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Sonnet
Esprit, qu
Et U qui U ré Cet Art q
ui sçait si bien Faire
.1 santé,
e simple œillade.
un mort d'un malade.
Vous ave Que vous Déjà sdh
guéri Ludre, et je me persuade en concevez une noble fierté; eiut revient, déjà tout parait fade cette jeune et charmante Beauté.
De quelle Il iiest tx
conséquence est un lot d'accident que j
ne me figure
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nce et qui ne tuoieut Y "
(i) Vol (•) Fre
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uer médecin de Mons
kmt. duc Mollir* ridiculfle de Stbla.
Hélas sa guérison n'est guère moins funeste, Et pour une personne icy que vous sauvez, Peut-estre coupez-vous la gorge à tout le reste.
EPITArHE D'UN MEDECIN
Cy gist par qui gisent les autres (i), Un Médecin des plus sçavans En l'Art si funeste aux Vivans :
Disons pour luy des Patenôtres :
S'il en a de tant d'Héritiers Qu'il fit, ou seulement du tiers, Il n'aura que faire des nôtres :
Tels gens en disent volontiers.
A tout âge, à tout sexe, il déclara la guerre, A force de saignée et d'infecte boisson :
Quelle foule de Morts il a trouvé sous terre, N'y dût-il rencontrer que ceux de sa façon?
La santé fuyoit comme un Lièvre, Et devant luy doubloit le pas :
Ce n'etoit que par le trépas Qu'il venoit à bout de la Fièvre :
Plus ennemi du Quinquina Qu'Auguste ne fut de Cinna.
Vray Basilic qui tuoit d'une œillade
Des plus beaux jours il trancha le filet;
Et n'auroit pas épargné son Mulet,
Si son Mnlet avoit esté malade,
Ou qu'il n'eût pas luy-mesme esté pris au colet.
(i) Traduction de ce vers latin :
Hdc suh huntOt'per quint tôt jacucre, jacet.
donc pour un Bonus? je ne le prendrai poiï^*-
n prenant le remède,
'îl aurait peut-être perd *-*
Il arriva à peu près la même chose à Mure * r Deux médecins sans le cotmoitre, faisaient cot"^sultation dans sa chambre sur sa maladie. AprC^" * avoir longtemps discouru de choses et d'autres ** en latin, ne croyant pas que le malade l'ei» — tendît, la conversation tomba enfin sur quelqu^^^^ nouveau remède dont on n'avoit pas encore fai ^* d'épreuve. L'un dit i l'autre : Faciamus péri — — atlttm in anima vili (i). Alors Muret se levan* 7 ^ sur ses genoux, dit : Vikm tinimam appdlas, prcZ* ' ijua Chrisltis non dtdigiiatns est morit (2)
M. Bemier de Blois, le médecin, devrait biea savoir parler car il ne fait autre chose. Je ne sais comment il ose se présenter pour me venir voir depuis qu'il a fait imprimer la lettre qu'il m'a adressée, où il parle si mal de plusieurs personnes qui viennent ici ordinairement. Je lui ai fait dire de ne pas trouver mauvais que je le priasse de ne plus venir, et de considérer que les personnes qu'il a maltraitées auraient sujet de se -
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plaindre de moi si je souffrois qu'il parut en leur présence, et que je ne pourrois pas empêcher qu'il ne lui fissent de sanglants reproches, puisque le tort étoit de son côté. Il ne m'a pas épargné moi-même, et je ne sais après cela comment il a pu avoir la pensée de revenir chez moi. Lorsqu'on sut qu'il avoit fait un livre contre moi, on me demanda comment je prenons cela; je répondis : M. Bernier doit savoir de quel bois je me chauffe. En effet, lorsqu'il venoit chez moi, il t en oit toujours tout le feu, en sorte qu'on ne se pouvoit chauffer quand il y étoit. Il a écrit pendant deux ans mille choses que je lui ay dites pour les insérer dans ses Essais de Médecine, qu'il a très mal employées. C'est vit levis armatura (i).
M. le marquis de Liche etoit Ambassadeur d'Espagne à Rome malgré lui. C'etoit le Duc de Médina Celi premier Ministre qui l'y rctenoit, parce qu'il apprehendoit son esprit, et ses intrigues. Pendant tout le temps de son ambassade il fit tout ce qu'il put pour chagriner le pape Innocent XI croyant que c'etoit le meilleur moyen pour se faire rappeler; mais il ne put en venir à bout. Il tomba malade sur ces entrefaites, et envoya chercher le médecin du pape. Un de ses amis qui savoit qu'en Italie les médecins, et
(i) C'est un homme de troupes légères.
tout ce qui leur ressemble sont encore plus à craindre que dans aucun pays de la chrétienté, dit au marquis : « A qui>i songei-vous d'envoyer chercher le médecin de voire ennemi?
