Scène V
Géronte. — Ah 1 monsieu, je demandois où vous étiez.
Sganarelle. — Je m'étois amusé dans votre cour, à expulser le superflu de la boisson.
Comment se porte la malade ?
Géronte. — Un peu plus mal depuis votre remède.
Sganarelle. — Tant mieux ; c'est signe qu'il opère.
Géronte. — Oui ; mais en opérant je crains qu'il ne l'étouffé.
Sganarelle. — Ne vous mettez pas en peine; j'ai des remèdes qui se moquent de tout, et je l'attends à l'agonie.
GÉRONTE, montrant Lèandre. — Qui est cet homme-là que vous amenez ?
SGANARELLE, faisant des signes avec la main pour montrer que c'est un apothicaire» — C'est. . . GÉRONTE, — Quoi?
Géronte. — Hé !
Sganauelle. — Qui...
Géronte. — Je vous entends.
Sganarelle. — Votre fille eu aura bese^*
Schwt VI.
Jacqueline. — Monsieu, v'M votre fil! "^ q ' if eut un peu marcher.
Cela lui fera du ï^ r l'apothicaire, titer^ v peu son pouls, afin que je raisonne tantôt ^^ vous de sa maladie.
[Sgamrclk lire Géronlc dam uu coin du (i^**
et lui pane un brat sur !:s épaula pour l'e* '
cher de loarner U tête du côté où
Ltandre et Lucinde.)
Monsieur, c'est une grande et subtile q«J
lion entre les docteurs, de savoir si les fem *
sont plus faciles à guérir que les hommes ..
vous prie d'écouter ced, s'il vous plaît. ■*-" d
unsdisentque non, les autres disent que oui - „.
moi je dis qu'oui et non, d'autant que l'ineC-^^,
gruité des humeurs opaques qui se rencontr^^^^ t
au tempérament naturel des femmes, &aK~~ Q
cause que la partie brutale veut toujours prend'^'j
empire sur là sensitive, on voit que l'inégal; it~--"%
de leurs opinions dépend du mouvement oblique^JJ
du cercle de la lune;
: le soleil, qui
darde ses rayons sur la concavité de la terre, trouve...
Luctnde, à Uandre. — Non, je ne suis point du tout capable de changer de sentiment.
Géronte. — Voilà ma fille qui parle! O grande vertu de remède 1 O admirable Médecin I Que je vous suis obligé, monsieur, de cette guérison merveilleuse ! et que puis-je faire pour vous après un tel service ?
SGANARELLE, se promenant sur le théâtre, et s'éveiitant avec son chapeau. — Voilà une maladie qui m'a bien donné de la peine !
AMPHITRYON (l668) Acte II, Scène III.
SOSIB.
Les Médecins (ttstftt, quand on est ivre, Que de sa femme on. se doit abstenir; Et que dans cet état, U ne peut provenir, Qne>eres enfants pesant* et qui ne sauroient vivre. Vois, si mon cœur n'eut su de froideur se munir, Opels inconvénients auroitat pu s'en ensuivre.
CLÉANTHW*
Je me, moque des Médecins.
Avec leurs raisonnements fades.
Qu'ils règlent ceux qui sont malades, Sans vouloir gouverner les gens qui sont bien sains.
Ils se mêlent de trop d'affaire*»
De prétendre tenir nos chastes feux gèné>i
Et sur les jours caniculaires,
Ils nous donnent encor, avec leurs lois sévères, De cent sots contes par le nez.