‹ Le mal qu'on adit des medecinsChapitre 107 sur 219 · ODES · texte numérisé non relu

ODES

Dequoy sert donc la medecine Et tout le gaiac estranger.

User d’onguens ou de racine.

Boire bolus ou d’air changer.

Quand cela ne peut allonger Nos iours contez?

A PIERRE EESCOT.

Ou bien, embrasse-moi l’argenteuse science (i) Savoir bien teter la vache à lait.

Dont le sage Hippocras eut tant d’expérience,

Grand honneur de son île (i) : encor que son métier Soit venu d’Apollon, il s’est fait héritier Des biens et des honneurs, et à la poésie Sa sœur n’a rien laissé qu’une lyre moisie.

Ne sois donc paresseux d’apprendre ce que peut La nature en nos corps, tout cela qu’elle veut.

Tout cela qu’elle fuit : par si gentille adresse (2),

En secourant autrui, on gagne la richesse.

LES AMOURS, Liv. II, chap. XLVrr.

Sonnet (3).

Ha! que ie porte et de haine et d’envie Au médecin qui vient soir et matin.

Sans nul propos, tastonner le tetin,

Le sein, le ventre et les flancs de m’amie!

Las! il n’est pas si soigneux de sa vie Comme elle pense; il est meschant et fin :

Cent fois le iour ne la vient voir qu’afin De voir son sein, qui d’aimer le convie.

Vous qui avez de sa fièvre le soin, le vous supply de me chasser bien loin Ce médecin amoureux de Marie

Qui fait semblant de la venir panser.

Que pleust à Dieu, pour l’en recompenser.

Qu’il eust mon mal et qu’elle fust guarie!

(1) Né à Cos, l’une des Sporades.

(2) Art.

(•5) Imité de la lettre qu’Acontius écrit à Cydippé, dans Ovide :

misermn qiiod non mediccruin jussa ministro, etc.

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