aïe I Les médecins disent : paie, paie.

(i) Ce di&tique et les deux suivants laissent beaucoup à désirer sous le rapport de la prosodie; nous les reproduisons tels que nous les avons trouvés dans nos recherches.

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