PHILIPPE DE COMM1NES
MÉMOIRES. — Liv. VI, chap. XII.
... Il avoit son médecin appelle maistre Jacques
(1) Attribuée à Pierre Blanchet.
(2) Médecins. On employait aussi le mot mire, mais surtout pour désigner un chirurgien.
(3) Tisanes, drogues.
Cottier, à qui en cinq mois il donna cinquantequatre mille «scus coiuaus(qui estoit à la raison de dis mil escus le mois, et quatre mille par dessus) et l'Evesché d'Amiens pour son neveu et autres offices et terres pour luy et pour ses amis. Ledit médecin luy estoit si très rude, que l'on ne dirait point a un valet les outrageuses et rudes parolles, qu'il luy disoit et si le craignoii tant ledit seigneur, qu'il ne l'eut osé envoyé hors d'avec luy, et si s'en plaignoit à ceux à qui il en parloit; mais il ne l'eut osé changer, comme il iaîsoit tous autres serviteurs, pour ce que le dit médecin luy disoit audacieusemetit ces mots : Je sçay bien qu'un matin vous ra'envoyercz, comme vous faites d'autres : mais par la . . . (un grand serment qu'il jurait) vous ne vivrez point huict jours après. De ce mot là s'épouvantoit tant, qu'après ne le iaisoit que fkter et luy donner, qui luy estoit un grand Purgatoire en ce monde, veu la grande obéissance qu'il avoit eue de toutes gens de bien et de grands hommes.