C. DUBOS
Sais-tu bien que messire André
De médecin est devenu curé ?
Tu ris de la métamorphose :
Médecin et curé sont pour lui même chose.
Ces deux emplois sont fort peu différents ; Il croit qu'après avoir fait mourir plus de gens
Que fa faim, la peste et la guerre.
Il est juste qu'il les enterre.
JONQUET.
Macroton, jadis médecin,
Ne trouvant désormais personne Assez fou pour vouloir d'un pareil assassin.
Et pressé d'ailleurs par la faim, Abandonne, dit-on, un art qui l'abandonne.
N'espérez pas pourtant échapper de sa main ;
Malade ou couché dans la bière. Il y faudra passer d'une ou d'autre manière.
Pour conserver toujours quelques droits sur les corps, Au défaut des vivants il veut servir les morts : Le voilà devenu corbeau de cimetière.
— lOI —
Et, comme auparavant, Vtffroi de son quartier; On le fuit, partout on Tabhorre.
n enterrait les gens, il les enterre encore : Il n'a pas changé de métier.
DUCERCSAU.
Paul, jadis médecin, fossoyeur aujourd'hui.
Veut toujours que les gens soit enterrés par lui.
Ch. Saimt-Ajcamo.
Paul, ce grand médecin, l'efifrot de- son qoirtier; Qui causa plus de maux que la peste et la guerre, Est curé maintenant, et met les gens en terre : 11 n'a pas changé de métier.
BOILBÀU.
Il était médecin naguère ; Aujourd'hui, nuitamment, Il met le monde en terre :
Ce qu'il fit médecin, il le fait maintenant.
BOURIJLUD.
Liv. V, Ép. 9. — CONTRE LE MÉDECIN SYMMACHUS
Languebam : sed tu comitatus protiniu ad nu
Venisti centum, Symmacbe, discipulis.
Centum me teligere manus Aquihne gelata.
Non habuijehrem, Symmacbe : nunc babeo.
J'étais indisposé : tu vins aussitôt à mon secours» Symmachus, accompagné de cent de tes disciples. Cent mains glacées se promenèrent sur mon corps. Je
n'avais point alors de fièvre, Symmachus, auiourd'htti elle me brûle les veines.
. . Imitations.
J'étais étendu sur ma chaise,
J^prouvant un léger malaise ;
Arrive le docteur Clément
Q.ue suit, en marchant â la file,
D^élèves tout un régiment.
11 faisait froid : la troupe auprès de moi défile, M'interrogeant l'artère avec un doigt zélé;- ■ Je n'avais pas la fièvre, et maintenant je l'ai.