‹ Le Mal qu'on a dit des médecinsChapitre 90 sur 116 · MADAME DE SÉVIGNÉ · texte numérisé non relu

MADAME DE SÉVIGNÉ

A M. di

... Madame Fouquet a donné un emplâtre la reine qui la guérie de ses convulsions (1), qui

i étaient, a proprement parler, des vapeurs... Lt Médecins, sans qui on avoit mis l'emplâtre, r dirent point ce qu'ils pensoient, et firent Ici cour aux dépens de la vérité.

A Madame de GrigKan.

... On dit que la nouvelle Madame est tout étonnée de sa grandeur : on vous mandera comme elle est faite. Quand on lui présenta se

Médecin, elle dit qu'elle n'en avoit que faire, qu'elle n'avoit jamais été ni saignée ni purgée, et que, quand elle se trouvent mal, elle faisoit deux lieues a pied, et qu'elle étoît guérie : Las~ cianio la andar, chefarà buon viaggio (i).

A la Même.

10 {il. I671.

... Il (2) a été rudement saigné; il voulut résister à la dernière, qui fut la onzième; mais les Médecins l'emportèrent : il leur dit qu'il s'abandonnoit donc, et qu'ils le vouloient tuer par les formes.

A la Mêm,

... Le petit Daq

La faveur

11 «ril 167a.

premier Médecin,

pu faire autant que le mérite (j).

A la Même.

... Mon visage n'est quasi point changé..., c'est que je n'ai point été saignée, et que je n'ai qu'à me guérir de mon mal, et non Ipas des remèdes.

... Je n'espère la guérison de mes mains el de mes épaules, et de mes genoux, qu'à Vichy, tant mes pauvres nerfs ont été rudement affligés du rhumatisme; aussi je ne songe qu'à partir. L'abbé Bayard et Saint-Hérem m'y attendent :

je vous ai dit que la beauté du pays et des promenades, et la bonté de l'air, l'avoient emporté sur Bourbon. J'ai vu les meilleurs ignorants d'ici, qui me conseillent de petits remèdes si différents pour mes mains, que, pour les mettre d'accord, je n'en fais aucun; et je me trouve encore trop heureuse que sur Vichy ou Bourbon ils soient d'un même avis.

A la Mime.

: 4 **ril IÉ7S-

... Je suis toujours asse mains. Le vieux de Lora parte avant la fin de mai

incommodée de mes e ne veut pas que je mais tout le monde

s'en va, et la maison que j' il veut Bourbon, mais c'es suivrai les expériences qui

i retenue m'échappe :

par cabale; ainsi je sont pour Vichy.

A la Ml

me.

6 mui 1676.

... Madame du Gué, la Chelles; elle y porte une

grosse pension pour

premier président de la Cour des aides, dangt

mourir, je le prierai de guin (i) dès le t résolue. II n'y a ^- .

ne vouloir jamais les mettre en possession <** son corps : c'est de l'arrière-main qu'ils ont t*- 3 , Beaujeu. J'ai pensé vingt fois à Molière, depu* * que je vois tout ceci. J'espère cependant qt^* cette pauvre femme échappera, malgré tous leu ^*^ mauvais traitements (2).

% Mime.

... Je parierai à Ducliesne de votre petit Médecin, à qui nous donnerons dans notre quar— ■ tier quelques malades à tuer, pour voir un pei* comme il s'y prend. Ce seroit dommage qu'iSn'usât pas du privilège qu'il a de tutr impunément (3). Ce n'est pas que la saison ne soit contraire aux Médecins. Ce remède de l'Anglais (4),

qui sera bientôt public, les rend fort mépri s ables, avec leurs saignées et leurs médecines,

A la Même.

s» nov, 1S79.

. Quel plaisir de vous entendre discourir sur tous les chapitres que vous traitez ! Celui de * 1 médecine me ravit; je suis persuadée qu'avec ette intelligence et cette facilité d'apprendre que Dieu vous a donnée, vous en saurez plus que les Médecins : il vous manquera quelque expérience, et vous ne tuerez pas impunément comme eux : mais je me fierais bien plus a vous qu'à eux pour bien juger d'une maladie. Il est vrai qu'il n'est question que de la santé en ce monde : Comment vous portez-vous ? comment vous porte^- \is? et l'on ignore entièrement ce qui touche cette science qui nous est si nécessaire : apprenez,

e Danpnin,

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faites votre cours : il ne vous faudra point d'autre science que de mettre une robe rouge, comme dans la comédie. Mais pourquoi voulez-vous nous envoyer votre joli Médecin? Je vous assure qu'ils sont fort décriés et fort méprisés ici; hormis les trois ou quatre que vous connoissez, et qui conseillent le remède de l'Anglais, les autres sont en horreur.