Rit-ce pour abréger votre vie? — C'est pour cela même, lui dit-il, et vous pouvez bien penser que je n'envoiruis pa;. chercher le médecin du Pape si je n'ctois las de vivre. » Le Pape ayant appris cette histoire, envoya Favoriti faire compliment au marquis sur sa maladie. Il lui dit que Sa Sainteté souhaitoit sa convalescence avec autant de passion que son rappel.
La plupart du temps les maladies épidemiques ne consistent que dans l'imagination et dans la friponnerie des médecins et chirurgiens charlatans. M. l'abbé Bourdelot n ' reine Anne d'Autriche moi sein; toutes les femmes s croyoient être atteintes de ce pour son profit n'eût pas manqué de les panser; et par ses remèdes, il eut peut-être fait d'un mal imaginaire un mal véritable.
a dit que quand la
; faisoient visiter, et nal(i), un charlatan
Un autre ouvrage c
x qu'il seroit a sou-
iiaiter qui parût, c'est la Vie du Cardinal Bcssariou par Nicolas Perot, de laquelle celui-ci parle dans sa oote sur le mot incompris du la 25 e Epigramme du 1" livre de Maniai, où en passant il dit bien positivement que la maladie dont mourut le Cardinal lui fut causée par son médecin; morbo tnopinato. Malici, quem ucttm ha- Irébat, opéra correplui, extiitctus est (1). Ce que j'observe exprès, à cause de l'opinion où l'on est généralement que ce fut le mauvais succès •de sa Légation qui le fit mourir de chagrin.
Le maréchal de Bassompierre mourut à Promus d'une dose d'opium un peu trop forte, cju'un médecin malhabile lui donna. Ce qui s'accorde fort bien avec ce que d'autres disent cju'etant en Brie dans une des maisons du maréchal Duc de Vitri, il y mourut d'apoplexie le 12 d'octobre i6j6. La dose trop lorte d'opium ayant pu causer l'apoplexie (2).
«lanl jon Bntnurjgc e: pirmi U noblou; Lorsque Louis XIV
relc5 mcdcun& r nui.; luJlitniuii
SORBIERE (1615-1670)
SORBERIANA
Galien. — Il échape beaucoup de choses inconsidérément à Galien; car traitant d'une même chose en divers endroits il ne suit jamais une même définition, ni un même ordre, et les mêmes preuves. Il semble qu'il ne se propose que de conduire son livre jusques à une certaine grosseur de volume.
... Il a pris plaisir d'exercer son stile et de se donner carrière sur le texte d'Hipocrate qui lui a servi d'apui pour grimper et se pousser en haut; de sorte qu'il a fait de cet auteur de même que le lierre fait d'un arbre, ou d'une muraille, à laquelle il s'atache pour s'élever d'autant plus aisément.
Médecins. — Les Médecins sont dans la connoissance de la Physique comme les Quinze- Vingts, et tout le reste du peuple est comme les aveugles provinciaux qui ne sçavent point les êtres de Paris. Les Quinze-Vingts vont à tâtons par les rues, et par une longue habitude trouvent les Églises, où ils ont à faire, sans les voir, ni sans sçavoir comment elles sont faites. Les Médecins en font de même dans le corps humain, dont ils sçavent les êtres par je ne sçai
quelle routine, qui les conduit heureusement là où ils veulent aler, et en des endroits qu'ils ne c^onnoissent pas (i).
C'est une chose pitoyable d'entendre les Médecins apuier de si mauvaises raisons les remèdes cju'ils pratiquent souvent avec plus de bonheur cjue de science, et peut être je ne rencontrois pas mal définissant, en bonne et joieuse compagnie de Médecins, leur pratique comme l'impudence de dire de sotes raisons d'un mal, comme si elles étoient véritables ; la témérité d'ordonner des remèdes incertains, comme s'ils étoient infaillibles; la vanité de tirer de la gloire des heureux succès, et l'adresse d'excuser les mauvais évenemens, ou les fausses prédictions.
Médecine. — Il n'y a point de connoissance qui nous fut plus nécessaire, qui soit plus obscure, et qui ait été de tout tems plus négligée.