‹ Le mal qu'on adit des medecinsChapitre 141 sur 219 · CCCLIX. — M"'” de Launay · texte numérisé non relu

CCCLIX. — M"'” de Launay

... Nous lui faisions la guerre, que, pendant une assez grande maladie qu’elle eut, Guénault

(i) Merlet, médecin de la Faculté. (T.)

lui tâtant le ventre, elle lui disoit : « Pas si bas, M. Guénault, pas si bas. » C’étoit un drôle qui la trouvoit fort à son goût.

CCCLXXII. — Pellot.

Il tomba dans une mélancolie qui lui fit haïr la vie. Il envoie quérir son médecin et lui demande sérieusement quel genre de mort lui sembleroit le plus doux; que, pour lui, il avoit dessein de sortir de la vie, et qu’il avoit pensé à se couper la gorge avec un rasoir. « Ne faites pas cela, dit le médecin ; quelquefois on ne se coupe pas la gorge qu’on croit se l’être coupée;

on guérit, mais on souffre beaucoup. Si je

me jetois d’un troisième étage sur le pavé?

J’en ai vu qui se sont estropiés seulement. Mais voici le plus sûr : je vous purgerai plusieurs fois, car il est aisé de feindre une maladie, et après, sous prétexte d’insomnie, je vous donnerai de l’opium ; vous mourrez en dormant. » L’intention de ce bon docteur étoit de le délivrer tout doucement de cette humeur mélancolique. Il le purge trois ou quatre fois avec succès; le malade devenoit plus gai et ne se plaignoit plus que de ne point dormir; notre médecin lui donna de l’opium, croyant seulement lui donner du repos. Il le va voir, on lui dit : « Il dort. » Il y retourne. « Il dort encore. Loué soit Dieu! » A la troisième, trouvant qu’il avoit assez dormi, il voulut le réveiller, mais il

n’étoit plus temps; ce bon homme, sans y penser, tint mieux parole à son malade qui

n’avoit cru.

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