‹ Le mal qu'on a dit des médecins (volume 3)Chapitre 95 sur 106 · VAVASSEUR (I · texte numérisé non relu

VAVASSEUR (I

ÉPIGRAMME (2

Vavassor Burdeloto ardelioni (3).

Fama est ignaro quondam Jove, nomina multa.

Et sutnsisse sibi munera multa Deos, Se trtno imprimis jactàbat stemmate Pbotbus,

Nam Medicus, vates, et citbarcedus erat.

« Ahf nitnium esty inquit Superum Pater : eligat unum

De tribus, una uni sufficit ara Deo. »

(i) Voir rÉpigramme imitée de Niearque, page 37.

(3} « Dans le temps, dit Ménage, qu'on travaillait, enHolande, à l'édition in-folio de toutes les œuvres du P. Vavasseur, j'envoyai k l'imprimeur cette épigramme attribuée i ce Père contre l'abbé Bourdelot, avec la réponse que j'y avais faite autrefois sous le nom et i la prière de l'abbé. »

()) Le docteur Pierre Bourdelot pinçait fort bien de la guitare. « Christine de Suède, raconte un de ses biographes, étant tombée malade, Saumaise, qui se trouvait auprès d'elle, le recommanda à cette reine, qui le fit venir en Suède vers i6$i. Son premier soin fut de faire renoncer la reine à toute espèce d'étude, et pour ridiculiser & ses yeux la manie de l'érudition, il l'engagea à faire chanter et danser devant elle ses confrères Meibomius et Naudé, qui avaient écrit, l'un sur la musique, et

Ohirrctare nefas; sed quid retineret Apollo

Dudum animi pendens hasit, et haret ad bue.

Burdelote, eadem sors est tua, non lahor idem Nempe, trium superest optio nulla tihi.

Negligeris Medicus, voies contemneris; ergo Vel nullus postbac, vel citbarœdus eris.

Vavasseur h Bourdelot, homme gui se mêle de tout.

On raconte qu'à Tinsa de Jupiter, les Dieux avaient pris autrefois des noms et des privilèges en abondance. Phœbus, en particulier, portait à la fois trois couronnes : celles de Médecin, de devin et de joueur de cithare. « Ahl c'est trop, dit le Père des Dieux; qu'il choisisse une des trois : un Dieu doit se contenter d'un seul autel. » La médisance est impie ; mais Apollon hésita longtemps sur le choix à faire et il hésite encore. Bourdelot, ton sort est le même, mais tu n'as pas la même peine, il ne te reste plus le choix : médecin, on t'abandonne; devin, on te méprise; donc, désormais, tu ne seras rien ou tu ne seras qu'un joueur de cythare.

l'autre, sur la danse des anciens. Le moyen réussit; la reine se livra au conseil de son agriabU ignorant, comme elle le. disait elle<mème. «AU suite d'intrigues de cour, Bourdelot fut obligé de revenir en France où il obtint l'abbaye de Massay; il prit alors le titre d'abbé, sous lequel il est généralement connu . c Ce fut lui, d'après Touchard-Lafosse, qui favorisa le libertinage ùe la princesse Christine en lui enseignant le secret d'en prévenir les' suites. Elle lui donna plus de cent mille écus et lui obtint un bénéfice en France. Plus les services rendus aux grands sont honteux, plus ils se croient forcés d'en élever la récompense. »

Bourdelot a Vavassevr Vinergumine,

Non MedUi, non me vatis jam nomine jacto,

Sum fidicen : îaus bac sufficit una tnihi.

Hanccine, quant coluît David, ego deprecer artem?

His furias citbara flectere doctus erat, Aimulus bine, mala te quoties vexabit Erinnys,

Admotam propius solîicitabo cbelyn.

Sanarunt agrum Davidtca plectra Saûlem.

Forte mea fies tu quoque sanus ope.

Je n'ai besoin ni da nom de Médecin, ni de celai de devin. Je sais joueur de cythare et ce mérite me suffit bien. Pourquoi repousserais-je cet art qu'a pratiqué David? Il savait apaiser les furies par sa musique. Je veux être son émule, et chaque fois que l'impitoyable Ërinnys te tourmentera, je m'approcherai de toi pour te calmer de ma lyre. L'instrument de David a guéri Saûl malade : peut-être mon talent te rendrat-il aussi la santé.

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