A la Mime.

9 févr. 1680.

... Le frère Ange a ressuscité le maréchal de Bellefonds; il a rétabli sa poitrine entièrement déplorée. Nous avons été voir, M me de Coulanges et moi, le grand-maître (Je duc de Lude), qui a pensé mourir députe quinze jours : sa goutte étoit remontée, une oppression à croire qu'il alloit rendre le dernier soupir, des sueurs froides, une perte de connoissance; il étoit aussi mal qu'on peut l'être. Les Médecins ne le secouroient point : il fit venir le frère Ange, qui l'a guéri, et tiré de la mort avec les remèdes les plus doux et les plus agréables : l'oppression cessa, la goutte se rejeta sur les genoux et sur les pieds, et le voilà hors de danger.

A la Même.

1$ mars 1680.

... M. de La Rochefoucauld est toujours dans la même situation, il a les jambes enflées; cela

déplaît â l'Anglais; mais il croit que son ri'mède ira à bout de tout : si cela est, j'admirerai la bonté des Médecins de ne le pas tuer, assassiner, déchirer, massacrer; car enfin les vml.l perdus : c'est leur oter la vie que de tirer la fièvre de leur domaine. Duchesne ne s'en soucie pas trop; mais les autres sont enragés.

A la Menu.

... L'Anglais a promis au roi sur sa tête, et si positivement, de guérir Monseigneur dans quatre jours, et de la fièvre, et du dévoiement, que, s'il n'y réussit, je crois qu'on le jettera par les fenêtres : mais si ses prophéties sont aussi véritables qu'elles l'ont été pour tous les malades qu'il a traités, je dirai qu'il lui faut mi temple comme a Esculajie. C'est dommage que Molière soit mort; il feroit une scène merveilleuse de Daquin, qui est enragé de n'avoir pas le boa remède, et de tous les autres Médecins iont accablés par les expériences, par les succès, et par les prophéties comme divines de e petit homme. Le roi lui a fait composer son remède devant lui, et lui confie la santé de Monseigneur. Pour Madame la daupltine, elle est déjà mieux; et le cbmte de Gramont disait hier m de Daquin :

... H y a des fêtes continuelles â Versailles, hormis de l'accouchement de Madame la dauphine : car les Médecins ne pouvant lui faire d'autre mal, se sont si bien mécomptes, qu'ils l'ont saignée dans la fin du troisième mois, et dans le huitième, tant ils sont enragés de vouloir toujours faire quelque chose.

A Afad

t de Grîgnan.

... Vous voilà donc obligée de vous guérir de vos remèdes; cette troisième saignée fut bien cruelle, ensuite de la seconde qui l'étoit déjà, et vos médecines mal composées; car nos capucins sont ennemis du polyereste : vous avez été bien mal menée, ma pauvre bonne, de toutes 1k façons.

A la Même.

peine de la santé de ni médecine, rien du tout; un bon appétit, un doux sommeil, un sang reposé, une grande vigueur dans les fari-

(.1) Parodie du

1 teinc i- du V* ke à'JI-

gués ; voilà ce qu'un Médecin pourrait lui ôter, si nous le mettions entre ses mains.

A la Même.

12 oct. 1689.

... L'abbé Bigorre me mande que M. de Niel tomba, l'autre jour, dans la chambre du roi; il se fit une contusion : Félix (1) le saigna, et lui coupa l'artère; il fallut lui faire à l'instant la grande opération. M. de Grignan, qu'en ditesvous? Je ne sais lequel je plains le plus, ou de celui qui l'a soufferte, ou d'un premier chirurgien du roi, qui pique une artère.

JDe Madame de Coulanges à Madame de Grignan.

19 avril 1700.

... Madame de Sully est assez malade; elle

est dans toutes les règles des mauvais Médecins;

du lait, saignare, purgare, etc.; il n'y a pas

moyen de lui faire entendre raison sur cela,

quoiqu'elle l'entende si bien sur toute chose.

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